Roubaix, la ville aux six mosquées.

Lundi 13 avril 2015 // La France

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Dans l’ancienne perle du Nord, les Français ne sont plus qu’une minorité parmi d’autres. Parcours à risques dans ce laboratoire de la France d’après, ville pionnière de l’immigration de masse.

Il est 16h30. Notre voiture s’engage rue de 1’Alma, dans un ancien quartier ouvrier désormais bien connu pour ses magasins orientaux, ses maisons abandonnées et ses trafics de stupéfiants. Devant nous, des vitrines de burqas et de hidjabs donnent une idée de la mode locale. Des lascars revêches tiennent les murs, hostiles. En l’air, des grappes de chaussures pendus aux fils électriques signalent les points de vente de drogue ouverts. Nos accompagnateurs évoquent l’assassinat, l’an dernier, d’un père de famille égorgé ici même pour s’être plaint du bruit sur la voie publique, quand soudain.., la vitre arrière de notre véhicule vole en éclats !

Dès notre arrivée, des chauffeurs - des guetteurs - nous ont identifiés comme des intrus : des Blancs roulant sans se presser dans une voiture qui n’est ni une poubelle ni une grosse cylindrée, voilà qui perturbe la vie du quartier ! Une variante du téléphone arabe a fait son office, jusqu’à un homme en djellaba, qui a hurlé en nous pointant du doigt. Des sentinelles ont fait le reste.

En cas d’intervention, des équipes du GIPN occupent d’abord les toits.

À 150 mètres de là, des policiers calfeutrés dans un commissariat transformé en bunker refusent d’enregistrer notre plainte pour agression et la requalifient en "dégradation de véhicule". L’un d’eux évoque les différentes hypothèses : « C’est peut-être une pierre ou une bille de plomb lancée avec une fronde... » Une chose est sûre, ils n’iront pas vérifier : « Nous n’y allons plus. » En cas d’intervention obligatoire, des équipes du GIPN occupent d’abord les toits : les voyous les utilisent pour lancer des dalles de pierre sur les forces de l’ordre. Bienvenue à Roubaix, ex-perle de la Flandre française devenue la "ville la plus islamisée de France", où les trois quarts du territoire sont classés en zone urbaine sensible (Zus).

Avant d’en arriver là, Roubaix a bâti, au milieu du XIXe siècle, une immense fortune sur le textile pendant la révolution industrielle.

Les dizaines d’usines désaffectées ou reconverties en lofts témoignent de la gloire passée de la "cité aux mille cheminées" - plus modestement connue de nos jours comme "la ville aux six mosquées".

Dans les années 1950, l’immigration turque et maghrébine a remplacé les Polonais et les Italiens de jadis. Roubaix est devenue une ville pionnière de l’immigration de masse, où les Français ne sont plus qu’une minorité parmi d’autres. Le point de bascule démographique a été franchi dans les années 1980, à la suite du regroupement familial. Sur 94500 habitants, plus de 60% sont d’origine extra-européenne - généralement musulmans, à l’exception de quelques Africains évangélistes. Ces chiffres officiels sont contestés par plusieurs habitants, dont Charles, ingénieur en retraite : « Ces données remontent aux années 1990. Depuis, les Blancs sont partis. Et les immigrés ont eu des enfants - beaucoup. On doit être à 70% d’étrangers.

« À Roubaix, les Algériens et leurs descendants sont majoritaires parmi la population d’origine maghrébine », relève le politologue Gilles Kepel (Passion française, les voix des cités, Gallimard). Les enfants de harkis se sont réconciliés avec les fils d’indépendantistes algériens grâce au salafisme. La ville compte officiellement six mosquées - plus ou moins radicales -, sans parler des salles de prières clandestines où les plus fanatiques appellent au djihad. C’est ici que furent radicalisés les membres du "gang de Roubaix", précurseurs, en 1996, de Mohamed Merah et des frères Kouachi. Mehdi Nemmouche, mis en examen dans la tuerie du Musée juif de Bruxelles, l’an dernier, est également un enfant de Roubaix.

Une politique multiculturaliste dont on recueille aujourd’hui les fruits...Rue Saint-Maurice, la mosquée Es- Sunna, en brique rouge, est la plus importante et la plus ancienne. Elle peut accueillir 3 000 personnes. Le misérable quartier du Pile, lui, vit à l’ombre de la grande coupole de la mosquée Abou-Bakr, dont la première pierre fut posée, en 2012, par l’ancien maire, René Vandierendonck, centriste devenu socialiste. Le dernier chantier en date, celui de la mosquée turque Eyfip-Sultan, a été inauguré, le 8 décembre, par son successeur UMP, Guillaume Delbar.

