Saint Joseph : la paternité.

Mercredi 28 mars 2012, par Gérard Leclerc // La Religion

Drapeau de FranceEn cette fête de saint Joseph, comment ne pas méditer sur le mystère de la paternité, dont le chef de la Sainte Famille constitue en quelque sorte l’incarnation privilégiée ? On est obligé aujourd’hui de penser à ce mystère avec une certaine gravité, tout d’abord parce que le contexte idéologique actuel conspire à dissoudre les notions les plus essentielles qui structurent l’organisation humaine. Pardon, mais on ne bricole pas avec ces choses là. Pour nous chrétiens, il y a un plan visible de la Providence qui donne mission aux hommes et aux femmes pour mettre au monde des enfants et leur servir de guides, d’éducateurs, en reflet même de l’amour divin à l’origine du don de la naissance. Quand on vient brouiller les repères les plus incontestables de la paternité et de la maternité, on opère une transgression qu’aucune autorité humaine n’a puissance pour légitimer.

Ce mystère de la paternité, évidemment lié au mystère de la maternité, puisqu’il s’agit de deux pôles interdépendants et solidaires, nous renvoie aussi en ces jours de deuil au drame vécu par ces parents belges qui ont perdu leurs enfants dans un accident de car en Suisse, qui est forcément présent dans nos cœurs. La déchirure de la séparation pour des parents renvoie à ce qu’il y a de plus profond dans les liens paternels et maternels, qui n’existent eux-mêmes que par l’amour conjugal. Si nous n’avons pas vécu nous-même cette déchirure, nous avons certainement pu la comprendre et la ressentir dans nos familles et nos voisinages. Mon ami André Frossard disait que c’est ce qui restait le plus intimement enfoui dans le cœur et la chair des parents. Avec saint Paul nous pourrions affirmer combien ce mystère est grand. D’autres penseurs, tels Gabriel Marcel, ont réfléchi à cette dimension ontologique qui retentit au plus fort de nos sensibilités.

C’est dire qu’en de pareilles circonstances nous sommes face à l’abîme d’une transcendance qui se révèle à nous. Et c’est pourquoi d’ailleurs – on le voit en Belgique – seule la symbolique religieuse est en capacité de rendre compte de ce qui, à la fois, nous englobe et nous dépasse infiniment.

Chronique lue sur radio Notre-Dame le 19 mars 2012

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