Politique : Trois victoires.

Samedi 5 janvier 2013 // La France

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Après les bonnes surprises un premier tour des élections partielles dans trois circonscriptions, l’UMP a été confortée par les résultats du second tour qui montrent que la logique électorale n’est pas celle des appareils partisans.

Peu de mois après les grandes victoires de la gauche, aux pires moments de l’affrontement entre Jean-François Copé et François Fillon, beaucoup d’observateurs annonçaient de nouvelles défaites pour I’UMP et des progrès pour le Front national dont on disait qu’il serait le principal bénéficiaire de la guerre des chefs de la droite parlementaire. Or, le 9 décembre, dans les Hauts-de-Seine, Patrick Devedjian avait obtenu 49,82% des voix et son adversaire de gauche seulement 32,52% des voix alors que ce dernier éliminait le candidat sortant en juin dernier. Dans l’Hérault, la candidate socialiste élue en juin avec 10 voix d’avance avait été largement devancée par le représentant de l’UMP, Elle Aboud, et la candidate du Front national, qui semblait avoir le vent en poupe, avait été éliminée du second tour. Dans le Val-de-Marne, c’est la candidate socialiste qui avait été éliminée, laissant le champ libre à deux rivaux de droite.

Au soir du second tour, le 16 décembre, la victoire de la droite a été nettement confirmée. Elie Aboud a été élu avec 61,91% des suffrages, contre 38,09% à la socialiste Dolorès Roqué. Et Patrick Devedjian conserve son siège avec 61,9% des voix, face à Julien Landried qui n’a pas réussi à mobiliser l’électorat de gauche. Dans le Val-de-Marne, c’est l’UMP dissident Sylvain Berrios qui a été élu. Ces résultats évoquent les quatre élections législatives partielles qui avaient été perdues par les candidats de la majorité présidentielle en janvier 1982 et qui avaient sonné comme un premier avertissement pour François Mitterrand et Pierre Mauroy. A cette époque, le gouvernement socialiste restait encore fidèle à son programme alors que, depuis juin 2012, les déconvenues des électeurs de gauche ont été très nombreuses.

 Le mouvement de bascule devrait être encore plus rapide et plus accentué que dans les années quatre-vingts. L’UMP aurait cependant tort de croire que sa reconquête sera mécanique. Malgré son échec à Béziers, la rivalité du Front national reste redoutable pour le principal parti de l’opposition. De plus, le conflit entre François Fillon et Jean-François Copé va demeurer ouvert jusqu’à ce que les deux candidats à la présidentielle de 2017 soient départagés par une primaire. Enfin et surtout, il existe au sein de l’UMP un débat de fond sur l’orientation politique du parti. Principal conseiller de Nicolas Sarkozy en matière de stratégie, Patrick Buisson a souligné ce dernier point le 11 décembre en déclarant qu’à l’UMP « la vraie fracture est entre la base et sa représentation parlementaire ». C’est là une vérité difficile à admettre pour les élus, tant copéistes que fillonistes, mais il est vrai que les motions présentées par la droite de I’UMP (La Droite, populaire et La Droite forte) ont recueilli 39% des suffrages mais seulement 15% des parrainages de parlementaires. A l’inverse, la motion présentée par Jean-Pierre Raffarin (France moderne et humanisme) n’a été soutenue que par 18% des adhérents alors que 39% des parlementaires l’avait parrainée.

Comme Jean-François Copé et François Fillon ont reçu des soutiens des différentes tendances, il n’est pas possible de les situer sur un axe droite-gauche à l’intérieur de l’UMP mais il faudra que tous deux se définissent par rapport. aux orientations d’une grande partie de la base militante. Cette division entre « I’UMP du bas et l’UMP du haut »,.. selon une autre formule de Patrick Buisson, ne fera probablement pas les affaires de la gauche, même si elle, dénonce une « droitisation » de I’UMP. Droitisé ou non, le principal parti d’opposition bénéficiera d’un vote de rejet d’autant plus massif que le gouvernement annonce lui-même une très mauvaise année 2013 dans le domaine économique et social.

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