Oui, il existe une identité française.

Mercredi 22 janvier 2014 // La France

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Le rapport sur l’intégration procède de la négation de notre identité, typique de la pensée de la gauche radicale, mais qui contamine une partie de la droite.

Nous sommes [...] avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne, affirmait le général de Gaulle à Alain Peyrefitte, en 1959. Un demi-siècle plus tard, le 5 janvier 2010, Éric Besson, le ministre de l’Immigration, de l’Intégration et de l’Identité nationale du gouvernement Fillon, s’exprime en ces termes lors du lancement du débat sur l’identité nationale : « La France n’est ni un peuple, ni une langue, ni un territoire, ni une religion ; c’est un conglomérat de peuples qui veulent vivre ensemble. Il n’y a pas de Français de souche, il n’y a qu’une France de métissage. »

Comment expliquer un tel revirement en si peu de temps ? Y a-t-il une identité française objective au-delà de l’addition de nos volontés subjectives ?

Dans son discours à la Sorbonne, en 1882, Ernest Renan affirme qu’a une nation est une âme, un principe spirituel », constitué par « la possession en commun d’un riche legs de souvenirs » ainsi que par « la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis », ce qu’il appelle le « plébiscite de tous les jours ».

Ici se situe le juste milieu entre les deux extrêmes : d’un côté, une propension à figer la nation dans ses éléments constitutifs (le peuple, la langue, la culture) ; de l’autre, une tendance à ne considérer que la volonté de chacun, sans référence à un héritage national, ce qui revient à fonder le lien social sur le vide et à instaurer un multiculturalisme qui peut dissoudre la nation.

C’est ce travers qui inspire la philosophie du dernier rapport sur l’intégration commandé par le premier ministre, qui en a « salué la grande qualité » : chaque culture doit être mise sur un pied d’égalité, sans considération des « droits historiques » de la culture française... en France !

Selon les termes du rapport, il s’agit de « faire France en reconnaissant la richesse des identités multiples » et en considérant que « l’héritage légué par les migrants au fil des âges fait partie de l’identité française ». Concrètement, cela signifie « la reconnaissance de toutes les langues de manière identique » souhaitée par les auteurs du rapport, pour qui « la France devrait assumer la dimension "arabe-orientale" de son identité », notamment en valorisant l’enseignement de l’arabe ou d’une autre langue africaine dès le collège. L’interdiction du port du voile dans les écoles, jugée discriminatoire, devrait être levée. Enfin, une « (re)mise à plat de l’histoire de France » permettrait de traquer les « figures incarnées » de héros qui sont trop souvent de « grands hommes mâles, blancs et hétérosexuels », au profit des nouvelles « dynamiques plurielles de la société » (comprendre toutes les minorités ethniques, culturelles ou sexuelles). Au final, cela reviendrait à institutionnaliser le communautarisme, en rupture totale avec notre tradition nationale comme avec le simple bon sens.

Si la gauche radicale s’est toujours faite le porte-voix d’une pensée anti française, il est surprenant de voir cette idéologie contaminer toute la gauche gouvernementale ainsi qu’une certaine frange de la droite, complexée à l’idée de devoir affirmer l’existence d’une identité française. Pour la gauche, il ne s’agit là que du développement continu de son idéologie, en même temps qu’une stratégie électorale visant à bénéficier des suffrages des nouveaux arrivants. Mais, pour la droite, il s’agit d’un reniement qui devrait nous faire réfléchir.

Sortons donc de ce faux dilemme qui consiste à renier notre identité de peur d’être identitaire et à ne plus aimer notre nation de peur d’en discriminer les étrangers. « Tu dois aimer la France parce que la nature l’a faite belle et parce que l’Histoire l’a faite grande », écrivait Ernest Lavisse dans son manuel scolaire en 1912. Vincent Peillon ferait bien de s’en inspirer dans ses programmes, lui qui chérit l’œuvre scolaire de la IIIe République !

Où sont passés dans la tête de ce ministre plus de mille ans de monarchie qui elle, a bâti la France et sa culture. Peillon est un nain de jardin qui foule de ses petits pieds l’histoire de notre patrie.

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