Une semaine en France !

CONJONCTURE : AUCUN PROGRES.

Mercredi 16 juillet 2014 // La France


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Après deux cinglantes défaites électorales, le gouvernement se montre discret sur ses résultats économiques. Comme l’actualité est chargée - Coupe du monde, Irak, grèves de la SNCF et des intermittents du spectacle... - les médias se contentent de donner rapidement les chiffres qui marquent l’évolution de la conjoncture.

Il faut s’y arrêter cependant car les grandes tendances restent inquiétantes. Il est vrai que le taux de chômage est reste stable au premier trimestre (9,7%) pour les chômeurs métropolitains sans aucune activité mais, depuis un an, on constate une reprise de la destruction d’emplois dans tous les secteurs : elle est particulièrement nette dans l’intérim, très significatif des évolutions sur le marché de l’emploi.

Comme le ministre des Finances a récemment confirmé sa prévision de croissance à 1% pour cette année (alors qu’il faut au moins 1,5% pour créer des emplois) la promesse de l’inversion de la courbe du chômage devra, cette année encore, être oubliée.

Les objectifs financiers fixes par Bruxelles en fonction du Pacte de stabilité ne sont pas atteints. En 2013, le déficit budgétaire a été plus élevé que voulu (4,3% du PIB, au lieu des 4,1% souhaités) et l’objectif de réduction à 3,6% en 2014 et à 2,8% en 2015 paraît inatteignable. De fait, les hausses d’impôts n’ont pas rempli suffisamment les caisses de l’État car elles ont rapporté deux fois moins que prévu - qu’il s’agisse de l’impôt sur le revenu ou de l’impôt sur les sociétés - soit un « manque à gagner » de 5 milliards d’euros. De même, la dette publique, que la politique d’austérité, devait réduire est en augmentation (90,60% en 2012 ; 93,5% en 2013) et le gouvernement peut seulement se réjouir d’un allègement de la charge financière en raison de la baisse des taux d’intérêt.

Du coup, la Commission de Bruxelles a place la France sous « surveillance renforcée » et, à Bercy, Michel Sapin a été sommé de réduire le déficit public a 3% en 2015 alors que le gouvernement français espérait obtenir de nouveaux aménagements, le ministre des Finances a donc présenté, le 11 juin, un projet de budget rectificatif qui prévoira la fois des allègements ou une exonération d’impôts pour 3,7 millions de foyers fiscaux (1,1 milliard de recettes en moins qui devrait être équilibré par le rendement de la lutte contre la fraude) et une réduction des dépenses publiques de 1,6milliard. La machinerie est complexe les réductions d’impôts doivent stimuler la demande des ménages mais la baisse des dépenses publiques risque de déprimer l’activité (les dépenses de l’État sont productives) et la forte baisse du coût du travail par réduction des cotisations patronales doit relancer l’emploi...

A l’Assemblée nationale et au Sénat, l’aile gauche de la majorité a fait part de son vif mécontentement - alors que l’UMP affaiblie par sa crise interne se contente de faibles protestations. Des députés (Christian Paul, Pouria Amirshahi ... ) ont présenté des propositions qui rompent avec la politique de offre du gouvernement ils demandent une forte augmentation du pouvoir d’achat des ménages par voie de réductions fiscales, auxquelles le gouvernement, fustige par Bruxelles, ne peut consentir. Ce sont là des escarmouches, qui pourraient dégénérer en conflit lorsque le projet de budget pour 2015 sera présenté.

RELIGION.

Toujours le mariage Chrétien…

À suivre les débats à propos de la réflexion sur la famille voulue par le pape François on aurait le sentiment que le seul problème qui se pose à l’Église catholique est celui des personnes divorcées remariées. Cela fait plusieurs décennies que, dune façon presque lancinante, la question de la discipline eucharistique est posée à leur propos. Notamment dans le cadre des synodes diocésains. Comment ne le serait- elle pas, avec l’explosion du divorce dans notre pays et les nations occidentales ? Cependant, en raison même de sa catholicité, notre Église est confrontée à bien d’autres difficultés qui s’opposent à la reconnaissance pleine et entière ainsi qu’à l’observance des critères du mariage chrétien De la complexité des défis qui s’offrent elle, le cardinal Lorenzo Baldisseri a donne récemment un compte rendu très suggestif, lors d’une conférence prononcée à Lisbonne.

C’est en sa qualité de secrétaire générai du synode des évêques, informé du sujet par le retour des réponses de quelque 114 conférences épiscopales, que le cardinal s’exprimait : « On compte notamment les mariages mixtes ou inter-religieux, les familles monoparentales, la polygamie, la polyandrie, les mariages arrangés avec la question de la dot - souvent assimilés à "l’achat de l’épouse" - le système des castes, la culture du non-engagement et l’instabilité prétendue de la relation, les formes erronées du machisme et du féminisme, lés phénomènes migratoires et la reformulation du concept même de famille, le pluralisme culturel dans la conception du mariage, les unions entre les personnes du même sexe auxquelles est souvent consentie l’adoption d’enfants ; l’influence des médias sur la culture populaire concernant la façon de concevoir le mariage et la vie de famille, les courants de pensée qui inspirent les courants législatifs qui discréditent la stabilité de la fidélité du pacte matrimonial, la diffusion du phénomène des mères porteuses, es nouvelles interprétations des droits de l’homme, mais surtout, dans le domaine ecclésial, l’affaiblissement de la foi dans la sacramentalité du mariage et de la pénitence ».

Cette impressionnante addition des obstacles accumulés à l’encontre de l’engagement sacramentel au mariage n’a rien d’un « inventaire à la Prévert », même s’il rassemble des données hétéroclites. Elle a une signification bien précise qui concerne l’originalité de l’union sponsale, conçue dans l’esprit de l’Évangile. Depuis 2.000 ans, c’est toujours dans l’adversité que s’est définie et précisée une doctrine fondée sur la liberté du consentement de l’époux et de l’épouse pour contracter une union indissoluble sous le regard de Dieu. Même au Moyen Âge, présenté comme la période privilégiée d’une civilisation chrétienne, certaines mœurs féodales renouant, d’ailleurs avec les vieilles cultures païennes, s’opposaient à l’exclusivisme monogamique du mariage d’amour proprement inventé par lé christianisme. C’est dire qu’au bout de vingt siècles, le défi est toujours à reprendre dans des conditions mouvantes et éprouvantes. L’Église n’a jamais rien lâché de ses exigences, et on ne voit pas pourquoi elle trahirait son propre message.

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