Plans-reliefs La défense des frontières.

Mercredi 21 mars 2012, par Pierre CARINI // L’Europe

Drapeau de FranceDans la nef du Grand Palais, seize plans-reliefs spectaculaires illustrent, en trois dimensions, le souci constant de la défense de nos frontières.

En 1668, Louvois, ministre de la Guerre de Louis XIV, passe commande du plan-relief de Dunkerque. La collection s’agrandit au rythme des conquêtes du Roi-Soleil et des nécessités de la défense du territoire. Les ingénieurs réalisent les maquettes des places situées aux limites du royaume. 260 plans-reliefs seront construits entre 1668 et 1873. Une centaine de pièces a été préservée. Elles constituent une collection unique, classée monument historique en 1927. Seize d’entre elles, parmi les plus spectaculaires, ont été sorties du Musée des Plans-reliefs situé aux Invalides pour trouver un espace à leur mesure dans la nef du Grand Palais.

Par la qualité de leur exécution, les plans-reliefs devinrent des objets de prestige. Exposée à partir de 1700 au Louvre, dans la galerie du Bord de l’eau, la collection des plans-reliefs frôla la destruction au moment où fut créée la galerie de peintures. D’abord confectionnés dans les villes qu’ils représentaient, les plans-reliefs furent ensuite fabriqués dans un atelier spécialisé, créé au Louvre en 1756, puis transféré aux Invalides en même temps que les collections en 1777. Cet atelier employait : ingénieurs topographes, maquettistes, menuisiers, modeleurs.., qui travaillaient bois, papier, soie et métal.

Outre leur côté prestigieux, les plans-reliefs permettaient au roi et à son état-major de préparer des opérations défensives depuis Paris, de constater les faiblesses des fortifications du royaume, d’améliorer les ouvrages militaires et d’instruire les armées. On ne sera pas surpris que les places du nord et de l’est soient largement représentées. De Louis XI à Louis XIV, nos rois ont cherché à s’agrandir dans les Pays-Bas et vers le Rhin pour repousser une frontière trop vulnérable. En 1678, Vauban, commissaire général des fortifications de Louis XIV, établit une double ligne de vingt-six places et deux forts.

Même les Alpes ont fait l’objet d’une attention particulière : la Savoie et le comté de Nice ne sont français que depuis 1860 (Tende depuis 1947). La recherche de la frontière naturelle a donné lieu, à l’occasion du traité d’Utrecht (1713) à la cession de certains escartons en échange de la vallée de Barcelonnette : les forteresses d’Exilles et Fenestrelle dont on peut admirer les plans-reliefs sont aujourd’hui en territoire italien. Il faut aller voir cette exposition, présentée comme la première d’une Maison de l’histoire de France en gestation, pour comprendre à quel point nos souverains furent soucieux de défendre nos frontières.

L’exposition La France en relief au Grand Palais est maintenant terminée mais l’on peut retrouver les collections exposées au Musée des Plans-reliefs — Hôtel National des Invalides — 75007 Paris.
On peut également visiter son site http://www.museedes plansreliefs.culture.fr/

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