Journalisme.

Sans la possibilité de blâmer, il n’y a pas d’éloges flatteurs.

Vendredi 15 juin 2012 // La France

Drapeau de FranceLe journaliste est la conscience morale de l’opinion publique et de la société civile. Il expose des faits susceptibles d’aider le public à accéder à la vérité. Il contraint ainsi les autorités politiques à la transparence. N’oublions jamais que la raison d’être du journaliste est la quête de la vérité. Il est en droit de dénoncer mais doit disposer de preuves irréfutables : c’est ainsi, notamment, qu’il aide à construire ou à renforcer la démocratie.

Le rôle éducatif du journalisme

On nous a toujours dit que le rôle du journalisme était d’abord d’informer et ensuite de distraire. La mission éducative est essentielle, surtout dans les sociétés malades ou celles en pleine reconstruction qui n’offrent pas à tous ses membres un accès à l’instruction.

Notre mission d’éducation est avant tout de délivrer un message et un leçon de tolérance : apprendre à vivre ensemble, à régler pacifiquement les conflits, à participer au processus de décision, à agir pour les droits de l’homme, pour la démocratie, pour le dialogue et la paix.

Correspondants de paix contre correspondants de guerre

Le journaliste se doit d’être toujours un correspondant de paix - même en temps de guerre. Cela ne signifie pas dissimuler l’existence de conflits, mais les présenter de manière à faire réfléchir. Ainsi mise en forme, l’information contribue à identifier les racines du conflit pour tenter de les résoudre. Le correspondant de paix ne cherche pas le sensationnel, et ne mange pas au râtelier de la presse à sensation. Ses titres et ses textes vont dans le sens de la démocratie, de la tolérance, du pardon,de la valeur de la vie, de la dignité humaine et d’une certaine maturité dans l’approche des différences et des contradictions.

Les journalistes continuent, à rendre compte d’actes de terrorisme : de nombreux attentats à la voiture piégée qui ont lieu un peu partout dans le monde ; Ils publient des informations, en évitant tout glissement vers le sensationnel (pas de photographies de cadavres ou de sang versé). En revanche, ils ne ménagent pas leurs efforts pour conduire une réflexion sur des raisons tragiques qui ont conduit aux attentats, et mis l’accent sur le gâchis d’une guerre fratricide.

Liberté d’informer, liberté d’opinion et droit à l’information

Le rôle des mass-média est bien de véhiculer des idées et des idéaux qui en valent la peine et contribuent à bâti r un avenir meilleur. Les médias sont garants d’un droit fondamental, le droit à l’information, qu’il convient d’exercer en toute liberté mais avec responsabilité. Le droit à l’information n’est pas l’apanage des autorités politiques. Il n’appartient pas non plus aux propriétaires des médias, pas plus qu’il n’est le monopole des journalistes. C’est la communauté qui est détentrice du droit d’information : elle a le droit d’informer comme d’être informée. Les journalistes, doivent être au service de la démocratie, de la vérité, de la quête du bien commun pour le plus grand nombre. Liberté d’expression ne signifie pas liberté de dire et d’écrire tout ce qui nous passe par la tête, mais d’exprimer, avec responsabilité, ce qui peut contribuer au bien de nos communautés, voire de l’humanité.

Être journaliste, c’est voyagé à travers la planète à la recherche d’événements susceptibles d’informer les citoyens du monde d’actualités qui trop souvent mettent leur vie en danger. Être journaliste, c’est nous informé quelles que soient les situations aux quelles la ou le journaliste est confronté. Ces dernières décennies, être journaliste, c’est faire face à la mort, pire encore, c’est d’être fait prisonnier, de subir des tortures immondes. Critiquer un journaliste pour des informations contraires à nos valeurs, mais réelles, c’est odieux  ; Ce n’est pas respecter une déontologie qui est l’élément le plus sur pour que VIVE LA LIBERTE.

Être journaliste, c’est d’éviter des dérives qui peuvent porter préjudice à des citoyens honnêtes, mais qui dérangent le journal, la radio, ou la chaîne de télévision qui l’emploi.

La majorité des journalistes sont engagés dans une idéologie politique ; Du moins ils défendent des idées qui leur semblent conformes à leurs convictions. Il faut reconnaître que la majorité de nos chroniqueurs ont une sensibilité de gauche ; ils bénéficient d’une presse écrite, d’une télévision, de radios acquises à leurs idées. Il n’est pas bon en démocratie que les femmes et les hommes qui nous informent expriment, certes, de façon différente, des idées qui relèvent beaucoup trop de l’uniformité de la communication.

L’ensemble des journalistes méritent qu’ont les respectent tels qu’ils sont et peu importe s’ils dérangent ; Ils sont les garants de notre liberté, des valeurs républicaines mises en exergue grâce à une Monarchie parlementaire..

Ceux, qui sont aux avants postes d’une guerre, ou d’un conflit local, sont des héros ; Ils risquent leur vie pour informer le monde de la triste réalité de drames, qui sans leur courage ne serait jamais connus.

