PRÉSIDENTIELLE TOGOLAISE

Lundi 27 juillet 2015 // L’Afrique

Le pari fou de la modernité avec Faure Gnassingbé.

C’est lundi, 4 mai 2015, que la Cour constitutionnelle, présidée par le magistrat, Aboudou Assouma, a reçu le serment du président réélu, Faure Essozimna Gnassingbé. La cérémonie, haut en couleurs, s’est déroulée, dans la salle des cérémonies de Lomé Il, en présence des candidats à l’élection présidentielle de 2015, des représentants des partis politiques, de la société civile, des principaux corps de l’État, du gouvernement sortant, du corps diplomatique et des Togolais et Togolaises dont beaucoup de militants et de sympathisants de l’UNIR (Union pour la République), le principal parti politique de la majorité présidentielle.

Cette cérémonie a été précédée, dimanche, 3 mai, en fin de matinée, par la proclamation officielle des résultats de l’élection présidentielle du samedi, 25 avril 2015, par la Cour constitutionnelle, dans ses locaux, devenus bien exigus pour la circonstance.

De la bouche du président de la Cour constitutionnelle, on apprendra que sur les 3.509.258 inscrits, on a enregistré 2.138.438 votants dont 58.813 bulletins nuls et 2.077.897 suffrages exprimés. Les résultats de chaque candidat se répartissent de la manière suivante : Faure Essozimna Gbassingbé (1.221.282 voix), soit, 58,77%, Jean Pierre Fabre (731.230 voix), soit, 35,19%, Tchabouré Gogué (83,768 voix), soit, 4,03%, Gerry Komandéga Taama (21.569 voix), soit, 1,03%, et, Tchassona Traoré (20.048 voix), soit, 0,90%.

Cette victoire du 3 mai, est le résultat d’un long processus. Un parcours dont les obstacles n’ont pas été insurmontables. Cela fait, exactement, dix ans que Faure Gnassingbé tisse sa toile, après avoir commencé son premier mandat, en avril 2005, dans des conditions, parfaitement, difficiles. Rien ne lui ayant été épargné, y compris, à l’intérieur de sa propre famille politique, c’est à la sueur de son front qu’il a gagné ses galons de maréchal. Désormais, c’est moins compliqué : il maîtrise les rouages de l’État et de son parti, l’UNIR (Union pour la République), ce qui lui a permis d’imprimer sa façon de faire que d’aucuns appellent la Méthode Faure. Celle-ci se résume en deux mots simples : discrétion et efficacité. Si seuls les tonneaux vides font, souvent, beaucoup de bruits, au Togo, à l’évidence, le pouvoir fait sienne, cette maxime, préférant surprendre par ses résultats, sans qu’ils ne soient forcément annoncés à grand renfort de publicité.

La galaxie humaine qui entoure le président de la République, est dans le même état d’esprit : même si le chef parle très peu, on sait ce qu’il veut et comment il le veut. En général, Faure aime quand ses collaborateurs prennent des initiatives. Mais, on ne lui force pas la main. Il aime qu’on soit, d’abord, convaincu avant de lui soumettre une idée. Cela permet de gagner non seulement du temps, c’est-à-dire, de l’argent, mais aussi, de se responsabiliser. Voilà pourquoi ceux qui lui sont proches, ne parlent jamais fort. Ni vite. Ils cultivent la même discrétion. A croire que Faure étudie, au préalable, minutieusement, chacun de ses collaborateurs et ministres, avant de leur confier des fonctions. Il doit ce méticuleux apprentissage à son illustre prédécesseur. Comme quoi, il a été à très bonne école.

Pour un pays qui ne dispose ni de pétrole, ni de gaz, comme ailleurs, mais, seulement, d’un port en eau profonde, que de réalisations significatives ! Circulez dans Lomé et sa banlieue, vous serez surpris de la façon dont cette ville, en quelques années, a été transformée, par de très belles routes à double sens, parfaitement, éclairées la nuit, qui vont, pour certaines, jusqu’à l’intérieur du pays. Preuve qu’on n’a pas, nécessairement, besoin du pétrole pour construire des infrastructures dignes de ce nom. Mais, il n’y a pas que les routes. Le Port autonome de Lomé (PAL), avec son tirant d’eau de 14 mètres de profondeur, bientôt, est le plus moderne de toute la Côte Ouest africaine. Seul le nouveau et (futur) Port en eau profonde de Kribi, au Cameroun, avec un tirant d’eau équivalent (14 mètres), rivalisera, peut-être, dès qu’il sera mis en fonction, avec le PAL. Reste à terminer la construction de l’aéroport Gnassingbé Eyadèma de Lomé, un des principaux hubs de la sous- région, malgré la rivalité d’autres places fortes comme Abidjan, Dakar, et Accra. Cela dit, la capitale togolaise a des atouts non négligeables, dans la mesure où elle abrite, déjà, le siège de la compagnie aérienne, Asky, créée par le Togolais, Gervais Koffi Djondo, fondateur (avec quelques autres) d’une autre multinationale prestigieuse, Ecobank, dont le siège se trouve, également, à Lomé. En huit années d’existence (vol inaugural : janvier 2010), seulement, Asky dont le partenaire technique est Ethiopian Airlines, réussit à desservir, avec efficacité, la quasi-totalité des capitales des pays de l’Afrique centrale et de l’Afrique de l’Ouest, avec comme ambition légitime, de remplacer, dans le coeur des Africains, la défunte multinationale, Air Afrique, qui faisait la fierté de tout un continent.

Bref, le Togo a, énormément, d’atouts, et compte de grands capitaines d’industries. Comme ces derniers, le président, Faure Essozimna Gnassingbé, gagne des batailles, sans crier fort sur les toits.

Nul doute que ce nouveau mandat l’aidera à améliorer, encore plus, les performances économiques et sociales, de son pays, dans le sens de la réduction de la pauvreté et du développement de l’emploi des jeunes. Une victoire acquise, disons-le, de manière transparente. Autrement dit, ceux qui contestent sa réélection, font, tout simplement, dans la désinformation. A moins que les contestataires veuillent faire croire que c’est eux qui ont raison, et que les très nombreux observateurs envoyés, sur place, scruter l’élection, par les Nations-Unies, l’Union africaine, l’organisation internationale de la francophonie, la CEDEAO, I’UEMOA, l’institut Gorée, sans oublier les 1.200 observateurs locaux financés par l’Union européenne, ont, tous, mal vu, en disant, en chœur, que l’élection présidentielle togolaise, tenue de façon apaisée, s’est déroulée de façon libre et transparente.

Ce dossier, dans son ensemble, essaie de montrer comment s’est déroulé le scrutin, et vous fait vivre, quelques grands moments de celui-ci, avec à la clé, une grande interview de l’heureux vainqueur, Faure Essozimna Gnassingbé.

De notre envoyé spécial au Toge, Jean Paul Tédga

AFRIQUEDUCATION fl 415 Du 16 au 31 mai 2015 - www.afriqueeducation.com

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