Une Monarchie Parlementaire pour la France.

Mercredi 13 juin 2012 // La France

Sa Majesté Élisabeth II, Reine D’Angleterre. Elle l’est aussi dans seize États du Commonwealth...

You may my glorigs and my state depose, But flot my griefs ; still am I king of those.
Richard II, IV

Ci-dessous le Prince Jean D’Orléans de Bourbon arrière petit fils de Louis XIV
Chef de la famille Royale Française.

La France doit changer de régime politique ; La Vème République a été faites pour un homme prestigieux, un homme qui était l’héritier de la Monarchie Française. Je donne raison à Arnaud Montebourg ; nous devons changer de république en renouant avec notre Monarchie séculaire et donner à notre Patrie un véritable régime Parlementaire.

« La Monarchie est une institution qui a fait ses preuves » ; En France le Prince Jean-D’Orléans de Bourbon, incarnerait la nation rassemblée dans sa continuité historique. En république, il ne peut avoir une quelconque continuité vu que l’on change de président tout les cinq ans, et que se dernier cumule des pouvoirs exorbitants

Je soutiens qu’une Monarchie parlementaire est la garantie que les valeurs républicaines seront mises en exergue par le Premier ministre responsable face aux élus de la Nation.

Regardons le Règne d’Élisabeth II, elle a mis l’institution monarchique à la page d’Internet, de Facebook et de Tweeter ! Incontestablement, cette souveraine qui règne sur cent trente millions d’êtres humains à travers le monde a marqué son époque. Elle a su accompagner les grands bouleversements et s’y adapter avec le souci d’incarner la stabilité, la continuité et la permanence de l’institution dans les soubresauts de l’histoire de ces six dernières décennies. Les Anglais lui en savent gré, comme en témoigne sa cote de popularité qui ferait pâlir n’importe quel chef d’État.

Chacun se retrouve un peu dans la famille royale qui incarne un pouvoir à visage humain. Quant à la reine, par ses qualités exceptionnelles, sa longévité, sa persévérance, elle s’est attirée l’admiration et l’affection des Anglais et apparaît aujourd’hui comme une figure maternelle emblématique. Il y a un côté magique dans cet attachement, quelque chose qui relève du rêve, mais pas seulement. Alors que tout ce qui semblait hier immuable vacille, la monarchie personnifie une pérennité rassurante, un repère salutaire. La monarchie Britannique tout comme les monarchies européennes et les familles Royales sont le symbole vivant des vertus d’une institution qui permet au royaume de traverser les épreuves sans perdre son identité ni son moral.

Dans les monarchies, un mariage princier ou la naissance d’un dauphin sont des évènements intimement liés à la vie organique de la nation. Une page de l’histoire nationale s’ouvre et elle est tournée vers l’avenir. Qu’un tel événement rassemble tout un pays dans une ambiance festive, sans violence ni division, se révèle surprenant pour de nombreux peuples habitués à l’agressivité des foules et aux polémiques politiciennes...

Nous Français, devons voir dans la monarchie une forme de pouvoir et de représentation moderne. Plus l’amarre est solide, plus le bateau peut aller loin ! La monarchie est une institution qui a fait ses preuves. N’oublions pas non plus que l’Europe et sa civilisation se sont construites et épanouies grâce aux monarques et aux familles princières. Et si beaucoup de souverains ne furent ni des génies ni des saints, ils ont néanmoins presque toujours réussi leur « métier ». Malgré des qualités souvent réelles, on ne peut pas en dire autant de tous les chefs d’État. De toute façon, en République, le président n’est pas forcément le plus compétent. Bien d’autres critères entrent en jeu pour parvenir à la magistrature suprême.

Le système politique français se nourrit d’une forme d’hypocrisie. Dans notre « monarchie républicaine », le président a plus de pouvoir que Louis XIV. Aussi ne lui pardonne-t-on aucun écart vis-à-vis de la dignité de la fonction. En fait, les Français sont inconsciemment monarchistes. C’est bien normal.

Toute l’histoire européenne pousse à ce que le chef de l’État incarne la nation rassemblée dans sa continuité historique ; Cela ressemble à une mission impossible quand on en change tous les cinq ans ! De nombreux citoyens s’inquiètent du coût d’une Royauté, soyez rassuré ! le Roi ou la Reine serait les seuls bénéficiaires d’un salaire ; Ce dernier serait fixé par nos députés et nos Sénateurs.

On ne peut qu’être reconnaissant à la dynastie capétienne d’avoir, dès l’an Mille, libéré les Français de ces sanglants règlements de comptes en fondant la légitimité sur une base durable.

Revenons à la Monarchie britannique !

