SIDA : Recul de la mortalité, peut-être la fin de l’épidémie avant 2030.

Lundi 6 octobre 2014 // Le Monde

Les décès liés au sida, dans le monde, ont chuté, de plus de 1130%, en 10 ans, tout comme le nombre de nouvelles infections, par le VIH, laissant espérer que l’épidémie puisse être vaincue d’ici, à 2030, grâce, notamment, à une généralisation du dépistage, a indiqué l’Onusida.

« Mettre fin à l’épidémie de sida est possible » bien que le nombre de personnes vivant avec le virus ait, encore, légèrement, progressé, l’an dernier, passant, à 35 millions, contre, 34,6 millions, en 2012, a déclaré le directeur exécutif de l’Onusida, Michel Sidibé, à Genève.

« Si nous accélérons l’ensemble de la mise à niveau en matière de VIH d’ici, à 2020, nous serons sur la bonne voie pour mettre fin à l’épidémie d’ici 2030. Sinon, cela peut prendre une décennie, voire, davantage », a-t-il relevé. En mettant, fin, à l’épidémie d’ici à 2030, le monde éviterait 18 millions de nouvelles infections et 11,2 millions de décès liés au sida, entre 2013 et 2030.

En 2013, le nombre de décès dus, au sida, dans le monde, a, déjà, nettement, reculé, avec 1,5 million de morts (- 11,8% en un an), la plus forte chute depuis le pic de l’épidémie, en 2005, selon le rapport annuel des experts de l’ONU. Et le nombre de nouvelles infections est passé de 2,2 millions, en 2012, à 2,1 millions, en 2013.

Autre bonne nouvelle : les ressources financières allouées à la lutte contre le sida ne cessent d’augmenter, malgré la crise. Au total, 19,1 milliards de dollars étaient disponibles, l’an dernier, (14 milliards d’euros), contre, 4,6 milliards, il y a 10 ans. Toutefois, l’Onusida estime qu’il faudrait entre 22 et 24 milliards de dollars, par an, pour financer la lutte contre le sida.

La bataille est loin d’être terminée, a souligné Michel Sidibé, expliquant que « 22 millions de personnes n’ont pas accès à un traitement salvateur ». « Fournir un traitement salvateur contre le VIH à près de 12 millions de personnes, dans les pays en développement, est un succès notoire, mais plus de la moitié des personnes, dans le besoin, n’ont, toujours, pas accès » au traitement, a relevé, de son côté, Jennifer Cohn, de Médecins sans Frontières.

En outre, « sur les 35 millions de personnes vivant avec le VIH, 19 millions ne savent pas qu’ils sont séropositifs car ils sont marginalisés, criminalisés, discriminés », a déploré Michel Sidibé, citant, notamment, les travailleurs du sexe et les prisonniers. Or, « en Afrique subsaharienne, 90% des personnes dont le test VIH s’est révélé positif ont, ensuite, accédé à la thérapie antirétrovirale », a-t-il dit. L’Onusida souhaite, donc, que 90% des personnes ne connaissant pas leur statut soient testées d’ici à cinq ans. « Il faut changer, complètement, notre approche, normaliser le dépistage et dépister le sida, en même temps que d’autres maladies, a expliqué Michel Sidibé.

« C’est ce qu’on a fait, en Afrique du Sud, et cela a bien marché », a-t-il dit, louant les progrès réalisés, ces dernières années, par ce pays qui reste, toutefois, le plus touché par l’épidémie. Le rapport révèle, aussi, que 15 pays (Afrique du Sud, Brésil, Cameroun, Chine, Etats-Unis, Russie, Inde, Indonésie, Kenya, Mozambique, Nigeria, Tanzanie, Ouganda, Zambie et Zimbabwe), seulement, représentent plus de 75% des 2,1 millions de nouvelles infections survenues, en 2013.

En 2013, les nouvelles contaminations ont été, en très grande majorité, enregistrées, en Afrique subsaharienne, région la plus touchée par le virus, avec 1,5 million de nouvelles infections (dont 210 000 enfants). Ce chiffre est, toutefois, en baisse, de 33% par rapport, à 2005. En 2013, 24,7 millions de personnes vivaient avec le VIH, en Afrique subsaharienne, dont 2,9 millions d’enfants. 1,1 million de personnes sont mortes en raison du sida, en 2013, dans cette région du monde.

L’Onusida déplore, notamment, le manque d’accès aux préservatifs, en Afrique subsaharienne, avec, seulement, huit préservatifs disponibles, par an, par personne.

En Asie, comme en Afrique, les nouvelles infections ont reculé, ces dernières années (- 6% entre 2005 et 2013). Mais l’Asie reste, fortement, touchée par l’épidémie, avec 4,8 millions de personnes contaminées.

En Amérique latine, les nouvelles infections ont baissé de 3% entre 2005 et 2013. Pendant la même période, elles ont, en revanche, augmenté de 5%, en Europe de l’Est, et en Asie centrale, et de 8%, en Europe occidentale et centrale et en Amérique du Nord.

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