Résidence de Zuma.

La justice examinera le rapport de la médiatrice.

Mercredi 25 juin 2014 // L’Afrique

Le gouvernement sud-africain a annoncé, jeudi 15 mai, qu’il allait saisir la justice, pour examiner le rapport de la médiatrice de la République, sur les travaux effectués, aux frais du contribuable, par le président, Jacob Zuma, dans sa résidence privée.

La médiatrice, Thuli Madonsela, chargée de veiller au bon usage des deniers publics, a jugé, en mars, que le président avait, illégalement, profité du chantier, dénonçant la construction d’une piscine, d’un amphithéâtre, d’un enclos à bétail et d’un poulailler, qui n’avaient aucun rapport avec les raisons de sécurité, officiellement, avancées pour justifier les travaux.

« Nous ne traînons pas la médiatrice au tribunal. Nous voulons un examen judiciaire de son rapport, probablement, par le tribunal de Pretoria », a précisé la porte-parole du gouvernement Phumia Williams. Le gouvernement a trouvé le rapport « irrationnel, contradictoire et entaché d’erreurs juridiques ».

Jacob Zuma a dit, à plusieurs reprises, que les travaux, dans sa maison de Nkandla (Est), lui avaient été imposés, pour des raisons de sécurité et que, n’ayant pas suivi le chantier, il ne pouvait être tenu responsable ni de la nature des aménagements, ni de la dérive des coûts. Le 5 mai, deux jours avant les élections législatives sud-africaines, il avait, aussi, évoqué, à la surprise générale, le viol de l’une de ses épouses, il y a plusieurs années, pour justifier les travaux. Interrogé sur les dépenses somptuaires de 16 millions d’euros, il avait, alors, lancé « Pourquoi devrais-je être poursuivi si quelqu’un a gonflé des factures ? ».

Sommé de répondre après le rapport de la médiatrice, Jacob Zuma a dit vouloir attendre un autre audit, qui doit être réalisé par une commission qu’il a nommée. Le parlement a lui, aussi, mis, sur pied, un comité, composé, majoritairement, de députés ANC (le parti au pouvoir), qui a fait valoir qu’il n’aurait pas le temps d’étudier l’affaire avant les élections.

Ben Turok, un vétéran de la lutte contre l’apartheid qui était député ANC dans la législature sortante, a déclaré, mercredi 14 mai que Jacob Zuma était, tout à fait, au courant des travaux.

« Nkandla est bien sûr un problème pour I’ANC. Il y a un grand malaise... C’était la
pagaille », a-t-il dit à des journalistes. Bien qu’en légère baisse, I’ANC a, largement, gagné les élections sud-africaines, du 7 mai, avec 62,15% des voix, et le président Zuma a été, à nouveau, désigné chef de I’Etat par les députés le 21 mai.

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