Reste les journalistes d’investigation, telles des tortues ou des fourmis, ils avancent lentement mais sûrement ; Le but de leur travail fouiner pour découvrir, là, des escroqueries, là, des abus de confiance, là, une corruption ; Les journalistes d’investigation sont les garants de l’ordre moral.

Bien qu’il me soit difficile de mettre en avant les organes de presse spécialisés dans la recherche de la vérité, deux hebdomadaires semblent les plus fiable : Le Canard enchainé, et Médiapart.
L’euroscepticisme des journalistes français

C’est avec sa casquette de Secrétaire de la section française de l’Association des Journalistes Européens (AJE) que Fabrice Pozzoli-Montenay (FPM) assiste à une séance du cours de « Communication de l’Union Européenne ». Il est attentif, participe de temps en temps, mais tâte surtout le terrain et cherche à connaître son futur auditoire. C’est devant lui qu’il va donner un point de vue sur le traitement de l’actualité européenne par les médias, plus particulièrement français. Résumé de sa prestation.

Le rubriquage des sujets européens : un choix difficile

Pour Fabrice Pozzoli-Montenay, mettre l’Europe dans des journaux est un casse-tête permanent pour tous les médias. En effet, de par son contexte transversal, l’actualité européenne casse les règles établies. Par la nature même des sujets évoqués, ses nouvelles peuvent rentrer dans différentes rubriques. Cela peut poser des problèmes dans les rédactions françaises car ces dernières, à l’inverse des britanniques, n’ont pas l’habitude de travailler en équipe et restent attachées à l’image du journaliste solitaire, face à sa copie, signant de sa plume un article rigoureusement écrit. Traiter d’Europe, c’est très souvent traiter d’économie poursuit Fabrice Pozzoli-Montenay. « L’Europe existe avant tout en tant qu’entité économique. » C’est aussi pour cela que la Commission Européenne rappelle régulièrement qu’elle n’intervient pas sur les droits de l’homme, sur la liberté de la presse. La seule entité qui a vocation à traiter des droits de l’homme est le Conseil de l’Europe.

L’information à la française

En s’appuyant sur les exemples donnés par Fabrice Pozzoli-Montenay, on peut constater que la France a un style bien à elle dans son traitement de l’actualité européenne. Ainsi, au sein de l’hebdomadaire Marianne, lorsque l’interdiction de fumer est apparue dans les sujets à traiter, une partie de la rédaction affirmait que cela reposait sur une décision de l’Union Européenne. Un rédacteur du magazine est alors allé voir le rédacteur en chef pour lui expliquer que l’Europe n’avait rien à voir dans cette décision, mais ce dernier a quand même décidé de blâmer l’UE dans un billet paru dans l’hebdomadaire.

Ce type d’exemple contribue au jugement très acerbe que porte Fabrice Pozzoli-Montenay envers la presse française : « En France, la presse manque clairement de sérieux au niveau de l’information qu’elle donne car elle ne les vérifie pas. Son déclin a commencé le jour où on a arrêté le croisement de l’information. Je constate le manque de sérieux des journalistes français. » Un jugement très tranché, sans langue de bois, comme il aime à le rappeler.

Les journalistes français à Bruxelles

La crise actuelle de la presse française a entraîné de sévères purges au sein des services traitant d’Europe. Pour Fabrice Pozzoli-Montenay « L’Europe on la traite depuis Paris, parfois on a un correspondant mais ce n’est pas toujours le cas car c’est trop cher : cela impact sur la qualité de l’information ». Bien que la télévision soit la première source d’information pour les citoyens, sa situation reste assez particulière. En effet, toutes les chaînes du monde ont au moins un correspondant basé au service de presse de l’Union Européenne de Bruxelles, le plus grand du monde. Mais F. Pozzoli-Montenay souligne que la plus grosse chaîne européenne en terme d’audience, TF1, n’a pas de journaliste à Bruxelles car elle n’en a jamais senti le besoin. « C’est très révélateur de ce qui se passe en France ! TF1 se ‘contrefiche’ de l’Europe ».

L’une des raisons pour lesquelles on parle peu d’Europe est qu’elle ne vend pas. Pour les journalistes TV, un sommet européen est compliqué à bien illustrer et donc « mortellement ennuyeux » pour les téléspectateurs. De plus, il existe une confusion des journalistes qui n’utilisent pas les bons termes. « On généralise avec Bruxelles mais on ne sait si on parle du Parlement, du Conseil, de la Commission… » Le temps étant précieux, les rédacteurs et autres reporters préfèrent « faire court » avec un terme générique. Aussi, l’AJE relance souvent les chroniqueurs car l’information transmise n’est pas compréhensible. Son secrétaire argue que « si les journalistes se permettent autant d’approximations et d’erreurs factuelles sur l’UE, c’est aussi qu’ils ne risquent pas de retour de bâton, contrairement aux acteurs politiques français (préfets, ministres, experts, conseillers, etc.). Les représentants de l’UE ne menacent jamais les journalistes de rétorsion… Une attitude démocratique, mais perçue comme une faiblesse par certains ».

