Recomposition : Quel avenir pour les droites ?

Lundi 27 août 2012 // La France

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Drapeau de FranceAprès ses échecs électoraux, la droite cherche à définir son avenir. Mais tous ne regardent pas dans la même direction...

Après l’échec de Nicolas Sarkozy et leur défaite aux législatives, les droites s’interrogent sur leur avenir et leurs valeurs. Dès le lendemain des législatives, François Fillon affirmait qu’il n’y avait plus de leader naturel à l’UMP. Jean-François Copé, faisant la part du feu, annonçait la rénovation des valeurs et la mise en place de courants (libéraux, droite sociale, droite populaire...) dans la perspective du congrès prévu en novembre.

Dans la bataille des chefs, le patron de l’UMP a remporté la première manche avec l’élection, au premier tour, de Christian Jacob comme président du groupe à l’Assemblée. Contrôler le groupe UMP est un enjeu de pouvoir qui va au-delà du cadre parlementaire. Mais nombreux sont ceux qui réclament un droit d’inventaire. Roseline Bachelot déclare : « on a perdu les municipales, les conseils généraux, les régions, la présidentielle, le Sénat, les législatives. On ne va pas dire qu’il y a un hasard à tout cela. » Alain Juppé prend ses distances avec le ni Front National, ni front républicain ; François Baroin regrette, chez certains candidats, l’évocation de valeurs communes avec le FN ; Jean-Pierre Raffarin attribue l’échec aux législatives à la stratégie de Grenoble (la dérive droitière de l’UMP) ; quant à Nathalie KosciuskoMorizet, elle a accusé Patrick Buisson, le conseiller de Nicolas Sarkozy, d’avoir voulu « faire gagner Charles Maurras »

En attendant, les centres tentent précipitamment de retrouver une autonomie pour avoir vu nombre de leurs électeurs fuir à gauche. L’hypothèque Bayrou levée après son retentissant échec, les députés du Parti radical valoisien, du Nouveau Centre, de l’Alliance centriste de Jean Arthuis et les rescapés du MoDem se retrouvent derrière Jean-Louis Borloo pour créer l’Union des démocrates indépendants. Toute ressemblance avec l’UDF n’est pas fortuite... Ce rassemblement des centres, ne survivra que par des accords avec la droite. « On aura des convergences avec nos amis de l’UMP », a déjà prévenu Borloo, pour qui « c’est le début de la reconstruction à marche forcée d’un centre droit indispensable à notre camp ».

À droite, le scénario implosion/explosion/recomposition menace. C’est plus qu’une querelle de personne qui se profile : une querelle idéologique. D’autant que les élections ont mis en évidence une porosité de plus en plus grande entre une partie des électeurs UMP et ceux du FN ; et pas seulement dans le Sud-Est, mais aussi au sein d’un électorat populaire des zones péri-urbaines. Une majorité de sympathisants de l’UMP souhaite des accords locaux avec le FN. Si la tête de l’UMP n’est pas encore dans une logique d’accords avec le FN, la droite va être prisonnière de son propre électorat. Nombre de députés de la Droite populaire, qui pensaient faire reculer le FN
en lui empruntant une partie de son discours, ont mordu la poussière. Le rapprochement idéologique s’opère par le double mouvement d’un FN qui sort de son ghetto et d’une UMP radicalisée. Le sarkozysme a déplacé le centre de gravité de la droite.

La défaite de la droite n’est pas qu’électorale. Elle est aussi intellectuelle. Rien ne distingue François Fillon de Jean-François Copé sur le plan programmatique. Ce dernier - veut faire de l’UMP une force de proposition « contre l’assistanat, le laxisme, le communautarisme et le délitement du lien franco-allemand ». Bruno Le Maire, ci-devant ministre de l’Agriculture, chargé du projet présidentiel, déclare dans un entretien à Libération (20/6/2012) : « soyons la famille politique qui porte le projet des Etats-Unis d’Europe. Je propose que nous ayons un ministre des Finances de la zone euro... » Ce ne sont pas des vieilles lunes comme celle-là qui feront de l’UMP une force de proposition cohérente et crédible.

À droite, si l’on excepte Nicolas Dupont-Aignan qui a quitté I’UMP depuis longtemps pour faire entendre sa différence, la contestation du libéralisme économique et de la monnaie unique demeure malheureusement le monopole, purement verbal, du FN. Les forces centrifuges sont à l’oeuvre. Si l’on voit bien quelles sont les valeurs de la Droite populaire, on peine à discerner celles d’une droite républicaine qui se voudrait plus sociale.

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