VIVE LE PAPE FRANCOIS !

Jeudi 21 mars 2013 // La Religion

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Pourquoi cette attente si intense de la fumée blanche sur le toit de la chapelle Sixtine ? Il n’y a pas que les fidèles de la place Saint Pierre à observer cette petite cheminée incongrue. Il y a quasiment le monde entier. Les quelques cinq ou six mille journalistes présents à Rome montrent à quel point l’intérêt pour l’élection du pape est universelle. Pour comprendre cet intérêt, on est bien obligé de réfléchir à la nature singulière de l’évêque de Rome, qui ne concerne pas seulement les catholiques. Les discussions œcuméniques mettent certes en évidence des différences d’appréciation de cette nature du siège romain entre confessions, mais il existe tout de même entre elle un consensus minimum sur une mission d’unité assumée depuis les origines du christianisme.

Est-il exagéré de dire qu’analogiquement il en va un peu de même pour les hommes et les femmes de bonne volonté ? Il suffit de se souvenir des obsèques de Jean-Paul II, pour prendre conscience de la situation incomparable de cette institution que tous ont en point de mire, alors même qu’ils sont éloignés de la foi chrétienne. Cela peut s’entendre aussi négativement. Il arrive, en effet, que les papes soient accablés de reproches, parfois injustement, mais c’est bien le signe qu’on attend d’eux une attitude exemplaire, et même prophétique, pour désigner, au milieu des incertitudes et des périls, ce qui est juste, nécessaire, salutaire. Bien sûr, certains désignent un danger de démesure. Le successeur de Pierre n’y échappe qu’en étant le simple fidèle de l’Évangile et celui qui revient sans cesse aux origines de l’autorité et du charisme de Pierre.

Le pape, tout comme d’ailleurs le plus humble des fidèles, se doit de vivre, à la suite du Seigneur, la kénose de son propre pouvoir, c’est à dire cette dépossession de soi qui permet l’entière disponibilité au seul service de Dieu et de l’humanité. En ce qui concerne le pape lui-même, je suis tenté, en ce moment, de méditer le passage de l’Évangile qui nous enseigne le mieux sur ce qu’on a appelé à Vatican I l’infaillibilité. C’est en saint Luc, qui situe les paroles de Jésus au moment de la Cène : « Simon, Simon, voici que Satan vous a réclamés pour vous cribler comme le froment ; mais j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères. » (Luc 22-31) Toute l’attente du successeur de Pierre est en lien avec la sobre humilité de ce commencement.

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