Sortir de l’Union Européenne par la porte de gauche !

Mercredi 16 mai 2012 // La France

Drapeau de France
jeudi 10.05.2012La Voix du Nord

Michèle Dessenne, et son suppléant, Jean-François Maison, 53ans, assistant social au CH Lens.

VIE POLITIQUE

L’une, Michèle Dessenne, concourt sous la bannière M’PEP*, l’autre, Jean-François Maison, sous celle du PRCF**...

Tous deux forment un ticket commun pour les prochaines législatives. Résidant en Seine-Saint-Denis, Michèle Dessenne, 59 ans, est originaire du Pas-de-Calais (elle est apparentée à l’abbé Dessenne dont une rue d’Hénin porte le nom). Elle, qui fit partie de l’équipe fondatrice du mouvement Attac, n’a pas choisi de se présenter sur la 11 e par hasard. « Cette campagne a une signification nationale. Notre analyse est que la France est prise en tenaille entre les européistes, - UMP, PS, MoDem -, et une xénophobie montante, de Marine Le Pen à Sarkozy. Pour le FN, c’est un test grandeur nature, on ne veut pas lui laisser le monopole d’une campagne sur la sortie de l’Union européenne et de l’euro dont on sait qu’une grande partie de la population a conscience des effets néfastes. » C’est ce qui ressort des échanges avec la population sur les marchés d’Hénin et ses environs. Car le duo et leurs soutiens (le PRCF revendique 250 militants dans la région lensoise) laboure le terrain depuis plusieurs mois, et va organiser plusieurs réunions publiques d’ici le 10 juin, date du premier tour : « Ce n’est pas une candidature de témoignage », assène Mme Dessenne.

Pour la candidate qui se réclame des idées du conseil national de la résistance, la fin de la crise ne peut passer que par la sortie de l’union européenne, « pilier de l’ordre néolibéral mondial » et le retour au franc. « Si l’on ne reprend pas la souveraineté monétaire, on est livré aux marchés et aux intérêts de la dette, et aux politiques de rigueur. Il y a eu une unanimité à réenfourcher le thème de la réindustrialisation. Si on laisse le libre échange en place, comment réindustrialiser ? On se fout de la gueule du monde ! » Le propos du ticket est de concilier les drapeaux tricolore et rouge. « Le capitalisme ne veut plus des nations, on tire le signal d’alarme », souligne Jean-François Maison. Michèle Dessenne : « Il faut forcer le débat tabou à gauche qui est la question de l’union européenne et de l’euro. »

Position claire

Sur l’échiquier politique de la 11e, la concurrence sera forte à l’extrême gauche avec (pour l’instant), Lutte ouvrière et surtout le Front de Gauche. « Notre candidature n’est pas tournée contre Hervé Poly, assure Georges Gastaud, secrétaire national du PRCF.

S’il avait eu une position claire sur la sortie de l’euro, on n’aurait pas présenté de candidat. » Le PRCF reproche la dérive « droitière » du PCF depuis la mutation des années Hue-Buffet. « Le PCF a oublié la classe ouvrière et l’indépendance nationale. Jusqu’à Georges Marchais, il avait été un parti patriote ».

Michèle Dessenne et Jean-François Maison animeront une réunion publique le 14 mai au café Le Météor de Carvin, de 18 h à 20 h.

* Mouvement politique d’éducation populaire.
** Pôle de renaissance communiste en France.

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