Pour sa messe inaugurale le Pap prône « tendresse « et « humilité »

Lundi 22 avril 2013 // La Religion

Le premier pape du Nouveau monde a appelé mardi 19 mars, à protéger « toute créature de Dieu » et à faire preuve de « tendresse », lors de la messe inaugurant son arrivée à la tête d’une église confrontée à de multiples défis. Devant une trentaine de chefs d’Etat et 150.000 à 200.000 fidèles, rassemblés sous un beau soleil, le pape François a qualifié son rôle d’humble et concret et appelé à lutter pour « le respect de la créature et de l’environnement ».

Le « vrai pouvoir » d’un pontife est de se mettre au « service » des autres, a dit le pape argentin, alors que le gouvernement de l’Eglise, mis en cause dans divers scandales, a été très critiqué pendant le conclave. Avec plus d’un milliard de fidèles, l’église catholique doit affronter une série de problèmes : opacité et intrigues dans la Curie romaine, chute des vocations religieuses, demande de réformes sur les questions de moeurs (célibat des prêtres, unions homosexuelles), scandale des prêtres pédophiles, persécution des chrétiens et menaces islamistes...

Lors de son homélie inspirée par Saint-François d’Assise dont il a choisi le prénom, le pape a appelé à « ouvrir l’horizon de l’espérance » et à « accueillir l’humanité avec tendresse ». Dans un tweet diffusé aussitôt après la messe, sur son compte, il a lancé « Protégeons la création avec amour  ». Ce compte en neuf langues ouvert par son prédécesseur en décembre, est proche désormais des 4 millions de « followers ».

Le 266e pape a beaucoup insisté, dans ce discours, donnant les orientations de son pontificat, sur la proximité avec les pauvres, les plus faibles. L’ex-archevêque de Buenos Aires, Jorge Bergoglio, a fait du « Poverello » d’Assise, Saint-François, qui au Xllle siècle avait voulu rebâtir une église divisée comme aujourd’hui, et avait oeuvré pour la paix, à l’époque des Croisades.

Place Saint-Pierre, la cérémonie était solennelle et simple. La tenue du premier pape jésuite de l’histoire était plutôt austère : chasuble beige contrastant avec la tenue d’apparat des patriarches des églises orientales près de lui. Afin de rappeler les origines orientales de l’église, l’évangile a été chanté en grec.

Le pape s’est agenouillé dans la crypte devant la tombe de Saint-Pierre avant de recevoir les emblèmes de son pontificat : le pallium - une bande d’étoffe de laine - et l’anneau papal, choisi en argent doré et en or par souci d’humilité. Auparavant, le premier pape d’Amérique latine a été salué par sa compatriote, Cristina Kirchner, puis par ordre alphabétique protocolaire jusqu’au président zimbabwéen, Robert Mugabe. Il s’est entretenu, longuement, avec le chef de la diplomatie iranienne, Ah i Akbar Salehi, ou la chancelière allemande, Angela Merkel.

Le patriarche orthodoxe, Bartholomée 1er , qui avait des relations très amicales avec Benoît XVI a souligné le caractère inédit de sa présence puisque « même avant le schisme de 1054 (séparation entre les églises d’Orient et d’Occident), il n’y avait pas eu de patriarche de Constantinople à l’intronisation d’un Pape.

Agé de 76 ans, le Souverain Pontife dont l’élection avait créé la surprise, a effectué un tour de la majestueuse place Saint-Pierre en jeep blanche entièrement découverte. Debout et souriant, il a salué la foule qui l’acclamait, levant parfois le pouce en signe de connivence ou embrassant des bébés. Il est descendu à un moment pour caresser le visage d’un handicapé alité.

Successeur de Benoît XVI qui a démissionné le 28 février à près de 86 ans, en raison de « l’affaiblissement de ses forces », le pape François a imprimé sa marque en se montrant accessible. « Avec le pape François, nous aurons une église plus proche du peuple et du monde moderne », commente-t-on. Une banderole géante proclamait : « Va et répare ma maison », le message que François d’Assise avait dit avoir reçu de Dieu pour réformer l’église.

Un groupe d’Argentins brandissant une immense pancarte « San Lorenzo », l’équipe de football préférée en Argentine du pape François, tandis qu’une autre souhaitait « Shalom », « Paix » en hébreu. Quelques 132 délégations étrangères étaient présentes dont 31 chefs d’Etat. Tous l’ont salué après la messe en commençant par les représentants des autres confessions chrétiennes ; Elles ont rencontré le PAPE François mercredi 20 mars. Une importante délégation juive était présente à côté de petites représentations musulmane, bouddhiste et hindouiste.

Quant au pape émérite, Benoît XVI, retiré du monde, il a suivi la messe de son successeur... à la télévision depuis la résidence pontificale d’été de Castel Gandolfo, où le pape François lui a rendu visite samedi 23 mars.
Les deux pontifes, l’ancien et l’actuel, se téléphonent. Le nouveau pape a présenté ses voeux à Joseph Ratzinger pour sa fête en l’assurant de sa « gratitude »e pour sa mission.

Les demandes de béatification ou canonisation pleuvent déjà sur le pape François, qui pourrait faire du « bienheureux » Jean Paul II, un Saint, en octobre prochain. Autre processus auquel le cardinal Bergoglio avait donné son aval avant de devenir pape : la béatification de deux franciscains, l’Argentin Carlos Murias, et le père français, Gabriel Longueville, torturés puis abattus en juillet 1976 sous la dictature argentine.

AFRIQUE EDUCDTION au 30 avril 2013 - www.afriqueeducation.com

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