ECONOMIE-FINANCES CONJONCTURE.

PANIQUE À WALL STREET.

La finance américaine sauvée in-extremis.

Jeudi 18 avril 2013 // La France

Eclatement quasi-simultané de la bulle immobilière et de la bulle du crédit a provoqué la pire crise financière que les Etats-Unis aient connue depuis 1929.

L’HEURE du grand nettoyage bancaire américain que beaucoup d’observateur attendaient depuis août 2067 enfin sonné Le 19 septembre, en pleine déroute bancaire, les USA ont annoncé un plan de sauvetage de 700 Md$ avec la création d’une structure de « défaisance » publique poux absorber Les actifs « toxiques » issus de la crise du Subprime. C’est un véritable cyclone qui s’est abattu sur Wall Street. Après la reprise de Bear Stems, qui avait coûté 30 Md$ au Trésor américain avant l’été, ce dernier a du remettre 200 Md$ pour sauver Fanny Mac et Freddie Mac, les spécialistes du refinancement hypothécaire qui garantissent à elles deux 5 300 Md$ de dettes, soit plus de 40% de l’encours des prêts immobiliers aux USA, car leur déconfiture aurait eu de graves conséquences sur la sphère économique américaine. Puis, alors que Merril Lynch a été absorbé en catastrophe par Bank of America, le gouvernement américain a dû encore intervenir à hauteur de 85 Md$ pour permettre à AIG (1 056 Md$ d’actif ;) le premier assureur mondial, de faire face à ses engagements. Juste avant, il n’avait pas jugé bon de sauver la quatrième banque d’investissement Lehman Brothers (639 milliards d’euros d’actifs) de la faillite, ce qui avait déclenché une véritable tornade sur les marchés.

La crise s’aggravant encore jusqu’à déclencher des mouvements de paniques à Wall Street, Henry Paulson, Le secrétaire au Trésor, a lancé « le plus grand plan de sauvetage financier de l’histoire des USA, » afin d’éviter le désarroi général et un écroulement de l’économie mondiale ! Car, par effet domino, la crise financière ne peut pas être sans conséquence sur la croissance économique mondiale. Le risque systémique est de nouveau évoqué et la contagion à l’économie mondiale commence à se mesurer. Ce risque n’est pas nul car les banques ayant désormais d’énormes réticences à se prêter de l’argent, leurs fortes restrictions de crédit à l’égard des entreprises ne peuvent qu’aggraver le ralentissement économique. Tous les secteurs sont touchés. Mais c’est d’abord dans le secteur de la construction que l’on note une recrudescence de défaillances d’entreprises. Ce phénomène est patent pour l’immobilier d’entreprise en France. Il l’est tout autant pour l’immobilier résidentiel. L’attentisme prévaut partout par anticipation d’un effondrement des prix (un recul de 25% du foncier n’est pas exclu si l’on se réfère aux crises précédentes) qui précipite le secteur vers la crise.

Aux USA, fort d’un second trimestre plus fort que prévu, la croissance 2008 a été revue en hausse de 1,3% à 1,6%, alors que celle de 2009 a été légèrement rente en baisse de 1,4% à 1%. Pour la zone euro, après un recul de 0,2% de la croissance au 2T08, Bruxelles a déjà revu drastiquement sa prévision de croissance pour 2008 à 1,3% contre 1,7% estimé en avril dernier En France, les croissances 2008 et 2009 devraient être extrêmement faibles à environ 0,90% et 0,7% respectivement, un ralentissement sans équivalent depuis 1993. Nous n’excluons pas une croissance 2009 encore plus faible 0,50/o seulement. Mais nous ne croyons pas à une récession. La violente crise financière actuelle porte paradoxalement en elle les germes d’un rebond de l’économie à moyen terme. En effet, la flambée des prix du pétrole et des matières premières, liée à une dégringolade du dollar, avait provoqué un record d’inflation et quasiment gelé la consommation des ménages tout en mettant de nombreuses entreprises en difficulté. Or, nos économies considérablement affaiblies vont désamorcer l’inflation au point même que le ralentissement attendu devrait entraîner une déflation. Pour preuve, le baril de pétrole qui avait enregistré un pic à 147 dollars le 11juillet dernier était retombé violemment à 90 dollars le 17 septembre dernier. Quant au coût de la main-d’oeuvre en zone euro, il a ralenti au second trimestre à + 2,7% contre +35% au premier trimestre, et cette tendance va s’accentuer avec la montée du chômage.

Revenir à la raison

De plus, non seulement les banques centrales devraient continuer à assurer la liquidité du marché mais elles ne devraient plus tarder à assouplir leur politique monétaire. Nous attendons une baisse de 25 points de base des taux de la BCE (actuellement à 4,25% et de la Réserve fédérale américaine (à 2%) d’ici à la fin décembre. Les premiers signes avant-coureurs d’une amélioration prochaine apparaissent déjà. Le fort recul du prix du pétrole a permis une remontée de l’indice de confiance des consommateurs de l’Université du Michigan, qui constitue un indicateur avancé assez fiable de la conjoncture à venir. C’est la raison pour laquelle nous vouloir croire que nous éviterons la récession en 2009 tant en Europe qu’aux USA, nous l’aurons de nouveau, échappé belle.!

Si ce scénario de sortie de crise heureuse voit le jour il est sûr que peu d’opérateurs européens pleureront le système financier américain qui vient de s’effondrer, tant il était devenu une entité trop spéculative, totalement imprévisible, et destructrice de valeur pour l’économie réelle. Le besoin de régulation des marchés est désormais patent. Nous espérons que la nouvelle sphère financière internationale qui émergera de ce chaos sera plus lisible et qu’elle reviendra à sa mission fondamentale qu’elle n’aurait jamais due perdre de vue, à savoir, le financement d’un développement économique maîtrisé et durable, pour assurer la prospérité au plus grand nombre des habitants de la planète.

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