Particules fines

Par Sophie de Menthon.

Vendredi 25 avril 2014 // Divers

Jusqu’alors les particules étaient "élémentaires" pour les gens cultivés ou indissociables du patronyme de nos aristos.

C’était avant l’arrivée inopinée des "particules fines" qui ont changé notre rapport à la pollution ; certes, on savait que, certains jours, l’air était vicié, mais on faisait comme si de rien n’était ; impossible depuis ce que l’on nous décrit comme une terrible et nouvelle menace : les particules fines ont envahi l’air que nous respirons telle une armée invisible d’extraterrestres qui pénètrent nos poumons et même le sang. Il avait déjà peu de raisons d’être de bonne humeur en entendant les infos du matin, mais au moins la météo d’un joli printemps précoce nous réjouissait-elle à l’annonce d’n sympathique anticyclone des Açores. Terminé !

La particule fine nous guette quand il fait beau.

Heureusement, l’État est là pour nous protéger et donner des consignes. Ainsi faut-il, ces jours-là, prendre des vélos mis gratuitement à notre disposition à Paris, mais surtout ne pas faire de sport (cherchez l’erreur) ! Nous subissons, disent les écolos vigilants, un méfait de la détestable modernité qui ronge la planète. Ah ! le bon vieux temps ! Détrompez- vous, comme moi. Les scientifiques m’ont brutalement dessillé les yeux : la particule fine sévissait jadis sournoisement et, pis, je m’en réjouissais sans le savoir. Figurez-vous que des scientifiques ont analysé le pourquoi de la brume enchanteresse des tableaux de Turner, ce n’est rien d’autre que de la pollution ! Je vous avouerai que j’aurais préféré ne pas le savoir et rester dans une ignorance... artistique.

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