Tunisie : Moncef Marzouki candidat à sa succession.

Mercredi 12 novembre 2014 // L’Afrique

Le président tunisien sortant, Moncef Marzouki, a annoncé, samedi 20 septembre, être candidat à la présidentielle, de novembre, un scrutin crucial pour tenter d’instaurer un régime démocratique stable en Tunisie, près de quatre ans, après la révolution. Un des plus sérieux, Moncef Marzouki, âgé de 69 ans, s’est rendu, en matinée, au siège de l’instance organisant les élections (ISIE) où il a remis son dossier de candidature.

« Sur la base d’un projet d’indépendance nationale et de la défense des droits des Tunisiens que je souhaite défendre, j’ai présenté ma candidature », a déclaré Moncet Marzouki, à la presse. « J’ai confiance en l’intelligence du peuple tunisien qui sait qui est à même de le servir », a ajouté le chef de l’Etat.

Le porte-parole de Moncef Marzouki, Aden Manser, va, désormais, être chargé de sa campagne électorale qui a pour slogan, « la victoire, rien que la victoire ».
Il a affirmé, à la presse, que le président allait compter, « dans le financement de sa campagne, sur la vente de son nouveau livre intitulé justement (La victoire, rien que la victoire pour le printemps arabe) ».

La Tunisie doit élire, le 23 novembre, pour la première fois, depuis la chute du régime de Zine El Abidine Ben Ail, en janvier 2011, son président au suffrage universel. Moncef Marzoukî avait été élu, fin 2011, par les députés de l’Assemblée constituante, à la suite d’un accord de coalition entre, notamment, son parti séculier, le Congrès pour la République (CPR), et les islamistes majoritaires du parti, Ennahda.

Ses détracteurs accusent Moncef Marzouki, un opposant historique à Ben Ali, longtemps, exilé, en France, d’avoir formé cette coalition pour satisfaire ses ambitions présidentielles. Mais, lui-même, n’a eu cesse de répéter que l’union des islamistes et de partis dits « laïques » était le seul moyen d’assurer une transition vers des institutions démocratiques pérennes.

Selon la nouvelle constitution adoptée, en janvier, le chef de l’Etat ne dispose que de pouvoirs restreints, l’essentiel de l’exécutif relevant des compétences du premier ministre issu de la majorité au parlement. La présidentielle doit intervenir, d’ailleurs, un mois, après les législatives, prévues le 26 octobre. L’ISIE doit annoncer, d’ici, deux semaines, la liste définitive des candidats aux deux scrutins.

Malgré son alliance, depuis 2011, avec les islamistes, favoris des législatives, Moncef Marzouki n’a pas, dans l’immédiat, reçu leur soutien.
Ennahda a décidé de ne pas participer, à la présidentielle, et de soutenir un « candidat consensuel », sans, pour autant, nommer son poulain. La Tunisie organise ces élections, avec deux ans de retard, après une succession de crises politiques provoquées, notamment, par l’essor d’une mouvance terroriste armée.

Une pléthore de personnalités ont annoncé vouloir succéder à Moncet Marzouki, dont des poids lourds tels, l’ex-premier ministre, Béji Caïd Essebsi, le président de la Constituante, Mustapha Ben Jaatar, un ex-gouverneur de la Banque centrale, ou encore, deux ex-ministres de Ben Ah. En tout, ils sont une soixante-dizaine de candidats.

Moncef Marzouki a semblé, immédiatement, vouloir s’attaquer certains de ses concurrents soutenus, selon lui, par de « l’argent sale ». « Ma candidature est un exemple de transparence. Je crains l’argent sale et il faut lutter contre ce fléau On ne permettra pas la corruption dans cette première expérience démocratique », a-t-il déclaré. « Personne ne doit acheter le pouvoir avec de l’argent. Je mets et garde les Tunisiens et les partis politiques contre cet argent sale a-t-il insisté.

Depuis la révolution, nombre de personnalités politiques accusent les milieux des affaires proches de Ben Ali, dont le régime autoritaire était gangrené par le népotisme et la corruption, de vouloir faire dérailler la transition tunisienne.
La Tunisie semble faire figure de dernier espoir pour instaurer un régime démocratique dans des pays du Printemps arabe, la majorité ayant sombré dans chaos.

Mais elle fait, toujours, face d’importants défis, au premier rang desquels l’essor d’une mouvance djihadiste armée responsable, depuis 2011, des morts de dizaines de policiers et militaires et de deux figures politique anti islamistes.
La stabilité de la Tunisie est, aussi minée par une économie anémique et un chômage endémique touchant, particulièrement, les jeunes diplômés. Or, la misère et la pauvreté étaient au coeur de révolution de 2011.

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