Mixité Les gaietés du vivre-ensemble : À Roubaix, plus de 100 nationalités se côtoient dans une ambiance qui n’évoque que lointainement les sympathiques clichés de la série Plus belle la vie. Boulevard du Général- Leclerc, un autocollant "Je boycotte les produits juifs" donne le ton.

Les Algériens ne se mêlent pas aux Turcs. Les Arabes s’opposent aux Noirs, qui se battent eux-mêmes entre musulmans et évangélistes, puis entre ethnies. Presque tous - y compris les "petits Blancs", tout surpris d’échapper pour une fois au mépris des autres communautés - s’entendent pour s’acharner sur les Roms, qui ne font pas grand-chose pour démentir leur réputation. Ainsi va le vivre-ensemble, en France, sous le quinquennat de François Hollande... P.-A. B.

Dès la fin des années 1980, note Gilles Kepel, le maire démocrate- chrétien André Diligent amis en oeuvre une politique multiculturaliste où « l’islam représentait un interlocuteur apprécié et recherché ». Sans obtenir les résultats escomptés. Les plus radicaux échappent à tout contrôle. Roubaix devient "une plaque tournante" des djihadistes à destination du Groupe islamique armé algérien ou des brigades bosniaques. Les modérés s’organisent en groupes de pression. En 2010, certains menacent le poulain d’André Diligent, René Vandierendonck, de faire voter contre lui s’il persiste à s’opposer au premier Quick halal de France. L’élu fait prudemment machine arrière.

Cette bienveillance envers l’islam n’a pas épargné le Front national : conseiller municipal FN, Jean-Pierre Legrand proposait, l’an dernier, de convertir une église en mosquée. « Il s’agissait d’une église désaffectée depuis les années1960, qui avait déjà eu d’autres utilisations, explique-t-il aujourd’hui. Plutôt que de gaspiller l’argent public pour construire une nouvelle mosquée, j’ai proposé d’exploiter partiellement les locaux, pour préserver les murs et les vitraux. » Une idée rejetée par Françoise Coolzaet, ancienne candidate FN à Roubaix et conseillère régionale : « Les musulmans peuvent parfaitement prier chez eux. Il n’y a pas à favoriser l’implantation de mosquées en France. Pour reprendre les mots du général de Gaulle, "nous sommes avant tout un peuple de race blanche et de religion chrétienne." Comme lui, je pense qu’il est possible d’avoir des Français de toutes origines, "mais à condition qu’ils restent une petite minorité". À Roubaix, notre identité est sérieusement malmenée. »

En réalité, comme Alger ou Casablanca, Roubaix garde de profondes traces de culture française. Une belle église blanche fait encore face à la mairie. Dans le quartier Barrieux et à Croix - où les Blancs aisés vivent entre eux, parfois barricadés derrière de hauts murs hérissés de fil de fer barbelé —,les maisons de maître et de caractère se succèdent.

Les quartiers tranquilles s’ouvrent néanmoins à la "diversité". Un agent immobilier raconte : « Des familles africaines ou arabes se mettent parfois à plusieurs pour louer ou acheter une demeure, d’autant que les prix de l’immobilier s’effondrent. » Les témoignages concordent pour dire que le "vivre- ensemble" n’en sort pas toujours gagnant : « Dans plusieurs procédures d’expulsion, nous avons constaté des dégâts irrémédiables, comme des plafonds Art déco effondrés à cause d’une insalubrité épouvantable. Ailleurs, il y avait des dizaines de préservatifs usagés au sol, des parquets anciens ravagés par un encrassement indescriptible... Dans une autre demeure, au lieu des vingt personnes supposées y vivre, il y avait plus de cent Africains, dont des clandestins ! »

Avec plus de 30 % de chômeurs, Roubaix est devenue l’une des villes les plus pauvres de France. Dans le centre, seul le rez-de-chaussée de l’espace commercial Grand’Rue est en activité. Les boutiques fermées s’alignent à longueur de rues. Des agents sociaux voient des familles au chômage chronique depuis deux générations ! Dans les anciens quartiers ouvriers, devenus des taudis à ciel ouvert, on rejoue Germinal en burqa. Mais les policiers savent que certains bénéficiaires du RSA gagnent mieux leur vie que les notables des beaux quartiers.

Dans ces quartiers dangereux se bâtissent les nouvelles fortunes roubaisiennes.

