Que d’eau, que d’eau !

Samedi 24 mars 2012 // Le Monde

Drapeau de FranceLe 6ème Forum mondial de l’eau se tiendra à Marseille du 12 au 17 mars prochains : 25.000 personnes sont attendues pour l’événement. Il est organisé conjointement par le Conseil mondial de l’eau, la France et la ville de Marseille. Il s’agit de la plus grande manifestation internationale dans le domaine de l’eau, qui réunit tous les 3 ans, depuis 1997, plus de 10.000 participants (gouvernements, collectivités territoriales, secteur privé et acteurs de la société civile) issus de tous les pays de la planète.

Pour succéder à Istanbul, organisatrice du 5e Forum mondial de l’eau en 2009, la France était en concurrence avec l’Afrique du Sud qui présentait la candidature de Durban. Le choix de Marseille constitue une belle reconnaissance pour la culture de l’eau qui habite la cité phocéenne, véritable capitale mondiale de l’eau depuis qu’elle a accueilli le Conseil mondial de l’eau en 1996. Lorsque la France et la Ville de. Marseille ont soumis aux gouverneurs du Conseil mondial de l’eau leur candidature pour organiser cet événement elles ont clairement exposé leur ambition de marquer une étape en faisant de ce forum celui des solutions, fondé sur l’ouverture et les engagements.

Il faut savoir que plus de huit millions d’êtres humains meurent aujourd’hui des suites de maladies liées à l’eau, que près d’un milliard de personnes n’ont pas accès à l’eau potable et que et plus de 2,4 milliards ne disposent pas d’une eau saine. L’objectif de ce Forum est de mettre en place au niveau mondial un processus participatif, du type du « Grenelle de l’environnement », qui devra faire émerger des solutions aux questions liées à l’eau et des engagements pour les mettre en oeuvre. Parmi les thèmes majeurs identifiés dans le cadre de la préparation du Forum, deux sujets se dégagent : accélérer l’accès à l’eau potable et à l’assainissement pour tous : il conviendra de donner la priorité au droit d’accès et à sa mise en oeuvre, à la réduction des risques sanitaires, à la gouvernante et au rôle des autorités locales ainsi qu’au développement des financements innovants ; protéger et partager les ressources en eau : l’accent sera mis sur la protection de la ressource et de la bio diversité dans le cadre du changement climatique et de l’urbanisation croissante, le partage de la ressource entre les usages, la sécurité alimentaire, la sécurité énergétique et la coopération transfrontalière.

La France porte donc l’ambition de faire du 6e Forum mondial de l’eau « le temps des solutions », ainsi qu’une étape décisive dans la préparation de la conférence des Nations-Unies sur le développement durable « Rio+20 » qui marquera, en juin prochain, le 20° anniversaire du Sommet de la Terre de 1992. L’eau doit être, en effet, au coeur de tous les thèmes de « Rio+20 » : pour l’économie verte dans un contexte de développement durable et d’éradication de la pauvreté, sur le cadre institutionnel du développement durable et dans la discussion en cours sur des objectifs de développement durable.

L’engagement de la France peut légitimement s’appuyer sur une politique forte et une expertise reconnue dans le domaine de l’eau au niveau national et sur un soutien déterminé à la mise en oeuvre du droit à l’eau et à l’assainissement pour tous et à la coopération sur les eaux partagées au niveau international. La France s’engage ainsi à porter l’ensemble des solutions et des engagements qui seront pris par les différentes parties prenantes lors du Forum à la conférence de Rio+20, qui fera un bilan des résultats atteints en ce qui concerne les Objectifs du Millénaire.

Belle perspective qui risque hélas d’être peu visible et peu audible dans cette période électorale où les yeux et les oreilles seront ailleurs.

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