Vous pouvez m’arracher ma couronne et mes droits... mais mes chagrins, j’en demeurerai le roi. » Ainsi parle le roi anglais Richard II, au moment où, défait et humilié, il doit laisser place à une nouvelle légitimité, celle de son rival Lancastre, qui va devenir Henri IV d’Angleterre. En quelques répliques, Shakespeare, souverain maître de son art, nous fait vivre l’extrême imbrication de la faiblesse des hommes, l’incertitude de leurs destinées et la fragilité des fondements de la légitimité politique.

La dramaturgie élisabéthaine fit son miel de ces débuts de l’histoire anglaise, marqués par une série de féroces luttes civiles où les grands féodaux cherchaient tour à tour à régner en exterminant leurs rivaux.

 Mais pourquoi diable faut-il que, mille ans plus tard, la situation soit radicalement inversée ? Soumises aux mêmes vents tempétueux, la France et l’Angleterre d’aujourd’hui partagent largement les mêmes maux, notamment la perspective d’éclatement communautariste qui menace l’une et l’autre. Pourtant, alors que notre pays paraît s’ingénier à multiplier les ferments de division, ne trouvant pour tout symbole d’unité qu’une « laïcité républicaine » illusoire et périlleuse, l’Angleterre, elle, trouve dans une vieille dame de 85 ans, qui règne sur elle depuis soixante ans, le symbole vivant et populaire de son unité.

Car ce « jubilé de diamant » représente pour la reine Elisabeth une sorte de triomphe à l’antique. On n’avait pas vu de règne aussi long au Royaume-Uni depuis Victoria demeurée sur le trône soixante-trois ans (de 1837 à 1901). Certes, Élisabeth II a encore un peu de chemin à faire pour rattraper les soixante-douze ans de Louis XIV. Le fait est, cependant, que son parcours a constitué un véritable « sans-faute ». La place des souverains dans la pratique politique britannique les met, certes, à l’abri des aléas de la politique politicienne. Il est vrai aussi que la reine n’a pas été sans traverser des moments difficiles. Il y eut surtout ce qu’elle a elle-même appelé l’annus horribilis, cette année 1992 qui vit trois de ses quatre enfants se séparer ou divorcer, et s’acheva avec la destruction par le feu d’une partie du château de Windsor. Autre épisode éprouvant : la mort accidentelle à Paris de la princesse Diana, et ses suites plutôt sordides. Mais, dans les deux cas, la reine Élisabeth, du point de vue de son image au moins, n’apparut victime que de « dégâts collatéraux ». Ces drames familiaux l’ont profondément blessée mais l’ont aussi identifiée à la population anglaise : les subissant en même temps qu’elle, elle en partageait l’affliction. Rien n’est parvenu à entamer l’inoxydable estime publique dont elle n’a cessé de jouir.

HISTOIRE DE DEUX PEUPLES

On peut cependant se demander si, au-delà de la personnalité propre d’Élisabeth II, le principe monarchique lui-même n’a pas, au fil de ces soixante années, été remis en cause. Le sentiment républicain existe en Grande Bretagne. En dehors des motivations idéologiques, il se nourrit surtout de l’idée que tout ce décorum royal n’est que pacotille surannée, survivance dérisoire et coûteuse d’un passé révolu. Sur ce point, n’hésitons pas à sacrifier à la religion des sondages tant ils sont constants : l’attachement aux institutions traditionnelles n’a jamais cessé d’être très largement majoritaire au Royaume-Uni. L’idée même d’un référendum sur la question ferait sourire...

On sait à quel point ces institutions, selon un mot de Jacques Chastenet, « font corps avec l’histoire du peuple anglais : elles sont cette histoire même vue sous son aspect politique ». Ce qui est aussi vrai des institutions françaises, mais dans un sens bien différent. Dans notre pays, la dynastie capétienne, famille française, s’est identifiée naturellement à la nation. En Angleterre, les faits historiques fondateurs - la conquête normande, bataille de Hastings - sont liés à une invasion étrangère. L’Angleterre des origines n’a pas connu ce lien intime entre une famille et la nation qui caractérise notre histoire nationale. « Île entourée d’eau de toutes parts », elle n’a pas eu besoin de la monarchie pour exister. En revanche, le roi « étranger » a été admis pour sa capacité à arbitrer les conflits - à condition de respecter certaines limites qui lui ont été rappelées au prix de plusieurs révoltes et quelques têtes coupées : c’est ainsi qu’au fil du temps les institutions anglaises feront peu à peu l’objet de ce consensus que le jubilé d’Élisabeth II manifeste aujourd’hui avec éclat. Un consensus que la France, elle, a cru devoir briser : il lui fait cruellement défaut et elle ne le retrouvera que le jour où elle acceptera de se réconcilier avec sa propre histoire, toute son histoire.

