Rejeter Depardieu ou l’imiter ?

Dimanche 6 janvier 2013 // La France


www.innovation-democratique.org

On peut penser ce que l’on veut de Gérard Depardieu ; de ses outrances et de ses approximations. L’acteur fascine comme il énerve, l’homme émeut comme il lasse. Ses incartades de parole comme de conduite automobile ne plaident pas en sa faveur et il lui restera toujours difficile de se faire passer pour un Français moyen. Mais, au-de là de l’image de l’acteur dans laquelle aimerait plus ou moins se retrouver tout citoyen, il y a quelqu’un qui estime n’avoir pas grand-chose à se reprocher dans ses rapports avec l’Etat.

Voilà pourquoi il n’a pas hésité à s’adresser au chef du gouvernement qui avait voulu le rabaisser : « Qui êtes-vous pour me juger ainsi, je vous le demande, M. Ayrault, Premier ministre de M. Hollande, je vous le demande, qui êtes-vous ? » Et d’affirmer : « Vous considère que le succès, la création, le talent, en fait la différence, doivent être sanctionnés. Je ne demande pas à être approuvé, je pourrais au moins être respecté ». Il enfonce enfin le clou, après avoir annoncé qu’il rendait son passeport : « Je n’ai jamais tué personne, je ne pense pas avoir démérité, j’ai payé 145 millions d’euros d’impôts en quarante-cinq ans, j’ai payé, en 2012, 85% d’impôts sur mes revenus et je fais travailler 80 personnes. Je ne suis ni à plaindre ni à vanter, mais je refuse le mot "minable" ».

A la suite non seulement de Jean-Marc Ayrault, mais aussi de François Hollande - descendu dans l’arène jusqu’à proposer une assez improbable renégociation des conventions fiscales avec la Belgique, divers ministres et responsables socialistes se sont mis à parler d’éthique ». A peu, près au même moment, le Premier ministre a annoncé une dizaine de mesures pour « lutter contre la pauvreté », qui risquent malheureusement d’aller dans le sens habituel : multiplier les aides, créer de nouveaux emplois artificiels, développer l’assistanat et la dépendance et, bien sûr, s’en prendre aux « riches ». Du coup à ces derniers on demande du « patriotisme », mot que se réapproprient des socialistes qui n’en connaissaient plus guère l’usage ; tout cela pour éviter ce que constatent tous les notaires et conseillers fiscaux, à savoir que, en poussant hors de France ceux qui ont de l’argent, on perd des emplois et on fabrique des pauvres.

Il vaudrait certes mieux encourager la création et le développement des entreprises que développer l’aide sociale, car taxation et chasse aux riches se révèlent toujours contre-productives. En réalité, la France a plus que jamais besoin de riches comme Gérard Depardieu ou Bernard Arnault afin de créer et maintenir les emplois, qui contre carreront efficacement la pauvreté. Il serait temps que, à l’inverse de ce que prévoit le prochain budget de la nation, au lieu de raboter à nouveau, revenus et retraites, on n’appauvrisse pas encore les contribuables. Puisqùe l’abaissement des riches entraîne aussi l’abaissement des plus modestes, il serait temps d’inverser le système.

Répondre à cet article