L’éditorial Par Yves de Kerdrel

Quand Valls veut changer le peuple.

Mardi 24 septembre 2013 // La France

L’acquisition de la nationalité n’est pas un sésame offert â n’importe qui. Vouloir naturaliser des étrangers qui ne veulent pas s’intégrer est un non-sens.

Tous ceux qui avaient mis leurs espoirs dans Manuel Valls doivent aujourd’hui "tomber de l’échelle". Le ministre de l’Intérieur, qui se laisse comparer à Nicolas Sarkozy et à Georges Clemenceau, n’a décidément rien de commun avec ces deux hommes d’État. Il multiplie les effets de manches, se précipite à Marseille dès qu’il y a un meurtre et aime à se faire passer, au sein de ses propres amis socialistes, pour un dur, un intransigeant et un coriace. Mais il y a loin de la coupe aux lèvres. Et celui qui a fait semblant de s’opposer au projet de réforme pénale de Christiane Taubira n’a pas mis deux jours à obéir aux admonestations du président de la République. Celui qui a évoqué en séminaire gouvernemental, il y a une quinzaine de jours, la question du regroupement familial ne cesse de faire marche arrière. Pire que cela, pour se rapprocher de ses amis ex-soixante-huitards et verts, il vient d’annoncer une série de décrets visant à rouvrir toutes grandes les portes de la naturalisation.

Cela n’est pas vraiment aiment une surprise, dans la mesure où, sans le dire, les socialistes ont déjà fait en sorte que les acquisitions de la nationalité française augmentent de 14 % en un an, après la forte baisse des années Sarkozy. Tout cela va notamment passer par une "mise au pas" des préfets, qui seront incités à utiliser les mêmes critères face aux demandes de ceux qui souhaitent devenir français. Mais aussi par un assouplissement stupide des méthodes utilisées. Par exemple le questionnaire de culture générale a été supprimé. Quant au si précieux test de langue française, il ne sera plus éliminatoire pour les personnes de plus de 60 ans. Bref, là où Nicolas Sarkozy avait fait en sorte que le fait de devenir français ne soit pas qu’un droit mais aussi un ensemble de devoirs, la culture de l’angélisme propre à cette gauche laxiste et inconsciente va encore frapper.

Il n’est pas question de fermer la porte aux naturalisations. L’identité française, comme l’a brillamment montré Fernand Braudel, s’est construite en partie par des flux migratoires venus de Pologne, d’Italie ou d’Espagne. Le problème, c’est que ces étrangers qui venaient en France il y a quelques décennies arrivaient avec leur force de travail, leur intelligence et leur culture judéo-chrétienne. Aujourd’hui, ils arrivent avec leurs demandes d’allocations, leurs moeurs (dont on s’aperçoit chaque jour, avec le port du voile, qu’elles ne sont pas solubles dans la République) et surtout aucune gratitude pour le pays qui les accueille. Savez-vous qu’en 2010, s’agissant des femmes, les cinq premières nationalités à acquérir la nationalité française étaient : marocaine (13 807), algérienne (7 280), tunisienne (4 286), turque (2 961) et russe (2 666).

L’acquisition de la nationalité française n’est pas un sésame offert à tous et n’importe qui. Est-ce un hasard si la loi prévoit depuis des décennies que toute naturalisation est publiée au journal officiel de la République française ? C’est la raison pour laquelle le précédent gouvernement avait fait en sorte que ces acquisitions de nationalité soient strictement réservées à ceux qui ont un travail, un domicile et qui parlent français. Voilà tout +pela balayé d’un revers de la main par un ministre de l’Intérieur que plus personne ne peut prendre au sérieux lorsqu’il parle autorité, sécurité et fermeté et qui se couche comme un caniche devant l’insupportable culture de l’excuse qui imprègne le projet de loi Taubira.

Une fois encore, ces mesures, que les socialistes prennent pour constituer un écran de fumée à leur échec en matière économique, fiscale ou sociale, vont gonfler une exaspération de ceux qui sont français par leur travail, par leur mérite, par le sang versé et parle sang reçu. Une fois encore, ce gouvernement sème les graines d’une révolte civile à venir contre cet affaiblissement de l’État, cette perte de l’autorité et cette disparition des repères. Mais derrière ces décrets de Manuel Valls, il y a bien pire encore. il y a, chez l’ensemble des socialistes, et notamment chez François Hollande qui s’était engagé à donner le droit de vote aux étrangers, la volonté de contourner le Parlement et la Constitution afin que de plus en plus de non-Français puissent voter. Renvoi d’ascenseur grossier lorsqu’on sait qu’en mai 2012, 86 % des musulmans de France ont voté pour l’actuel chef de l’État. Non seulement ces naturalisations massives vont créer un immense appel d’air à destination de peuples qui ne nous apprécient que pour notre système social. Mais en plus, elles visent à modifier la typologie de la carte électorale. Comme disait le dramaturge Bertolt Brecht, qui a fui le nazisme avant de se retrouver sous le joug est-allemand après-guerre : « Puisque le peuple vote contre le gouvernement, il faut dissoudre le peuple. » Voilà qui sera bientôt fait.

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