Rassemblement français.

Mardi 8 avril 2014 // La France


www.innovation-democratique.org
https://twitter.com/PVaurs

Au soir des élections municipales, la gauche a pris une magistrale déculottée. Il est inadmissible de faire porter la déroute des socialistes sur le Premier ministre ; Le responsable du désastre de la majorité est l’incapable François Hollande. C’est Hollande qui doit partir rapidement.

On sait que la gauche a délaissé les questions sociales et économiques pour investir le
champ dit « sociétal » que l’actuel gouvernement laboure avec une frénésie certaine depuis dix-huit mois. Mariage pour tous, IVG anonyme pour les mineures, loi Taubira remettant en cause la filiation biologique, autorisation de la recherche sur les embryons, intention de modifier la loi Leonetti sur la fin de vie, pourtant adoptée à l’unanimité en 2005...

Mais, tout à sa volonté de rééducation des masses, le pouvoir socialiste avance sur ce terrain-là comme un éléphant dans un jeu de quilles. Au risque de perdre des parties importantes d’électorats qu’il cible pourtant comme une priorité. Ainsi, alors que les musulmans s’étaient peu manifestés au moment des débats sur le « mariage pour tous », nombre d’entre eux se sont inquiétés à propos de la « théorie du genre » et de la possibilité d’amendements de la part du groupe socialiste à l’Assemblée nationale sur la procréation médicalement assistée (PMA) et la gestation pour autrui (GPA). Au-delà de la nouvelle démonstration de force de la Manif pour tous, certains y ont vu une des explications au soudain retrait de la loi sur « la Famille », ou plutôt sur « les familles », selon l’expression de madame Bertinotti, reportée sine die.

 La gauche craindrait de perdre le vote des musulmans qui lui est habituellement acquis. En mai 2012, près de 90% d’entre eux, selon les différents instituts de sondage, se sont tournés vers le candidat socialiste. Un véritable vote confessionnel, consacrant la stratégie prônée par Terra nova, le think tank le plus influent au sein de la gauche française : recentrer l’offre électorale du PS, des ouvriers vers les minorités. Et, notamment, vers les populations immigrées.

C’est cette stratégie qui est aujourd’hui remise en cause. Les banlieues bougent. De nombreux musulmans ont participé à la manifestation « Jour de colère ». Et la gauche découvre, effarée, que les populations d’origine immigrée n’entendent plus rester sagement dans la case qui leur a été assignée. Voilà le PS réduit à ses bobos !

La Manif pour tous a largement favorisé cette prise de conscience. Des personnalités ont émergé, tels Camel Bechikh, de fils de France ou Dalila Safouane, membre du collectif des Mères Veilleuses, agressée par un homme armé d’un couteau à Lille. Telle aussi Farida Belghoul. Cette ancienne figure de proue de la marche des beurs de 1984 n’a pas de mots assez durs pour critiquer l’idéologie « antiraciste » qui a enfermé toute une partie de la population musulmane dans une position de victime. Elle a lancé la campagne baptisée « journée de retrait de l’école » (JRE) qui a déjà perturbé une centaine d’établissements. Une fois par mois, les parents sont invités à retirer leurs enfants de l’école pour protester contre l’enseignement de la « théorie du genre », notamment au travers des « ABCD de l’égalité » qui seront expérimentés dans 10 académies, à la rentrée 2014. Et ce, malgré les dénégations mensongères du ministre de l’Éducation nationale et de la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Ben-Belkacem.

Qui l’eut cru ? Se dessine ainsi une alliance inédite entre des Français de confession musulmane et « la France des familles », à l’inspiration majoritairement chrétienne, si massivement mobilisée contre la loi Taubira. Le 19 février dernier, le mouvement de Farida Belghoul tenait une conférence de presse réunissant autour de la table, entre autres, Christine Boutin, Béatrice Bourges (du Printemps français), Alain Escada (président de Civitas), Jean-Pierre Dickès (président de l’Association catholique des infirmières et des médecins), Albert Ali (du Rassemblement des musulmans souverainistes), Ahmed Miktar (président du Conseil des imams de France). Ont été dénoncés les mensonges du pouvoir socialiste. Cela ne résoudra pas le problème d’un islamisme conquérant et destructeur dans nos banlieues dont seul l’État incapable et, d’une certaine manière, complice, est responsable, mais cette entente nationale et morale pourrait contribuer à instaurer un véritable dialogue entre communautés qui s’épanouirait sur des valeurs sociales communes. Une piste à explorer pour l’avenir. Il conviendrait alors de sortir, une fois pour toutes, d’un système qui ne favorise que la division et la haine.

Répondre à cet article