Six mois… et après ?

Mercredi 6 février 2013 // La France

Que la démocratie d’opinion est cruelle ! Chaque jour, elle rappelle à notre président de la République que jamais un locataire de l’Élysée n’a été aussi bas, aussi tôt.

La popularité de François Hollande – et de Jean-Marc Ayrault : on ne sait plus très bien qui entraîne l’autre dans cette chute vertigineuse - n’en finit pas de plonger. On l’a déjà oublié mais l’élection présidentielle de mai dernier se joua à peu de choses : rejet épidermique du candidat sortant, campagne de presse orientée en faveur du candidat socialiste, abstention et bulletins blancs ou nuls en nombre record. Porteur d’une candidature sans âme, élu par défaut, le chef de l’État est condamné à porter son déficit de légitimité comme un fardeau. Sa prétention - ou son trait de caractère fondamental -à ne jamais rien trancher ajoute à l’impression de confusion générale qui est désormais la marque de son quinquennat.

Depuis un peu plus de six mois que la France est totalement socialiste - de la présidence de la République à l’Assemblée nationale en passant par le Sénat, de la capitale à vingt et une des vingt-deux régions françaises -, le gouvernement navigue à vue sur à peu près tous les sujets. « Amateurisme », « manque de vision », « couacs en série » : même la presse plutôt favorable à l’exécutif ne se prive pas d’en relever et d’en moquer les incohérences. Sur la question du nucléaire, sur les contrôles d’identité, sur le droit de vote des étrangers, sur les 35 heures, sur la dépénalisation du cannabis, ce fut six mois de tergiversations, d’hésitations, de propos contradictoires... Comme si ceux qui nous gouvernaient s’imaginaient investis d’une mission d’intervention dans tous les domaines au point de créer entre eux, en raison de cet interventionnisme permanent, une vraie cacophonie. C’est le ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, parti récemment en croisade pour la nationalisation d’Arcelor Mitai, qui n’a cessé de se faire remarquer pour être aussitôt démenti. C’est la ministre du Logement, Cécile Duflot, multipliant les déclarations intempestives mais qui entend rester ministre coûte que coûte, pendant que les écologistes affrontent les forces de l’ordre sur le site de Notre-Dame-des-Landes. C’est Vincent Peillon, au lendemain de sa nomination, qui annonce le retour à la semaine de cinq jours dans le primaire, puis le zonage des vacances d’été ou l’allongement des vacances de la Toussaint sans aucune concertation préalable avec quiconque.

Le socialisme ne sera-t-il jamais autre chose qu’une idéologie prétendant imposer « sa » morale, « sa » conception des choses, sans aucune considération pour les réalités éthiques, historiques et anthropologiques élémentaires ? Les leçons de vertu lancées par Cécile Duflot à l’Église catholique, sommée d’ouvrir ses locaux aux sans-abri, en atteste. Car derrière l’attaque contre l’Église se lit la riposte à une institution qui tient tête au gouvernement sur le mariage homosexuel. La crispation des socialistes sur le sujet est à la mesure de la mobilisation de la société civile elle-même dont la démonstration de force du 13 janvier s’annonce éclatante. Mais cette France occultée, invisible, inaudible, qui refuse de se soumettre à la loi des minorités agissantes et proclame qu’un mariage se noue forcément entre un homme et une femme ou que la personne possède des droits imprescriptibles, souffre de ne pas être représentée politiquement. Partant, ce combat transcendant les appartenances partisanes et religieuses a peu de chances d’aboutir. Surtout quand, déjà, les organisateurs semblent user entre eux du sectarisme qu’ils reprochent à leurs adversaires !

En cette période encore proche de Noël où les Mages firent un si long chemin pour rendre hommage à l’Enfant Dieu, à l’Enfant roi, l’urgence est pourtant à la mobilisation de toutes les bonnes volontés. Puisse venir le temps de la réflexion qui devra d’abord être politique. Car, comme le disait Péguy : « Il y a des ordres injustes qui cachent les pires désordres ».

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