Triste fin d’un service populaire.

Mercredi 2 mai 2012 // La France

Drapeau de FrancePropulsée sur les mêmes rails que les Télécom, La Poste avance vers le terminus en gare des services publics abandonnés.

Sans cesse on réorganise, on restructure afin de réduire les effectifs jugés excessifs, surtout en cette période de crise où il faut être encore plus performant, dit-on ! Progressivement, en catimini,10.000 emploi de postiers ont été supprimés en 2011(90 000 depuis 2002). La Poste vit ces instants difficiles en réduisant les heures d’ouverture, en transformant des bureaux en agences postales communales, en développant les automates, pour remplacer les agents, bien sûr ! Un mal-être profond ronge les structures postales avec les changements imprévisibles des horaires de travail, des repos remis à plus tard, des charges de travail inchangées mais avec moins de personnel Eh oui ! il faut aller vite pour disperser les activités rentables de La Poste et les privatiser.

Tant pis pour les personnes concernées à qui on proposera des possibilités de reclassement dans des cités plus ou moins éloignées de leurs résidences. Une déplorable ambiance s’insinue dans les services et engendre des malheurs parmi les agents et les cadres de « l’entreprise » : ma-’ ladies, dépressions, accidents de travail, suicides... Les directions de l’entreprise prétendent que ces drames sont dus à la fragilité des personnes alors que les spécialistes de l’organisation du travail attribuent plutôt ces détresses à l’impossibilité des salariés à être entendus et qui pensent être considérés comme de simples outils de travail, sans âme. Après avoir désarçonné les Télécom, les conditions de travail difficiles à supporter s’attaquent avec violence à La Poste par l’entremise d’édiles soi-disant responsables, promus par un Etat dont l’objectif majeur est l’abattage des services publics.

Comme France Telecom, La Poste française sera contrainte à abandonner son statut de service public au profit du privé avec mises sur le marché de ses activités lucratives afin de faire grossir les portefeuilles des actionnaires (dividendes de 25 à 36%, bientôt à 40-45% !). Des chiffres, toujours plus de chiffres et toujours plus de rentabilité grâce à des managers sans état d’âme dont on sait qu’ils resteront sourds aux justes revendications d’un personnel dépité évoluant sur des lieux de travail déshumanisés. Une pression constante plane sur les employés car il faut, à tout prix, atteindre les objectifs de profit et mettre un terme à toute mission de service public. Privatiser et rapidement, tel est le mot d’ordre adressé aux responsables de La Poste, Tout comme le personnel de l’entreprise Poste, les élus des localités ignorent souvent les desseins des décideurs, surtout en milieu rural où la disparition de ce service est une catastrophe pour les petites communes dont les habitants sont très attachés à l’institution et au personnel qui l’anime. En effet, dans le monde actuel où tout est à vendre et à acheter, le service public est considéré comme une anomalie économique.

Combien est triste et inadmissible cet acharnement contre les services publics qui sont si chers aux populations ! Comme est déplorable ce mépris affiché par certains élus de la Nation mais aussi par une minorité de citoyens ordinaires qui considèrent que les fonctionnaires sont trop bien payés ! En effet, de nombreux élus et de citoyens semblent ignorer, ou font semblant d’ignorer, qu’à La Poste les fonctionnaires « çà n’existe plus » ou si peu avec les « vieux serviteurs » envoie d’extinction. Ils sont remplacés par des auxiliaires à durée déterminée (CDD) ou, pour les plus chanceux, par des emplois à.. durée indéterminée (CDI), rémunérés chichement.

Briser les liens forts existant depuis longtemps entre les employés de La Poste et les usagers (aujourd’hui clients) profondément attachés à toutes ces infrastructures implantées dans la plupart es communes, tel est le but que se sont fixés les destructeurs des solidarités et du « bien vivre ensemble ». Hélas ! il n’y a pas que La Poste dont on a prévu la désintégration !

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