PME : l’avantage fiscal perdurera.

Lundi 30 avril 2012 // La France

Drapeau de FranceLa societé de capital-investissement Audacia, créée en 2006 par Charles Beigbeder, propose aux contribuables assujettis à l’ISF d’investir dans une palette étendue de PME. Son directeur général, Alexis Dyèvre, se montre optimiste quant à la pérennité des avantages fiscaux. Entretien.

Quel bilan tirez-vous de l’année 2011 ?

Les capitaux investis dans les PME ont continué d’augmenter, puisque Audacia a investi 60 millions d’euros dans une trentaine de PME. Au total, depuis quatre ans nous avons attiré 10 000 épargnants assujettis à l’ISF, pour le compte desquels nous avons investi pas loin de 200 millions d’euros dans une centaine, de PME en développement. Le montant minimal du placement est de 5 000 euros et en moyenne de 15 000 euros.

Audacia permet aux investisseurs d’être directement actionnaires des PME sélectionnées pour bénéficier de l’avantage fiscal maximal prévu par la loi Tepa, à savoir une déduction de l’ISF de 50 % du montant investi : le coût de revient d’un investissement de 100 est donc égal à 50. Nous proposons également aux investisseurs de transférer une partie de leur avantage fiscal vers les PME en procurant à celles-ci du capital "bon marché" rachetable à terme par les entrepreneurs. Audacia attire ainsi un nombre significatif d’entreprises souvent familiales, en croissance, qui ont toujours refusé d’ouvrir leur capital. L’objectif est de diversifier le risque et de protéger le capital investi : récupérer 100 à échéance offre une rentabilité très élevée à l’investisseur, qui double sa mise en cinq ans. Enfin, au-delà de la défiscalisation, détenir en direct des titres de PME en développement et rentables, c’est posséder un actif réel de grande qualité, et peu volatil puisque les titres des PME sélectionnées ne sont pas cotés.

Vous avez récemment acquis 7 % du fabricant de textile APC et pris une participation au capital de la chaîne Televista. A quelle logique répondent ces investissements ?

Nous n’avons aucun secteur de prédilection dans le choix de nos investissements. D’une façon générale, nous favorisons les entreprises dites défensives, qu’il s’agisse de l’agro-alimentaire, de la santé, des services-aux personnes âgées ou de l’industrie de niche puisque, qu’il y ait crise ou non, il faudra toujours se nourrir, s’habiller, s’occuper de ses parents ou de ses enfants.

Le dénominateur commun à tous nos investissements est la croissance de l’entreprise et la rentabilité. Nous voulons privilégier les sociétés protégées du risque inflationniste et mondialisées. Nous ne sommes pas là pour renforcer des capitaux propres ou valider un modèle économique mais pour accompagner la croissance d’une société déjà bien établie, dont la structure capitalistique est solide.

D’autres exemples d’investissements ?

Nous sommes entrés au capital de Jérôme Dreyfuss, du nom de son propriétaire et fondateur. Cette marque de maroquinerie haut de gamme, fondée en 2003, réalise un chiffre d’affaires d’environ 10 millions d’euros et est déjà très dialisée qui distribue ses produits non seulement.,.en France mais aussi aux États-Unis et en Asie.

Nous avons également financé la Sellerie de Nontron, numéro un de la fabrication de selles en France. Cette entreprise de matériel d’équitation très haut de gamme présente 15 années de rentabilité élevée. Quelle que soit la société sélectionnée, notre objectif est de protéger la mise de fonds des épargnants, qui ont souvent été échaudés par la volatilité des marchés financiers.

Comment jugez-vous le moral des épargnants ?

Les investisseurs privés ne savent plus où placer leur argent ; les actifs que l’on disait sans risque, à commencer par les emprunts d’État, ne le sont plus. L’immobilier et l’or ont atteint des niveaux de valorisation très élevés, ce qui rend l’investissement risqué. Le marché des actions est volatil et complexe. Les épargnants qui nous font confiance estiment que l’investissement dans la PME répond à leur besoin de détenir des actifs réels, simples à comprendre, souvent propriétaires de leur outil de production et protégés contre l’inflation.

A la veille de l’élection présidentielle, ne craignez-vous pas une remise à plat des avantages fiscaux liés aux PME ?

Cela fait cinq ans qu’on nous prédit la disparition du dispositif ISF PME, mais ce dernier existe toujours et devrait perdurer, parce que c’est un formidable appel d’air
En haut, pour nos PME. A l’heure de la rigueur budgétaire, l’avantage fiscal pourrait être revu à la baisse mais, dans une période de contraction du crédit bancaire, le financement des entreprises par des investisseurs privés est essentiel. Le dispositif Tepa a montré son efficacité puisqu’il a permis de lever 1 milliard d’euros par an, soit 5 milliards en cinq ans. Ces fonds propres permettent aux entrepreneurs de lever en dette au moins le double auprès des banques.

Propos recueillis par MARIE DE GREEF-MADELIN

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