Rien n’arrête l’optimisme de nos gouvernants.

Mercredi 6 février 2013 // La France

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Une sorte d’euphorie règne en cette fin d’année dans le gouvernement et les milieux politiques dirigeants. Malgré tous les couacs intergouvernementaux, malgré le chômage galopant, la baisse et l’arrêt d’activités en tous domaines, la vie politique continue, elle prospère, à gauche et à droite, et François Hollande poursuit son programme imperturbablement. Il croit dans son étoile. En fait, les ténèbres s’épaississent. Où donc est la lumière ?

Que veut-on ? Des bonnes nouvelles ? En voilà à la pelle. Le président de la République et le gouvernement en sont prodigue. A les en croire, tout va pour le mieux dans le meilleurs des mondes. Rien n’arrête l’optimisme de nos gouvernants. La peur financière, encore si prégnante ces derniers mois s’éloigne. François Hollande l’a répété à Bruxelles, à Oslo ; il le redit sans cesse : la crise est derrière nous et la croissance, grâce à lui, grâce à ses justes orientations, est devant nous. Reste à la mettre en musique : en créant l’union bancaire, en consolidant les dettes, en les mutualisant, en renforçant les organes de contrôle bancaire et budgétaire aux niveaux européen et national, en surveillant la finance, en assagissant les banques, en demandant aux riches leur quote-part de richesse, cette juste surtaxe qu’ils doivent à la société, en amorçant par de judicieux investissements européens et nationaux la relance de l’économie, en mettant en place les institutions financières adaptées, MES, BPI, etc, en évitant les conflits et les heurts inutiles, en ramenant la confiance, bref en jouant le jeu de la sortie de crise. À force d’y croire, le salut viendra. Hollande s’en porte garant.

HOLLANDE L’ALGÉRIEN

Ne vient-il pas de l’annoncer en Algérie, sa terre de prédilection ? Le salut de la France et de l’Europe inscrit dans son programme et qu’il porte, tel un messie, sur ses épaules, sera aussi celui de l’Algérie qui en a besoin pareillement. Pour manifester sa bonne volonté il a apporté au peuple algérien des cadeaux, tout ce qui peut faciliter les échanges et l’ouverture vers la France, et, pour de futures installations, tout ce que la France peut avoir de mieux en fait de ressources économiques et technologiques. Mais le plus beau des cadeaux, c’est, bien sûr, sa personne et ses discours, tout simplement. Quels discours ! C’est qu’il sait - il l’a dit et proclamé - que le chemin du salut ne peut être vraiment parcouru sans repentance dûment exprimée : le peuple algérien, si longtemps opprimé, y a droit.

La SFIO de Guy Mollet n’a-t-elle pas participé au crime ? Et Mitterrand aussi ? François le saint en a la claire conscience. Cependant, la repentance, - et c’est là que se reconnaît dans ce socialiste si admirablement bourgeois et si merveilleusement pontifiant la solide formation cléricale qu’il a reçue et dont il a su alimenter sa militance politique, - oui, la repentance ne doit pas être, a-t-il précisé, un ressassement perpétuel du passé mais une marche gaie vers l’avenir. N’est-ce pas un joli propos de curé, en sortie de confessionnal ? Il y a du directeur spirituel dans l’ancien premier secrétaire du parti socialiste qui a dû en entendre des confessions et qui a dû en calmer des fureurs et des scrupules, pour faire régner la paix dans le consensus de sa douce et non moins impérieuse charité. Et le voilà maintenant président ; grand pontife, en quelque sorte, pape à sa manière avec cet art si chanoines que d’enrober sa vision d’une morale faite tout exprès et qui se donne des allures de bon sens.

PAS DE PROBLÈME !

Revenu d’Algérie, sûr de lui, il discourt encore et toujours. Il apaise. Avec moi, il n’y a pas de problème, affirme-t-il. Certes, il y en a eu, mais il n’y en a plus. Il faut le croire. Même sa concubine se met à jouer la grande dame. Qu’a-t-il à changer à sa façon et à ses postures ? Il a raison ; il a toujours eu raison ; il a pour profession d’avoir raison. Ses choix personnels sont toujours les bons. D’ailleurs, la fin d’année lui sourit. Il a su dire et prédire, il y a six mois, que la zone euro se portait bien, qu’il suffisait de réduire les écarts de compétitivité et que c’était d’abord aux Allemands à y mettre du leur, en s’adaptant aux nécessités françaises, italiennes, espagnoles, grecques, sinon leur attitude relèverait d’un vilain égoïsme.

Il a employé ce mot et cela le justifie, car c’est un juste. Angela Merkel sans doute a rechigné, même encore dernièrement, mais finalement elle entre peu à peu dans les vues rédemptrices du prophète François qui annonce le bonheur parfait pour demain par l’égalité enfin réalisée et, en attendant, par la péréquation fraternelle. François le juste est bien décidé à aboutir et à aller jusqu’au bout de ses exigences : l’Allemand devra bien finir par accepter les fameux « eurobonds » en pénitence d’une réussite industrielle et agroalimentaire qui par son insolence nuit aux autres et offense outrageusement la France. Ah, mais !

LA LOI DU BONHEUR

Tout ne concourt-il pas à la réussite de ses conceptions et à la réalisation de ses pronostics ? Voyez l’accalmie des marchés financiers, la confiance des investisseurs, la satisfaction des agences de notation, la remontée des bourses, l’abaissement des taux d’emprunt, même pour les pays les plus endettés et jusqu’à devenir négatifs pour la France qui, du coup, voit le coût de sa dette baisser... Ne sont-ce pas des signes patents du miracle qui s’opère ?

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