Vers la disparition de la classe moyenne.

Samedi 6 octobre 2012 // La France

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Drapeau de FranceInsidieusement, notre vie, quotidienne est sans cessé perturbée par de nouvelles créations du génie technologique. C’est ainsi que le machinisme, de plus en plus perfectionné et envahissant, chasse progressivement les hommes de leurs emplois. Si ces suppressions d’emploi sont quelque fois encore en partie compensées, la pernicieuse évolution du progrès d’aujourd’hui remplacera bientôt ces postes par des machines de plus en plus performantes. Déjà, on peut constater des changements profonds dans le fonctionnement des milieux de l’automobile, de l’électroménager... mais aussi en médecine avec, par exemple, des systèmes de diagnostics automatiques, des robots réalisant des opérations chirurgicales, ceci s’accompagnant, bien sûr, d’une réduction des emplois qualifiés. Dans une activité comme l’aviation, des ordinateurs remplacent des pilotes : leur nombre est réduit dans les cockpits tandis que les contrôleurs aériens seront progressivement remplacés par des artefacts, ..

Pour résumer la liste des emplois de haut niveau supprimés ne cesse de s’allonger ; ceux qui restent sont de plus en plus menacés. par la voracité de la croissance technologique. Sont particulièrement inquiétants ces logiciels qui, sans état d’âme bien sûr, analysent les contenus Internet, enregistrent les communications téléphoniques jusqu’à .suivre les déplacements des téléphones portables ; des espions de simples citoyens en somme !

Le progrès technologique réduira, dans le silence, jusqu’à leur quasi-disparition, le nombre d’emplois exigeant des connaissances particulières. Cependant, il n’a pas encore mis en route la machine à intelligence artificielle, malgré un travail acharné, des chercheurs. On peut penser qu’à court terme l’automatisation généralisée fera disparaître le travail assuré aussi bien par le prolétariat que par la classe moyenne. Impensable d’imaginer qu’on n’aura plus besoin de travailler ! Mais alors quelles, conséquences sur la vie quotidienne dans une société déjà traumatisée par un avenir qu’on devine angoissant ?

Conserverons nous le système économique actuel avec les déviances d’un profit absorbé par la classe des riches ; puisant avec une ardeur démoniaque dans les dernières, ressources de la planète ? Que serait alors l’avenir sinon, celui du règne de la pénurie ? Pas de pitié pour la masse des pauvres grossie par les nouveaux venus d’une classe moyenne décimée, les possédants n’ayant plus besoin de travailleurs, qu’ils soient ordinaires ou supérieurs, les machines sophistiquées fabriquant, bêtement, à leur place et, avantage considérable, n’étant jamais en grève ! De toute évidence, ce n’est pas là la bonne option. La solution à choisir consisterait en un changement radical de l’évolution de la société, une sorte de révolution qu’on souhaiterait pacifique où le travail humain serait rare, la production étant réservée la machine. A l’homme de s’enrichir d’un épanouissement intérieur grâce à la culture, à la communication, à la solidarité... Plus de recherche de domination !

Les peuples sensés, dont nous faisons certainement partie, ne peuvent pas accepter la première hypothèse destructrice d’un humanisme déjà menacé. En effet, un futur encore livré à l’assujettissement capitaliste et-à la tyrannie technologique est inconcevable car l’Homme ne saurait admettre une prolongation malfaisante d’un. système éculé pour continuer à exister.

Par contre, dans la deuxième option, les puissants seraient bien seuls et dans l’impossibilité de continuer à faire fonctionner la société puisque la machine omnipotente les priverait du soutien d’une classe moyenne de moins en moins soumise. La disparition de celle-ci additionnée au peuple des pauvres constituerait, sans aucun doute, une occasion inespérée pour parvenir à un changement profond du fonctionnement sociétal. Cette classe moyenne qui s’effiloche petit à petit sait qu’elle n’a aucun intérêt à renouveler sa subordination à la classe des dominants, son avenir étant celui de la liberté. Elle peut, d’ores et déjà, jouer un rôle important voire décisif en matière de gouvernance en oeuvrant astucieusement pour la fin du pouvoir encore exercé par les gros bonnets de la citadelle ploutocratique.

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