Politique Magazine

Vers une armée de femmes ?

C’est un dossier sensible que nous n’aborderons pas sans deux préalables.

Jeudi 29 novembre 2012 // La France

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C’est un dossier sensible que nous n’aborderons pas sans deux préalables.

Un hommage appuyé à toutes les jeunes femmes militaires engagées en OPEX, en particulier en Afghanistan où elles sont exposées à des risques certains.

L’affirmation qu’une femme peut aussi bien qu’un homme conduire une locomotive, une moissonneuse-batteuse, un char Leclerc ou un avion Rafale sans qu’il y ait à se targuer, comme l’armée de l’air, « d’ouverture d’esprit » et de « modernité ».

En juillet dernier, Mme Blondin, sénateur PS, demandait au ministre qu’on mette des filles dans nos sous-marins (dernier îlot de résistance à la féminisation) avec des arguments massues : « faire comme les autres », avancer dans « l’égalité professionnelle des hommes et des femmes ». L’efficience de notre défense, les spécificités de la guerre sous-marine (dont on doute qu’elle ait la moindre idée) ne la concernent pas.

À l’opposé, le service de santé des armées a atteint la mythique parité dans ses écoles.

Mais la nature humaine est rétrograde. Ces jeunes filles deviennent un jour le plus naturellement du monde, de jeunes mamans... Sont-ce pour autant des médecins-capitaines ayant vocation aux premières lignes. La féminisation ? « Ce n’est pas un problème pour nous », affirme pourtant le chef du service aux parlementaires, avouant cependant que « leur activité est certes plus fractionnée et souvent plus courte que celle des hommes »... Lesquels expriment un tout autre avis dans le Quotidien du médecin : « Le problème le plus massif découle de la féminisation. Ceux d’entre nous qui partent en équipes de liaison sont susceptibles d’être intégrés à l’armée afghane et les femmes en sont exclues (...) Dans les missions des groupes tactiques, assez physiques, les femmes sont peu nombreuses. On ne sollicite donc, principalement, que le vivier masculin ». Et il l’a payé cher : nombre de médecins, d’infirmiers, d’auxiliaires sanitaires ont été grièvement blessés ou tués au combat. La sénatrice Blondin voulait-elle des cercueils de jeunes mamans, question d’ « égalité professionnelle » ? Les chefs de terrain l’ont vu autrement et c’est leur honneur d’officiers civilisés d’avoir fait en sorte que, sur nos 88 morts en Afghanistan, il n’y ait aucune femme.

En 1995, dans les Balkans, deux pilotes de Mirage tombaient aux mains des Serbes. Blessés à l’éjection, ils seront tabassés à leur arrivée. On aurait voulu des filles ? Question de « modernité et ouverture d’esprit » ? ...

Les deux accidents aériens militaires les plus meurtriers de la décennie ( 7 morts dans les Pyrénées, 9 morts dans le Sinaï) sont dus à une accumulation de fautes lourdes. Il y avait à chaque fois une femme dans l’équipage, pas forcément coupable : d’après les enregistrements c’est même la seule à bien réagir dans l’un des cas. Mais la question est ailleurs : les processus décisionnels d’un groupe d’hommes ne seraient-ils pas altérés par une présence féminine, qui plus est en situation de stress ? Poser la question c’est déjà y répondre !

Se trouvera-t-il des amiraux assez courageux, des parlementaires assez lucides pour préserver nos sous mariniers de cette contrainte inutile ? On peut encore l’espérer.

Certes, des femmes d’exception ont marqué notre histoire militaire, d’Orléans à Dien Bien Phu. Mais la féminisation ne répond certainement pas à un besoin opérationnel. Alors que sert-elle ? Les névroses de politiciennes aigries ou, pire, une idéologie du genre qui nie l’existence même de la femme ? De fait elles n’y gagnent rien : illusions pour les unes, déceptions pour les autres, complications dans les familles comme en opération avec des surcoûts récurrents, sans aucune contrepartie quant à notre sécurité.

Oui, la féminisation des armées est bien un « problème massif ».

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