Un printemps Français ?

Lundi 25 mars 2013 // La France

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Le 11 février dernier, le pape Benoît XVI a annoncé sa décision de renoncer, en toute lucidité, à sa charge de pontife suprême. Les autorités religieuses et politiques n’ont pas manqué de le saluer comme il se doit. Barack Obama a exprimé sa « reconnaissance » et ses « prières » au souverain pontife, adressant également ses « vœux » aux cardinaux qui vont élire son successeur. Le Premier ministre britannique, David Cameron, s’est remémoré avec « grand respect et affection » la visite du Saint-Père en Angleterre en 2010. Paroles d’hommes d’État qui mesurent la grandeur d’un geste qui les dépasse...

Il ne s’est trouvé que le président de la République française pour se permettre un propos déplacé. « Nous ne présenterons pas de candidats », a-t-il cru bon de plaisanter avec l’air patelin qui le caractérise. Niaiserie de l’individu et bassesse de son anticléricalisme bourgeois : il croit malin de brocarder cette Église qui ose le contester sur le mariage homosexuel et, demain, sur les lois de bioéthique en préparation.

François Hollande n’en a pas moins accepté le titre de chanoine de la basilique Saint-Jean-de-Latran, que le roi Henri IV légua à ses successeurs. « Au nom de la tradition », a-t-il dit. Mais laquelle ? Celle de « la France, fille aînée de l’Église » ? Pourquoi, alors, veut-il inscrire dans la Constitution la loi de 1905 alors que l’article 1er de cette Constitution affirme déjà que la République est « laïque » et qu’elle « respecte toutes les croyances » ? Se rêve-t-il en petit père Combes ?

En réalité, c’est une offensive sans précédent à laquelle se livre le gouvernement contre les fondements de notre société, à commencer par la loi sur le mariage et l’adoption pour les couples homosexuels qui fait fi de la réalité anthropologique et de la filiation biologique. Oubliés les deux mille ans de civilisation chrétienne !

Tout à son projet de « changement de civilisation », Christiane Taubira a légalisé de facto les gestations pour autrui opérées à l’étranger en donnant la nationalité française aux enfants issus de cette technique. Après tout, comme l’a dit Pierre Bergé, « louer son ventre pour faire un enfant ou louer ses bras pour travailler à l’usine, quelle différence ? » Oui, quelle différence ? Et pourquoi s’arrêter là ? Dans le courant du mois, le Parlement sera saisi d’une proposition de loi autorisant la recherche sur l’embryon et les cellules souches embryonnaires.

On le sait : incapable de redresser l’économie de notre pays, la gauche a fait le choix, plutôt que de s’en prendre au déficit, de leurrer l’électeur par des mesures sociétales complaisantes à l’égard des minorités agissantes. Voilà qu’elle annonce une fiscalisation des allocations familiales. Il s’agirait évidemment de faire payer les « riches »... Mais les prestations familiales n’ont pas tant été créées pour aider les plus modestes que pour encourager la natalité de tous les Français, quel que soit leur niveau de revenu. D’autre part, en soutenant la démographie, elles participent à la solidarité entre les générations en assurant, notamment, le régime des retraites, régime dont le déficit pourrait dépasser les 20 milliards d’euros en 2020. De cela, le PS n’en a cure. En liant les allocations aux revenus, l’objectif est manifestement d’encourager la natalité de populations récemment naturalisées...

Avec le PS, c’est le fameux « familles, je vous hais » ! Dernier exemple en date, avec Vincent Peillon, ministre de l’Éducation, qui préconise une réduction des vacances d’été à seulement six semaines, réparties en deux zones. Et tant pis pour l’emploi du temps des familles ! Comme il l’a expliqué au Journal du Dimanche, il conçoit l’école « républicaine » comme un moyen « d’éduquer pour changer les mentalités et transformer la société ». D’où sa volonté de scolariser le plus tôt possible les enfants afin de « les arracher à tous les déterminismes familial, ethnique, social et intellectuel ».

De quel droit ? ce gouvernement mis en place par un président mal élu a-t-il reçu mandat pour « changer la société » ? Certes, non. Derrière ce désir sous-jacent de façonner un monde nouveau, se lit une conception à prétention rationnelle globalisante : du passé, faisons table rase ! On est loin de la leçon de Benoît XVI qui, partout où il s’est déplacé, rappelait à chaque nation ce qu’elle avait de meilleur dans sa spécificité, sa culture et son passé.

La France des familles, qui n’est pas celle des politiciens, devrait s’en souvenir. Rendez-vous le 24 mars dans les rues de Paris... Un printemps français ?

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