Restaurer l’Etat.

Samedi 14 avril 2012 // La France

Drapeau de FranceLa guerre est là. À ceux qui s’aveuglaient, elle a donné un nom et un visage : celui de Mohammed Merah, Français d’origine algérienne, délinquant multi récidiviste endoctriné dans les prisons françaises. L’attaque était-elle prévisible ? Mais n’importe quel déraciné fanatisé par des slogans simplistes peut se croire chargé de l’exécuter.

L’islamisme existe. Il existe en France où il se nourrit de ressentiments et de rêves de conquêtes. Il existe dans les banlieues, dans les mosquées où des imams propagent la haine de la France et de l’Occident et où ils prônent leur conception de leur islam : un mode de vie, une législation, une idéologie globalisante incompatible avec les moeurs et les coutumes du pays qui l’accueille. Quelqu’un aura-t-il un jour le courage politique de mesurer la nature du problème et d’en tirer toutes les conséquences ? Mais il faudrait que l’État réinvestisse les zones de non-droit où il prospère. Il faudrait surtout que la France, son histoire et sa religion de toujours, soit respectée dans les écoles, dans les médias, au sein des communautés religieuses qui vivent sur son sol... Qu’enfin elle soit délivrée de la démagogie des politiciens et des faiseurs d’opinion !

La laïcité, les « valeurs de la République », « la fraternité entre communautés » invoqués pour solde de tout compte ne sont que des mots, des mots vides que l’on oppose à du Néant. Qui peut croire que cela suffirait à éviter que des soldats français soient pris pour cible ou que des enfants meurent sur le chemin de leur école ? Depuis trop longtemps, l’État se laisse dicter ses exigences par une petite oligarchie médiatique et politique qui refuse la France mais prétend en vivre.

Et que nous disait-elle à peine l’horreur connue ? Que cette affaire ne pouvait être que le fruit de « la libération de la parole raciste » ! Que la folie meurtrière de l’assassin était due au « climat d’extrême droite » entretenu par les « pyromanes de l’identité nationale » ! Pauvre Bernard-Henri Lévy, pauvre Mélenchon et pauvre François Bayrou... Le tueur d’enfants ne correspond pas au portrait-robot qu’ils avaient dessiné.

Les mêmes nous exhortent aujourd’hui à ne surtout pas stigmatiser quelque « communauté » que ce soit. « Pas d’amalgames », intiment les champions de l’amalgame ! Mais en niant depuis des années toute légitimité aux esprits lucides qui nous alertent sur les dangers de l’islamisme et sur ses liens avec l’immigration et la délinquance, ce sont ces grands prêtres de la religion du « vivre-ensemble » qui « stigmatisent » les français musulmans : eux ne demandent qu’à pratiquer pacifiquement leur religion. En niant la réalité, en criant à la « dérive sécuritaire » dès qu’il s’agit pour l’État de faire respecter ses droits, ce sont ces associations subventionnées et ces politiciens sans vergogne qui entretiennent la confusion et défigurent l’image de la puissance publique.

La rapidité avec laquelle l’assassin a été mis hors d’état de nuire dessine pourtant les contours d’une action gouvernementale efficace qui ne peut s’épanouir que dans les conditions qui ont été mises en oeuvre lors de l’affaire Merah. La fermeté et la discrétion en sont les données fondamentales. Elles consacrent l’autorité de l’État.

Hélas, en France, il manque à l’État la durée et, donc, l’indépendance ; déjà, cette autorité est remise en cause par les commentaires de tous bords. C’est que la campagne présidentielle ne souffre pas l’unité nationale, même dans des circonstances dramatiques. La passion pour le pouvoir qui en est le ressort essentiel dénature tout : l’affaire Merah n’est plus qu’un enjeu électoral. La seule chose qui importe maintenant est de savoir à quel candidat elle profitera. La guerre sera-t-elle sans fin ?

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