Une drôle de guerre.

Mardi 23 avril 2013 // La France

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Nous avons fait une grande partie du travail,, souligne, sans vergogne, le Ministre en faisant le point sur l’évolution de la guerre au Mali (à croire que la guerre est un travail comme un autre). Par ailleurs, il n’est pas étonnant que des félicitations soient adressées au Président « normal » chef des armées, qui, un jour de janvier, décida d’envoyer des troupes au Mali.

Face à la cruauté des islamistes intégristes du Nord de ce pays, de surcroît trafiquants de drogue, la France, hier colonialiste, ne pouvait pas rester indifférente. L’intervention militaire, était même qualifiée d’humanitaire une guerre juste et propre, en somme, comme si ce type de guerre existait ! Pour convaincre les Français, l’utilisation du bourrage médiatique des crânes était nécessaire pour répandre un climat de peur, revitaliser le Plan Vigipirate, organiser la croisade contre le terrorisme provoqué par les djihadistes criminels.

C’est ainsi que la démarche militaire française reçut l’appui de l’Union Européenne et même du FMI, de la Banque Mondiale, de I’OMC... Seule comptait la nécessité d’une intervention guerrière rapide, sans prendre en compte les conséquences sur les populations.

Une question importante se pose : les troupes françaises envoyées au Mali ont-elles pour unique objectif de rétablir la paix et la démocratie ou bien sont-elles là, surtout, pour protéger les intérêts des _ grosses entreprises, sécuriser l’approvisionnement des centrales militaires d’Areva en uranium issu du Nord du Niger surtout, de pétrole pour Total, de bois précieux pour Bouygues et Bolloré... Par ailleurs, il ne faut surtout pas sous-estimer la fourniture en armes, génératrice de somptueux profits (plus que le pétrole et le nucléaire).

Après avoir copieusement alimenté la Libye en fusils et canons, nos dévoués armateurs. Dassault. et Lagardère ont présenté leurs produits ravageurs aux Maliens et, sans doute, à des pays voisins. Par ailleurs, ces marchands de mort sont aussi très efficaces pour déformer les informations venues de ces pays fragiles, dans des articles diffusés dans. leur presse quotidienne toute-puissante. Rassurez-vous ! Il n’y aura pas de discours anti-militariste et défaitiste dans cette presse ces temps-ci !

Quel constat après ces premiers mois de guerre ? Certes, des morts et des blessés qu’ils soient civils ou militaires et dont on compte surtout les soldats français. Noublions-pas ces 200.000 réfugiés qui ont fuit les zones de guerre dès les premiers jours du conflit ; ces 7 millions de gens du Sahel qui ont un besoin urgent de nourriture ; ces populations encerclées, de plus en plus vulnérables, femmes et enfants surtout. Quant aux coûts, une journée militaire française reviendrait à 400.000 euros par jour (pourtant on ne cesse de nous rabâcher que c’est la crise, une crise sans pareille ! Sans doute celle-ci n’affecte pas le budget des armées ). Ne serait-il pas plus judicieux de se préoccuper de la situation sanitaire et sociale du Mali ?

Cependant, lorsque se terminera cette « drôle de guerre », lorsque cessera ce méli-mélo au Mali, il est probable que des entreprises françaises participent à la réparation des dégâts : Ne doit-on pas craindre que celles-ci répandent un colonialisme « tout neuf », peut-être moderne mais reposant toujours sur l’anti-démocratie, le profit et des gouvernements peu crédibles ?

Un problème difficile à régler pour éviter de futurs conflits : il semble que les limites entre pays africains concernés par les guerres aient été tracées, en 1887 à la conférence de Berlin (avec un 1crayon et une règle d’écolier, dit-on !) par des diplomates européens inconscients et lointains. Ces derniers ont, à leur insu, contribué à diviser ; les peuples d’Afrique en partageant un continent en parcelles de pays aux dissonances inconciliables : « moeurs, climats, richesses, religions, qualité des sols, etc ». C’est ainsi qu’on peut aussi attribuer les tristes événements actuels à des difficultés de dialogue pour mieux se connaître, se comprendre et s’entraider.

Revoir les frontières entre Etats africains paraît nécessaire pour bâtir, enfin, des nations solides et tranquilles, à jamais hors des champs de bataille.

Un souhait pour un avenir serein dans les pays rénovés d’Afrique : Jamais plus de Françafrique mais plus de démocratie, de liberté et de solidarité entre peuples.

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