Un calcul politique de bas étage.

Dimanche 27 mai 2012 // La France

Drapeau de FranceEn pleine campagne pour sa réélection, le président des Etats-Unis, cherche par tous les moyens à mobiliser sa base.

Félicitations à Barack Obama pour avoir rendu public ce que chacun savait déjà être sa conviction personnelle. En déclarant qu’il était favorable au mariage gay, il a au moins épargné à l’opinion publique la ruse qui aurait consisté à attendre le lendemain de l’élection présidentielle du 6 novembre prochain pour faire part de son avis sur la question. Tout d’abord, son ministère de la Justice a commencé par refuser de défendre la constitutionnalité du Defense of Marriage Act [la loi définissant le mariage comme l’union d’un homme et d’une femme], puis le président a déclaré que son point de vue sur la question était "en train d’évoluer".

Dans le petit monde de Washington, il se murmure que c’est la prise de position du vice-président, Joe Biden, qui s’est prononcé publiquement en faveur du mariage gay le 6 mai, qui a poussé Barack Obama à changer lui aussi son fusil d’épaule. Il n’est pas besoin d’avoir l’esprit cynique pour y voir un calcul électoraliste de la part de l’équipe du président.

Tout le monde s’accorde à dire que l’économie est le thème central de cette élection. Comme il n’a guère la possibilité de changer de sujet, Barack Obama cherche à donner aux médias autre chose à se mettre sous la dent. Le mariage gay, par exemple. Dans un cycle politique où peu de candidats, à l’exception du très conservateur Rick Santorum [qui s’est retiré de la course à l’investiture républicaine, le 10 avril dernier], se sont emparés des questions sociales, Barack Obama vient d’en remettre une particulièrement brûlante sur le tapis.

On considère bien souvent que les questions liées aux droits des homosexuels nuisent généralement à la personne qui a été la première à les soulever. Mais l’équipe de campagne d’Obama se dit peut-être qu’elle va avoir besoin d’une base passionnée en cas d’élection serrée et que cette prise de position incitera les électeurs de gauche et les jeunes à se rendre dans les bureaux de vote dans des Etats clés comme la Virginie, le Colorado, le New Hampshire et le Nouveau-Mexique. D’un autre côté, il semblerait que Barack Obama vienne par le même coup de résoudre le problème de Mitt Romney, qui avait soi-disant du mal à mobiliser la droite chrétienne.

La prise de position de Barack Obama poussera les médias à harceler Mitt Romney sur le sujet lors de ses moindres déplacements. Le candidat républicain serait bien inspiré de proclamer son soutien au Defense of Marnage Act, loi que l’ancien président démocrate Bill Clinton a promulguée moins de deux mois avant l’élection présidentielle de 1996, en précisant qu’il revenait à chaque Etat de se prononcer par la voie des urnes sur la question du mariage homosexuel. Résultat : le mariage homosexuel a été` légalisé dans six Etats [le Connecticut, le Massachusetts, l’Iowa, le New Hampshire, le Vermont et l’Etat de New York], ainsi que dans la capitale fédérale, Washington.

Le Mariage est l’union d’un homme et d’une femme ; tout le reste n’est que littérature

Une chose est sûre, l’opinion publique sur les unions de couples gays - qu’il s’agisse d’unions civiles ou matrimoniales -est en train d’évoluer, un nombre croissant d’Américains y étant désormais favorables. Barack Obama et Mitt Romney ne parviendront jamais à une communauté de vues sur ce point, mais la question ne devrait cependant pas décider de l’issue du scrutin.

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