Quelle Education Nationale ?

Mardi 27 mars 2012 // La France

Drapeau de FranceLe tintamarre de la campagne présidentielle a fait passer l’événement au second plan. C’est pourtant un rapport somme toute accablant que vient de présenter l’inspection Générale de l’Education Nationale sur la mise en oeuvre de la réforme du lycée voulue par Luc Chatel, ministre de l’Education nationale. Nul ne sort indemne de ce document, pas même le gouvernement dont la responsabilité (c’est la limite de l’exercice) n’est esquissée qu’en creux.

Au départ, il y a donc cette réforme des lycées qui vise à assouplir le parcours des élèves et institue un accompagnement personnalisé pour les élèves en difficulté. Les intentions sont louables, et, sur le papier, la réforme se défend parfaitement. Son grand mérite est de ne pas faire la part belle à l’idéologie, qu’elle soit égalitariste ou libérale et de vouloir favoriser une meilleure implication non seulement des enseignants, mais aussi de l’ensemble du corps de l’Education nationale.

Mais la mayonnaise n’a pas pris. Nombre d’enseignants et de membres du corps éducatif (conseillers d’orientation, chefs d’établissement) se sont retrouvés désorientés par les nouvelles exigences et les nouveaux objectifs du texte qui remettent en cause une bonne part de leur culture professionnelle. L’information passe mal et les personnels ne sont pas toujours préparés. Même les élèves se montrent critiques à l’égard de l’accompagnement personnalisé tel qu’il est mis en pratique par leurs professeurs, lesquels leur paraissent visiblement désorientés. L’information qui aurait dû venir du ministère s’est à l’évidence montrée insuffisante.

Voici donc une réforme menacée d’ensablement, une de plus. Il semble que notre Éducation nationale soit victime d’une implacable malédiction qui provoque l’échec systématique de toute réforme. Accuser les enseignants ne sert à rien. C’est de surcroît injuste : le métier de professeur est l’un des plus épuisants qui soient, au physique comme au mental. A cela s’ajoute la pression de l’actualité avec les suppressions de postes annoncées par le gouvernement.

Notre pays dispose d’enseignants de qualité. Il lui reste à réinventer une administration à la mesure de ces enseignants. Là est le défi pour celui qui occupera l’Elysée en mai prochain.

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