QUI A PEUR DE JEAN-LUC MELENCHON ?

Lundi 23 avril 2012 // La France

Drapeau de FranceAux yeux de la plupart des commentateurs, l’ascension de Jean-Luc Mélenchon est la grande surprise de ce premier tour de la présidentielle, ou plutôt des sondages Pour la première fois depuis bien longtemps, c’est un candidat situé à la gauche du Parti socialiste qui semble faire figure de troisième homme. Les plus surpris demeurent cependant les commentateurs étrangers qui découvrent avec stupeur qu’il
existe encore en France un courant communisant capable de rassembler plus de 15% des électeurs.

Il est vrai que le courant porté par Mélenchon constitue une spécificité bien française. Avec les débris d’un PCF et d’anciens socialistes qui n’ont toujours pas digéré le tournant de la rigueur en 1983, Jean-Luc Mélenchon a élaboré un cocktail idéologique à base de jacobinisme pur et dur. Le recours à des symboles comme la Bastille, les incantations telles que « l’insurrection citoyenne est un devoir sacré de la République » (référence à la Constitution révolutionnaire de 1793) l’illustrent surabondamment.

Son programme ne peut que séduire une frange de l’électorat populaire qui souffre et qui cherche dans la gauche autre chose que l’euthanasie ou le mariage des homosexuels.

La dynamique qui porte le candidat du Front de gauche n’est pas une bonne nouvelle pour François Hollande. Contraint par Mélenchon de gauchir son discours et ses promesses, il laisse à Nicolas Sarkozy de nouveaux espaces : celui du réalisme économique, mais aussi celui, que l’on croyait enterré, de la « peur du rouge », qui a si bien fonctionné du temps ou le Parti communiste flirtait avec les 20%. Les classes moyennes craignaient moins les chars soviétiques que le matraquage de l’épargne et la dictature des « partageux ». D’une certaine manière ce Parti communiste épouvantail aidait la droite à rester au pouvoir.

Dans cette optique, Mélenchon sera peut-être pour Sarkozy ce que Le Pen a été naguère pour Mitterrand : son meilleur allié.

Répondre à cet article