DU « BIG BANG » DE 1986 À LA CRISE DE 2008

Que de bonnes institutions ne suffisent pas, cependant, à préserver un pays de toutes les plaies d’Égypte pouvant s’abattre sur lui, c’est une évidence. Elles ne sont que la priorité nécessaire pour l’aider à s’en mieux protéger. À travers l’un de ces drames, nous devons à la Grande-Bretagne contemporaine l’une des manifestations les plus parlantes de la dérive actuelle de nos sociétés.

On sait que la théorie de l’expansion continue de l’univers suite à une explosion originelle, conçue par le chanoine belge Lemaître et l’astronome américain Hubble, a été popularisée sous le nom de « big bang ». Reprenant cette image, des financiers anglais ont baptisé big bang la grande dérégulation des marchés décidée en 1986 sous le gouvernement de Margaret Thatcher. Accompagnant la mondialisation, elle était censée ouvrir une ère d’expansion économique continue où Londres jouerait le rôle de locomotive. Au cours d’une même journée fut lancé un gigantesque ensemble de réformes libérales - notamment la capacité laissée aux groupes étrangers d’acquérir la totalité du capital des entreprises cotées anglaises - tandis que la vente à la criée à la « corbeille » traditionnelle laissait place aux transactions électroniques. Pour le monde financier britannique, le résultat fut impressionnant : transformant radicalement son style et ses méthodes, la City attira les banques américaines et européennes et parut renforcer pour toujours sa place de capitale financière des cinq continents. Le monde s’engageait vers mille ans de prospérité et de paix universelle, ce que la chute du mur de Berlin trois ans après parut confirmer.

Un quart de siècle plus tard, en 2008, Londres voit arriver comme un tsunami une crise sans précédent, importée d’Amérique. Le big bang de 1986 en avait préparé un autre, aux effets dévastateurs. Nous n’en avons pas encore vu la fin. La City, en partie désertée, n’est plus que l’ombre de ce qu’elle avait, un moment, rêvé d’être. Seul le maintien de la livre sterling, héritage d’une longue histoire, permettra sans doute aux Britanniques de limiter les dégâts d’une déferlante à laquelle ils s’étaient exposés au-delà du raisonnable.

LA « GRAND-MÉRE DE LA NATION »

C’est sur ce point que la question institutionnelle nous est renvoyée comme un retour de volée à Wimbledon. Un système démocratique soumis aux décisions de l’opinion qui, à chaque consultation électorale, peut faire et défaire les gouvernements, est-il bien armé pour se soucier du long terme ? Qui se préoccupe de ce que seront les nécessités du bien commun dans vingt-cinq ou cinquante ans ?

Qui, également, est en mesure de faire prévaloir la prudence face à des paris séduisants mais incertains ? L’écologisme militant a fait un usage plutôt frivole du « principe de précaution », mais cela ne retire rien au fait qu’en politique, la précaution est une vertu. Elle ne s’identifie pas à la sagesse, mais elle en est la servante attentive, dirait saint Thomas d’Aquin... Pour autant, elle ne s’identifie pas non plus à la frilosité. Elle est avant tout affaire de maturité politique, de prévoyance et de discernement. En Angleterre, en France, qui en assume la charge ? Le big bang financier de 1986 révèle à quel point les institutions britanniques ont été défaillantes. Il y a là, on le voit, une question majeure à nous poser dès que nous nous penchons sur l’avenir de nos propres institutions.

Ce qui ne retire rien à la grandeur d’une reine et d’une monarchie qui sont parvenues à être à ce point porteuse de l’image de la Grande-Bretagne aussi bien at home, chez les Anglais eux-mêmes, que partout ailleurs dans le monde. On se rappellera que le mariage du prince William a été suivi à la télévision par 2 milliards d’hommes ! Et que le roi ou la reine d’Angleterre l’est aussi dans seize États du Commonwealth, dont le Canada et l’Australie. Et qu’au Royaume-Uni, il est non seulement le chef de l’Eglise anglicane, mais aussi Lord High Admirai de l’Amirauté, et qu’il s’entretient régulièrement avec le Premier Ministre. Ces titres, certes honorifiques, confèrent pourtant au souverain anglais un pouvoir d’influence que le pragmatisme britannique pourrait fort bien accentuer si les circonstances l’exigeaient.

Voilà ce qu’Elisabeth II, après soixante ans de règne... ou plus, pourra transmettre à son fils et à son petit-fils. Cette « grand-mère » de la nation anglaise fait rêver les Français. Il leur reste encore à comprendre pourquoi.

Répondre à cet article