Santé « Actualité nutritionnelle ».

Jeudi 14 octobre 2010 // Santé

Partout dans le monde l’obésité progresse. Elle est source de maladies, de morts plus précoces. Elle occasionne des coûts considérables. En France comme dans les autres pays, les pouvoirs publics sont en quête de stratégies préventives. En France, 14,5% des adultes sont obèses et, si rien ne vient ralentir la tendance, ils devraient être 22% en 2025. Avec comme conséquence une détérioration sensible de leur qualité de vie.

L’obésité est en effet un facteur de risque de nombreuses maladies. L’OMS lui impute près de la moitié des cas de diabète dans le monde, près d’un quart des problèmes cardiovasculaires, plus de 10% des décès, et d’innombrables années d’invalidité... L’obésité entraîne aussi des phénomènes de stigmatisation. Elle peut retentir sur la profession et le statut social. Sur la vie quotidienne aussi, avec des problèmes de mobilité, voire des difficultés d’accès aux soins...

Le coût économique de l’obésité est par ailleurs inquiétant. À l’échelle mondiale, il est de 15 milliards d’euros, un montant appelé à doubler d’ici 2015. En France, les seuls coups médicaux liés à l’obésité et aux facteurs de risque associés ont été évalués entre 2,5 et cinq milliards d’euros en 2002.

D’où vient l’épidémie ? On lui attribue des causes biologiques, psychologiques, culturelles et environnementales. La génétique interviendrait dans 25 à 40% des cas. Des gènes actifs au niveau du cerveau peuvent intervenir à la fois sur le métabolisme des lipides, la régulation de la prise alimentaire, la dépense énergétique, le circuit cérébral du plaisir et de la récompense. On ne saurait toutefois oublier le bouleversement lié au mode de vie : plus grande sédentarité, évolution des comportements et des rythmes alimentaires. Des disparités sociales sont apparues : les groupes faiblement diplômés paient un plus lourd tribut à l’obésité. À côté de la méconnaissance de la cuisine et des aliments sains, le besoin de compenser le stress conduit aussi à choisir des produits tout prêts, gras, sucrés et bourratifs...

Jusqu’à présent, les campagnes d’information ont surtout mis l’accent sur les risques pour la santé. Avec un succès mitigé. Pas facile de modifier les comportements dans un environnement potentiellement créateur d’obésité, débordant d’incitations publicitaires et de fast-food. Sans parler des messages mal interprétés : Les bandeaux qui appelent à la prudence sous les publicités télévisées sont parfois compris comme une incitation à acheter le produit !

D’autres idées sont lancées, plus ou moins réalisables ou efficaces. Des efforts sur les étiquettes (pas très lues). Des logos positifs sur les produits « sains » et recommandables.

Manger/bouger : Les ados français pourraient mieux faire.

Pour les enfants : la limitation de la taille des portions, la sobriété des emballages, l’information des parents sur la composition des menus de la restauration rapide. Pour l’avenir, des stratégies se dessinent. Restaurer la dimension du plaisir en utilisant pour promouvoir l’alimentation équilibrée les mêmes techniques que celles du marketing. Et surtout agir dès le plus jeune âge, compenser le matraquage publicitaire par l’éducation alimentaire et l’apprentissage du goût dans les écoles. Pour contrer l’avancée de l’obésité, mieux vaut prévenir que guérir !

795 collèges sélectionnés, 7 538 élèves de classe de trois’ interrogés. L’enquête menée par les ministères chargés de la santé et de l’éducation nationale, avec l’appui de l’Institut de veille sanitaire (InVS), montre que les ados sont encore loin d’appliquer le Programme national nutrition santé ! Parmi les filles et garçons enquêtés, âgés en moyenne de 14-15 ans, près de deux sur trois disent ne pas manger chaque jour des fruits et des légumes. Un ado sur cinq ne consomme pas de produits laitiers chaque jour. Trois sur dix sautent le petit déjeuner. Près de quatre sur dix ne font jamais de sport en dehors de l’école. Et quatre sur dix passent plus de trois heures par jour devant un écran. Les filles sont plus « à risque » que les garçons pour l’absence de petit déjeuner et de sport. Les garçons sont plus à risque pour le manque de fruits et légumes et l’excès de boissons sucrées. Surtout, l’enquête révèle que les comportements alimentaires inadéquats et la sédentarité sont souvent en rapport avec les conditions socio-économiques : milieu familial défavorisé, zone d’éducation prioritaire... Une dimension à prendre en compte dans les actions de promotion de la santé destinée à cette classe d’âge, estiment les auteurs de l’enquête.

Une équipe de chercheurs vient de tester une association de plusieurs probiotiques (des lactobacilles et bifidobactéries utilisés dans les yaourts ou les laits fermentés) pour prévenir l’apparition de l’eczéma chez les enfants à haut risque allergique. Une centaine de femmes enceintes présentant des antécédents familiaux de maladie allergique ont été étudiées. Un premier groupe a bénéficié des probiotiques dès 4 à 8 semaines avant l’accouchement et pendant 6 mois après la naissance de l’enfant nourri exclusivement au sein jusqu’à l’âge de 3 mois. Le deuxième groupe de femmes a reçu un placebo. A l’âge d’un an, les enfants dont la mère avait reçu des probiotiques avaient beaucoup moins d’eczéma que les autres. Pour les chercheurs, les probiotiques représentent une approche préventive prometteuse vis-à-vis du risque allergique. Y aura-t-il un jour des yaourts anti-allergie ?

Le calcium et la vitamine D sont indispensables à la formation et à la minéralisation osseuses pendant la croissance. Chez le nourrisson, les apports, calciques sont assurés par le lait maternel ou le lait infantile. Entre trois et dix ans, les apports de calcium sont généralement satisfaisants chez les enfants français. Il n’en est pas de même chez les adolescents, particulièrement chez les filles. Alors qu’à cet âge, les apports conseillés sont de l’ordre de 1 200 mg/jour, soit 3 à quatre produits laitiers par jour (un à chaque repas, goûter compris). La vitamine D est si nécessaire. Fabriquée par la peau sous l’action des ultraviolets, elle peut faire défaut si l’enfant ne prend jamais le soleil, a la peau pigmentée ou ne consomme pas assez d’aliments qui contiennent de la vitamine D : poissons gras, foie, viandes, œufs, beurre. Mais les apports alimentaires sont globalement insuffisants : C’est pourquoi l’ajout de cette vitamine est au— toisé par exemple dans le lait et les produits laitiers.

On entend souvent dire qu’une consommation importante de fruits et légumes pourrait mettre à l’abri du cancer. Les résultats des études sur le sujet sont cependant contradictoires. Pour y voir plus clair, une étude européenne a analysé pendant neuf ans les habitudes alimentaires, le style de vie, l’incidence du cancer et la mortalité chez plus de 142.000 hommes et 335.000 femmes. Avec des résultats peu parlants. L’association entre la consommation de fruits et légumes et la diminution du risque de cancer paraît très faible.

Pour le moment, estiment les auteurs de l’étude, elle doit être interprétée avec prudence.

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