Enquête sur les affaires de Bernard et Laurent Tapie

Vaste contrôle fiscal du groupe Tapie.

PAR LAURENT MAUDUIT

Dimanche 30 décembre 2012 // La France

Selon nos informations, les bureaux parisiens abritant les sociétés de Laurent Tapie, le fils de Bernard Tapie, ont fait l’objet ce mercredi 19 décembre d’un contrôle sur place de l’administration fiscale. Ce contrôle n’était toujours pas achevé en milieu de journée, à l’heure où nous mettons cet article en ligne.

Le contrôle a lieu rue de Penthièvre, à Paris, dans le VIIIe arrondissement, là où se situe le siège social de BLT Développement, la société au travers de laquelle Laurent Tapie gère une partie de la fortune de son père, Bernard Tapie.

Comme nous l’avons raconté dans une enquête récente (lire Enquête sur les affaires de Bernard et Laurent Tapie), Bernard Tapie a créé cette société BLT Développement (pour Bernard et Laurent Tapie Développement) le 16 juillet 2009, un an après qu’il eut perçu le formidable pactole de 403 millions d’euros alloués par l’arbitrage controversé de l’affaire du Crédit lyonnais, somme sur laquelle lui sont revenus en net 304 millions d’euros. Cette structure, dont Bernard Tapie est le principal actionnaire et le président, et dont son fils est le gérant, est celle au travers de laquelle la famille Tapie gère une partie de ses nouvelles affaires, ce que nous avions détaillé dans cette enquête. Les statuts de la société précisent en son article 2 – cela ne s’invente pas – que « le nom commercial de la société sera “Les combines à Nanard” ».

Interrogé par Mediapart, Bernard Tapie nie toutefois que ce contrôle vise cette société BLT Développement. Nous lui avons fait savoir que, selon nos informations, ce contrôle concernait une activité à l’île Maurice. Sans nous donner de détail, Bernard Tapie nous a assuré que le contrôle de l’administration fiscale portait sur des faits antérieurs à la création de cette société BLT Développement et concernait seulement son fils. Et il nous a fait reproche de « s’en prendre à lui ». Bernard Tapie nous a toutefois indiqué que son fils vivait préalablement à l’île Maurice.

Passablement en colère, Bernard Tapie nous a par ailleurs indiqué qu’il s’agissait au moins du douzième contrôle fiscal dont ses sociétés ou celles de son fils faisaient l’objet depuis quatre ou cinq mois. Selon lui, ces vérifications ont été diligentées dès avant les élections par l’ancien ministre du budget, François Baroin.

L’avocat fiscaliste de Laurent Tapie, Me Patrick Philip, n’a pas souhaité répondre à nos questions.

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