Mais depuis 2008, avec la crise mondiale et européenne, la tendance tend à s’inverser en France et on parle davantage des nombreux sommets (« de la dernière chance » ?) organisés. Une dynamique européenne s’est mise en place au niveau politique et a ainsi permis au temps de parole de remonter. En 2007, le temps d’informations consacré à l’Europe dans les journaux télévisés était de 2% et lorsqu’on parle de politique étrangère en France, cela ne représente pas plus de 4% du temps des JT. On a des temps de présence à l’antenne très faible. Deux numéros de l’observatoire géostratégique de l’information, sous la direction de Eddy Fougier, traitent de l’information européenne. On a tout d’abord « JT du 20 heures : le grand désert de l’info européenne » et La lettre de l’Ina Stat sur « L’Europe loin des projecteurs » de juin 2008.

En ce qui concerne la radio, le groupe Radio France se considère comme à part car il aborde l’actualité européenne au moins une heure par semaine (toutes stations cumulées). Fabrice Pozzoli-Montenay considère ce temps « faible » bien que ce soit « la radio qui en parle le plus ». Le groupe a eu la démarche de créer un poste de rédactrice spécialiste de l’actualité sur l’Europe afin pour que cette dernière influence ses confrères à traiter de ces sujets.
Les locaux régionaux de Radio France sont supposés traiter de leur côté l’information européenne, en plus de leur mission de prioriser la proximité. Il se retrouver alors face à un paradoxe que les rédacteurs en chefs résolvent en « oubliant l’Europe et en ne traitant que du local ». Les rares fois où des sujets européens sont abordés, c’est sous l’angle du régional en mentionnant l’intervention économique de l’UE dans le financement d’infrastructures (routes, universités, etc.) et cela varie d’un journal à l’autre.

Concernant la presse quotidienne régionale (PQR), Ouest France a depuis toujours été en faveur de la construction européenne. C’est certainement aujourd’hui le journal de PQR français qui traite le plus de l’Europe en terme d’intérêt général et en terme d’actualité locale. Cette volonté vient très clairement de la direction, de l’identité de Ouest France. Mais depuis 5 ans, avec le départ de François-Régis Hutin de la direction du journal, on remarque « une baisse quantitative de l’info européenne » analyse Fabrice Pozzoli-Montenay.

Et l’internet de l’Europe ?

Le média internet européen a trouvé une place à part avec les pure players. Mais la cible des publicités, nécessaire à la survie des journaux européens, est restreinte et peu d’annonceurs ont besoin de communiquer au niveau européen. Depuis le « non » au référendum sur le traité constitutionnel européen (TCE) en 2005, on constate une augmentation de l’importance accordée au média internet. Mais l’UE reste un sujet de fracture extrêmement forte au sein des journaux et est source de clivage extrêmement important au sein des rédactions. « On est arrivé à un point où il y a des affrontements de personnes entre services, des luttes de pouvoir » commente FPM, concluant que « dans les journaux on s’est dit que puisque les français sont opposés à l’Europe, on va aller dans leur sens et taper sur l’Europe ».

Internet est un des rares médias qui se prête bien au traitement de l’information car il génère très peu de charges (studio TV, impression, etc.). On trouve actuellement des sites qui arrivent à se développer au niveau européen : le site Café Babel, à la base français, est aujourd’hui présent dans douze pays européens. Il emploie plus d’une dizaine de personnes, vit d’aides de l’UE et produit un contenu à destination des étudiants. On trouve aussi sur la toile des sites comme Presseurop qui appartient au groupe Courrier International. Proposé en sept langues européennes, le site traduit les grands titres de la presse du vieux continent. Le site myeurop.info, héritier du journal papier « L’Européen » veut quand à lui montrer que tous les aspect de la vie sociale ont du répondant ailleurs. Le site les Euros (traduit en trois langues) est s’aligne sur le style de Café Babel mais est géré par des étudiants plus âgés ou par de jeunes actifs. Euractiv, catégorie en presse spécialisée, se fait l’écho de toutes les grandes discussions au niveau européen.

La simplicité d’internet et sa réactivité font de lui le seul média ayant une répercussion très rapide. L’outil internet aide à un dialogue européen. Selon FPM, il favorise énormément à la construction de l’identité européenne.

Les médias européens

Parmi les grands médias européen il y a Arte (symbole de l’amitié franco/allemande). Son audience a beaucoup baissé depuis ces dernières années à cause, notamment, de l’arrivée du satellite et du câble. Une autre chaîne importante est Euronews, peut-être le seul média transeuropéen qui fonctionne. Il touche les 400 millions d’habitants de l’Europe et est celle qui fait le plus d’audience devant la BBC… Elle est financée à 100% par la Commission Européenne. On peut considérer que c’est pour l’instant une réussite.

Ce portrait global que dresse le Secrétaire de la section française de l’Association des Journalistes Européens explique sa frustration vis-à-vis du journalisme à la française. Déçu par les médias de l’hexagone, critiqué par ses confrères, il a trouvé refuge dans l’antre des rédactions des pays voisins au sein desquels sa vision de l’Europe est plus facilement appréhendée. L’information européenne à la française est-elle si critiquable ? Selon FPM ce serait le cas sur les grands médias nationaux mais pas sur internet. Eurosceptiques fan de TV et pro-européens, du clavier ?

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