PEUGEOT : Les choix difficiles.

Mercredi 29 août 2012 // La France

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Drapeau de FranceLe plan massif de suppression d’emplois décidé par PSA et la fermeture de son usine d’Aulnay-sous-Bois placent le gouvernement devant des choix difficiles.

Lors d’un comité central d’entreprise extraordinaire, le 12 juillet, la direction de PSA Peugeot Citroën a annoncé son intention de supprimer huit mille postes et de fermer en 2014 son usine d’Aulnay-sous-Bois qui emploie trois mille salariés en Seine-Saint-Denis. Ceci en raison des pertes financières subies par le premier groupe automobile français. Président du directoire de PSA, Philippe Varin a déclaré que « le groupe est face à un tsunami commercial en Europe, nous sommes à l’épicentre. Je suis absolument déterminé à mener le plan, c’est la seule voie possible pour le groupe ». Les syndicats ont immédiatement réagi et Bernard Thibault a annoncé comme il fallait s’y attendre de la part d’un communiste, que la CGT n’allait pas « prendre pour argent comptant cette annonce brutale de suppression d’emplois ».

Puis une polémique a éclaté entre les nouveaux dirigeants politiques et le groupe automobile en difficulté. Le 14 juillet, François Hollande a affirmé que la direction de PSA avait dissimulé la gravité de la situation et reporté l’annonce du plan aux lendemains des élections tandis que le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, mettait en cause la stratégie du groupe, son alliance avec General Motors et le comportement de la famille Peugeot qui aurait perçu de trop gros dividendes. L’actionnaire principal a vivement répliqué, en rappelant que PSA n’avait versé aucun dividende à ses actionnaires en 2008, 2009 et 2012. De son. côté, Thierry Peugeot a déclaré que la critique avait des « limites » et l’opposition a vigoureusement dénoncé l’attitude du président de la République et du gouvernement.

Dans tous les pays d’Europe occidentale, la crise a entraîné une baisse de l’achat de véhicules : on est passé de 18,4 millions en 2007 à 14,4 millions d’unités cette année. Le groupe Fiat est touché, tout comme Opel,_Renault a beaucoup délocalisé (en Roumanie, au Maroc) pour produire moins cher mais, contrairement à ce qui est souvent affirmé, le groupe PSA fabrique plus d’automobiles à l’étranger que Renault. Ces données sont connues.

Que faire ? Sous les déclarations indignées, se cache une triste résignation : François Hollande, Jean-Marc Ayrault et Arnaud Montebourg ont déjà accepté la fermeture de l’usine d’Aulnay-sous-Bois (ils ne se sont pas engagés à ce qu’elle reste ouverte) et ils vont négocier une réduction des licenciements afin de sauver la face. Mais déjà, les syndicats ont déclaré qu’ils ne seraient pas dupes d’un arrangement et le gouvernement de gauche va-perdre de son crédit auprès d’eux, même s’il lance un plan de rénovation de la filière automobile centré sur les petites voitures propres. Ce plan permettrait de « revitaliser » le site industriel d’Aulnay par l’installation de nouvelles unités de production.

Il y aura, dans les prochains mois, bien des discussions, des polémiques et des manifestations qui concerneront l’avenir de PSA et de ses salariés. Mais nous resterons dans le domaine de la tactique alors qu’il faudrait une initiative stratégique. La crise du secteur automobile est la première épreuve industrielle du quinquennat. Il y en aura d’autres, dans bien des domaines, car la crise de l’euro, les politiques de rigueur menées par les pays-membres de la zone monétaire et la logique de la concurrence internationale vont provoquer de nouveaux bouleversements et une vague de chômage d’une ampleur exceptionnelle.

Le gouvernement est tétanisé par ces perspectives. Il bricole dans la tempête là où il devrait protéger et reconstruire.

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