Socialisme : Mélenchon est un problème.

Jeudi 31 mai 2012 // La France

Drapeau de FranceAvec son Parti de gauche qui pourrait fusionner avec le Parti communiste, Jean-Luc Mélenchon est un problème qui ne parvient pas à trouver sa solution à cause de la faiblesse de ses analyses.

Jean-Luc Mélenchon possède bien des qualités qui font le grand homme politique le sens de la justice, le courage de l’intention, la fidélité à soi-même - mais il a échoué dans les deux occasions historiques qui lui permettaient de s’élever au-dessus de lui-même.

La première fut la campagne pour le Non au référendum de 2005, après laquelle il aurait pu prendre la tête d’un vaste rassemblement patriotique - puisque Laurent Fabius n’avait pas l’audace de rompre avec la fraction européiste - hollandiste, nous ne l’oublions pas - de son parti. Jean-Luc Mélenchon préféra, en 2008, monter son affaire à la gauche de la gauche. La deuxième occasion fut la campagne présidentielle de cette année, menée avec un dynamisme et des effets de tribune qui firent espérer que le Front de Gauche dépasserait le Front national grâce à de bons succès dans l’électorat populaire. Las ? Le candidat Mélenchon n’a obtenu que Il % des voix, surtout dans les régions traditionnellement communistes du centre et dans les zones industrielles de la région parisienne et du Nord. Mais les électeurs relégués dans les périphéries urbaines, victimes des délocalisations et de la réduction des services publics, ont voté pour Marine Le Pen.

Au vu de cet échec cinglant - un socialiste et des communistes qui ne parviennent pas à rassembler un large électorat populaire - Les dirigeants du Front de Gauche auraient tout intérêt à faire une autocritique approfondie au lieu de se chamailler sur le problème de la participation au gouvernement. Deux erreurs ont été commises : la posture antifasciste. Cela fait plus de quinze ans que nous expliquons que le Front national n’est pas un parti fasciste et que ses électeurs ne sont pas - à quelques exceptions près - des brutes racistes. Sans écouter ceux qui, à gauche, disent la même chose que nous, Jean-Luc Mélenchon s’est fait plaisir en dénonçant le fascisme et en assurant les ouvriers qui votent Front national de son parfait mépris ; - le laxisme économique et social. Le désir de justice sociale ne vaut rien si un projet politique général ne donne pas les moyens de le réaliser. Le chômage, les bas salaires et la dégradation des services publics se combattent d’abord par la remise en question de la zone euro et par la protection de l’économie. Marine Le Pen a bien compris ce point mais il est facile de montrer que les propositions économiques du Front national manquent de cohérence.

Jean-Luc Mélenchon n’a pas fait ce travail pour des raisons - conception de la nation, rapport à l’Europe - qu’il faudra expliciter.

Serment : Le patriotisme nouveau est arrivé

Il est faux de dire qu’en matière de patriotisme 1’ UMP court derrière le Front national.

Dès l’an dernier, son secrétaire général Jean-François Copé avait suggéré l’instauration d’un serment d’allégeance aux armes c’est-à-dire d’être prêt à se battre pour la France, auquel seraient soumis à leur majorité tous les jeunes nés Français et, jeunes ou moins jeunes, tous ceux qui voudraient le devenir. Il n’allait quand même pas jusqu’à demander à ces derniers d’accomplir un stage à la Légion étrangère comme le père de Nicolas Sarkozy en avait donné l’exemple.

Mais en vue de quelle guerre, de défense ou de conquête, cette mobilisation préventive des Français, ainsi que de futures recrues d’origine étrangère comme nous avons toujours eu l’habitude d’en avoir dans nos armées ?

La guerre dans laquelle nous sommes est une guerre économique (ce qui ne veut pas dire qu’elle ne nous coûte rien). Et nous y sommes entrés sans qu’aucun homme politique n’ait songé à instituer un serment d’allégeance aux intérêts économiques de la France.

Le résultat est que cette guerre est menée chacun pour soi. Avec les bénéfices réalisés dans leurs entreprises grâce au travail de leurs salariés, certains Français les remplacent par des machines, puis déménagent ces machines dans des pays où la main d’oeuvre est moins coûteuse et placent leurs bénéfices, de plus en plus importants, dans les pays où l’on paie le moins d’impôts.

Cette liberté accordée aux uns de s’enrichir grâce au travail des autres, puis de planquer leur fortune dans des paradis fiscaux, constitue un exemple de désertion du plus mauvais effet. Si malheureusement la Patrie était à nouveau en danger, il me paraîtrait difficile d’empêcher celui qui n’a que sa peau à sauver d’aller lui aussi la mettre à l’abri en Suisse. Je ne comprendrais pas qu’on osât lui faire la morale dans une Société du chacun pour soi où l’on se porte mieux d’avoir des ancêtres négriers que d’avoir eu un père mort pour la France.

Que restera-t-il par ailleurs du patrimoine commun que nous aurions à défendre ? En ce qui concerne le patrimoine matériel, on est en train d’en achever la privatisation et il ne nous restera bientôt plus en commun que les dettes de l’État et celles héritées des banques. Quant au souvenir glorieux de nos victoires militaires et de nos conquêtes sociales, ce ne sera pas trop lourd à emporter et ce n’est pas ce qui restera de la Patrie sous la semelle de ses souliers qui sera de nature à retenir quiconque.

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