Une chance pour Paris contre Anne Hidalgo, votons pour Nathalie Kosciuko Marizet.

Mardi 8 octobre 2013 // La France

En s’affichant séparément la semaine dernière, les partisans de Sarkozy et ceux de Fillon donnent à nouveau le spectacle d’une droite recluse dans ses divisions et obnubilée par la présidentielle de 2017. Or le souci de ce scrutin n’est pas de mise et ces barnums desservent les intéressés. Mieux vaut pour la mouvance UMP préparer les municipales du printemps prochain en relayant sans états d’âme la campagne de Nathalie Kosciusko-Morizet. C’est la candidate phare : le soir du verdict, l’opinion française et les médias internationaux se polariseront sur les résultats de Paris. Une victoire de NKM face à l’équipe socialiste sortante aurait pour l’avenir de la droite une portée symbolique considérable ; ce serait comme un soleil d’Austerlitz après des hivers de déprime.

En renonçant à un relatif confort politique dans l’Essonne pour prétendre à la succession de Delanoë, le responsable de la gauche le plus talentueux de sa génération, NKM a osé un pari audacieux. Anne Hidalgo a beau ne posséder ni le charisme ni l’autorité de son mentor, un militantisme au long cours l’a aguerrie ; on aurait tort de la mésestimer. Elle a du punch à revendre, des relais associatifs innombrables et bénéficie d’un mode de scrutin qui l’avantage.

Un vrai duel ouvrirait toutes grandes les portes de l’Hôtel de Ville à NKM : sa personnalité rayonnante et singulière rémunérerait la fierté légitime de Parisiens en deuil de l’ère chiraquienne. Mais elle devra ferrailler dans vingt arrondissements, en butte dans chacun aux bisbilles, vanités et susceptibilités inhérentes à la constitution d’une liste. Elle a décidé de conduire la sienne dans le XIVe,détenu par les socialistes. Il y a du panache dans ce choix ; après tout, elle eût pu se claquemurer dans un arrondissement où la droite contrôle la situation. J’avoue de la sympathie pour ce banco de franc-tireur, qui lui vaut des animosités dans son camp.

Déjà sourdent des critiques. Par exemple son "parachutage". Mauvais procès. Quand Chirac se présenta à Paris en 1977, il était depuis dix ans député de la Corrèze. Il avait même présidé le conseil général de ce département. Ni les Corréziens ni les Parisiens n’ont eu lieu de s’en plaindre. La plupart des grands ministres de De Gaulle furent "parachutés" ici ou là ; nul ne s’en offusqua, au contraire. Il fallait du sang neuf à Paris, il en fallait dans le XIVe où la gauche s’est enracinée.

Autre critique : NKM serait une "bobo" pas vraiment de droite. Certes, à mon regret, elle n’a pas combattu la loi sur le "mariage pour tous" et son feeling écolo déroute un peu le tradi de droite. Justement, ce décalage peut séduire l’électorat parisien, plus bobo que prolo. Il nuance un tempérament qui par ailleurs n’a rien d’irrésolu ou d’équivoque. À preuve, sa défense bec et ongles de Sarkozy, dont elle fut la ministre puis la porte-parole durant sa dernière campagne. NKM est de droite à sa façon, elle a son style, elle tient son cap. Quelle droite fait l’unanimité chez ceux qui se réclament de l’appellation ? Aucune, depuis la Révolution. L’important est de serrer les rangs dans les moments cruciaux. En 1981, des électeurs de Chirac ont fait battre Giscard qui ne leur revenait pas. Résultat : Mitterrand pendant quatorze ans. En 2012, des électeurs de droite et du centre ont fait battre Sarko qui ne leur revenait pas. Résultat : cinq ans de socialisme. Les intégristes qui se réclament d’une droite pure et dure la leur et débinent NKM en supputant l’avenir comme les augures du Bas Empire sont les "idiots utiles" de la gauche. Anne Hidalgo le sait, elle en joue.

Une chance existe de virer de Paris la gent militante de Hollande et de ses alliés, ce serait une bévue suicidaire de né pas la saisir. Cette chance s’incarne en une polytechnicienne hors norme, charmeuse autant que bretteuse. Les distances qu’elle a su prendre avec les chamailleries de l’UMP témoignent d’une indépendance d’esprit des plus louables.

NKM est ambitieuse ? Soit. Et après ? Paris, reine du monde, mérite mieux qu’un édile d’envergure locale. Bien que déniaisé depuis belle lurette, un sursis de romantisme aventureux m’incite à rêver d’un printemps où cette dame d’une élégance à la Van Dongen et d’une audace à la mousquetaire escaladerait à la hussarde les degrés de l’Hôtel de Ville.

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