Présidentielle : L’Europe au menu.

Mardi 27 mars 2012 // L’Europe

Drapeau de FranceDes sondages donnent Nicolas Sarkozy à 27% au premier tour, à un ou deux points de François Hollande. C’est un progrès pour lui. Mais il est impossible de savoir si cette hausse est l’effet d’un discours réussi ou le résultat des corrections approximatives des enquêteurs.

D’où maintes hésitations chez les stratèges de la droite, qui sont aggravées par un phénomène qu’ils ne maîtrisent pas : le candidat socialiste se comporte en vainqueur et prend très peu de risques, ce qui fait dire à ses adversaires qu’il fuit le combat. Face à un édredon, les coups sont nécessairement mal ajustés et les propositions développées en février référendum sur le droit des chômeurs, baisse de l’immigration n’ont pas suffisamment marqué les esprits.

La grande réunion de Villepinte, le 11 mars, véritable démonstration de force où les responsables de l’UMP on revendiqué jusqu’à 80.000 participants, a eu pour objectif de relancer la campagne et de la concentrer sur un thème qui était depuis longtemps préparé : après le défenseur des valeurs et de l’identité nationale, voici le Président qui protège.

Cette volonté de protéger porte sur l’immigration incontrôlée et, pour la première fois, le Président a mis en cause les accords de Schengen qui ont institué un même visa pour un groupe de pays membres de l’Union européenne. Si « les accords de Schengen ne permettent plus de répondre à la gravité de la situation, ils doivent être révisés. On ne peut pas laisser la gestion des flux migratoires aux seules mains des technocrates et des tribunaux. [...] Si je devais constater que dans les douze mois qui viennent il n’y avait aucun progrès sérieux [...] alors la France suspendrait sa participation aux accords de Schengen jusqu’à ce que les négociations aient abouti ».

Cet avertissement musclé se double d’un projet de protection économique de l’Union européenne. Certes, le protectionnisme est rejeté, mais Nicolas Sarkozy dénonce le libre-échange intégral et se pose en protecteur du modèle social français et de l’économie avec le raisonnement suivant : « Pourquoi est-ce que ce que les Etats-Unis s’autorisent, l’Europe devrait se l’interdire ? La France demandera que l’Europe se dote d’un Buy European Act, à l’image du Buy American Act. Ainsi l’Europe soutiendra les entreprises qui ont décidé de fabriquer et de produire en Europe ». Ce n’est pas seulement l’électorat de Marine Le Pen qui est visé, mais celui du gaulliste Nicolas Dupont-Aignan et surtout celui du socialiste Arnaud Montebourg qui fait ouvertement campagne pour un protectionnisme européen alors que François Hollande est resté libre-échangiste. A l’opposé du Front national, Nicolas Sarkozy se félicite d’avoir sauvé l’euro et résolu la crise financière grecque et il a réaffirmé sa volonté de réconcilier la France du oui et la France du non au référendum de 2005

Après avoir redit son hostilité aux communautarismes et aux corporatismes, le président a voulu se montrer fidèle à l’esprit de la Ve République : « Elu de toute la nation, placé par le suffrage universel au-dessus des partis, le président de la République doit s’interdire tout esprit de partisan, tout esprit de clan, tout sectarisme ».

S’esquisse le thème du rassemblement, qui devrait être développé en fin de campagne.

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