Ces veinards profitent de la proximité immédiate de la frontière belge, qui permet à Roubaix d’être la plaque tournante de fructueux trafics de drogues en provenance des Pays-Bas et à destination des grandes agglomérations françaises. L’Os-à-Moelle, l’Épeule, le Pile, l’Alma : c’est dans ces quartiers dangereux, loin des usines de tisserands, que se bâtissent les nouvelles fortunes roubaisiennes...

Le soir venu, nous traversons rapidement la cité des Trois-Ponts avec Paul, un policier en retraite. Ici, les grossistes apportent régulièrement des dizaines de kilos de cannabis au pied des tours. Des "charbonneurs" les revendent en plus petites quantités dans la métropole lilloise. Soudain, dans la lueur d’une cage d’escalier, rebelote : deux guetteurs signalent notre voiture en sifflant. Au bout de vingt mètres, un choc sur le capot : un sac-poubelle vient de nous tomber dessus... Des pierres et des canettes volent. Une boule de pétanque s’écrase à 1 mètre de la portière. Paul accélère vers la sortie, où une quinzaine de "jeunes" ont improvisé un barrage de poubelles ! L’ancien policier, rodé à ces situations tendues, coupe les phares, s’engage dans une allée, rejoint un parking et, filant sous le nez de trois vigies surprises, nous exfiltre de la cité sous les injures et les doigts d’honneur d’une jeunesse peu fair-play...

Dans Allah est grand, la République aussi (JC Lattès), Lydia Guirous, arrivée à 6 ans à Roubaix, a constaté la draina- tique évolution de sa ville d’enfance : « Des quartiers entiers sont devenus des provinces étrangères où il est recommandé de parler arabe et d’être vêtu selon certains critères, surtout quand on est une femme. » Dans la rue, de vieux Arabes normalement habillés contrastent avec une faune de jeunes ayant opté pour le pantalon court découvrant le mollet des wahhabites ou les robes blanches des prédicateurs du Tabligh. Par un froid de loup, les femmes portent de longs voiles bordeaux ou des burqas sous des doudounes chamarrées. Après les attentats de janvier, la directrice du centre hospitalier de Roubaix a interdit au personnel de porter un badge "Je suis Charlie". « Ici, une bonne partie de la population n’est pas très Charlie. Il faut faire attention à ce qu’on dit », explique un interne.

"Les Blancs qui restent sont ceux qui n’ont pas les moyens de partir."

Les "petits Blancs" ont intégré les codes dominants. Ils se distinguent des "mécréants" par leur collier de barbe blonde et baguenaudent avec la panoplie du parfait salafiste. Une commerçante raconte la misère des autochtones : « Dans certains quartiers, les Blancs n’ont pas le droit d’avoir de petite copine, sauf s’ils se convertissent à l’islam. Et les gamines préfèrent sortir avec des étrangers pour être protégées. De plus en plus de Blanches portent le voile. »

Estelle, commerçante du centre-ville, dénonce une véritable ségrégation : « Les Blancs qui restent sont ceux qui n’ont pas les moyens de partir. J’ai dû vendre ma boulangerie dans un quartier chaud. Et je ne suis pas la seule : même la presse locale, pourtant bienveillante à l’égard des immigrés, a parlé du phénomène. »

Paul confirme : « Des voyous d’origine maghrébine, parfois en cheville avec des islamistes, exercent des pressions pour faire fuir les Blancs et racheter leurs commerces. Les boucheries deviennent halal. Les commerces de proximité sont remplacés par des kebabs et des taxiphones qui peuvent servir degré ou de force au blanchiment d’argent sale. Les Nord-Africains honnêtes sont les premières victimes de cette criminalité, car on les accuse d’être des traîtres s’ils ne couvrent pas les activités des voyous ! »

Rue de Lannoy, où les trafics se multiplient, un bar-tabac a fermé "pour raisons de sécurité". Un riverain explique : « Le patron subissait des braquages réguliers, des chapardages incessants. C’était un harcèlement en règle. » Un commerçant qui se flatte de n’avoir aucun problème, nuance : « Il n’était pas loin de la retraite. Et il résistait aux jeunes. Si on n’essaie pas de s’opposer à eux, tout se passe bien. »

L’existence d’une ultime boucherie non halal, à Roubaix, est devenue une véritable légende urbaine : tout le monde en parle, mais très peu l’ont vue ! Elle existe pourtant, boulevard de Fourmies, reconnaissable de loin avec son panneau annonçant fièrement "Boeuf, porc, charcuteries"...

Un maire aura peut- être l’idée de la faire classer, un jour, comme monument historique.

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