Olympie et Westminester.

Dimanche 17 juin 2012 // Divers

La flamme olympique à Londres éclaire le jubilé de diamant de la reine d’Angleterre.

L’été sera londonien à cause des Jeux olympiques qui s’ouvriront fin juillet et prolongeront l’éclat du jubilé des soixante ans de règne d’Élisabeth Il célébré du 2 au 5 juin. Dans l’esprit de leur refondateur, Pierre de Coubertin, les Jeux devaient manifester l’esprit du gentleman que la Grande-Bretagne avait porté au plus haut niveau de développement en cette fin de siècle. Les premiers Jeux modernes, à Athènes en 1896, n’ont précédé que d’une petite année le jubilé de diamant de la reine Victoria en 1897. Il n’y en a pas eu depuis. La rencontre des deux événements en 2012 fait donc sens. Même si l’on peut regretter que. Paris ait été battu par Londres pour capitale de ces Jeux, on ne peut que reconnaître la dette que l’esprit sportif doit à l’Angleterre victorienne.

Athènes avait alors triomphé de Sparte, l’athlétisme britannique de la gymnastique germanique, comme aussi les institutions démocratiques, libérales et parlementaires des régimes autoritaires. Si l’Athènes antique est considérée comme la mère de la démocratie, c’est bien plutôt du royaume d’Angleterre qu’à partir du Moyen Age et surtout à l’ère des Lumières, le monde a reçu la charte des droits et des libertés.

Certes les Jeux olympiques ont bien changé, la monarchie britannique aussi, y compris au cours de ces soixante dernières années. Les dieux du stade l’emportent sur le Dieu de l’onction, la religion du sport sur les rituels de l’Église anglicane. Le prestige de la reine, chef d’Église, n’a pas pu enrayer la désaffection dramatique des cloîtres. L’Angleterre sportive s’était un temps déshonorée par le comportement voyou des « supporters ». Les célébrations de ce printemps/été 2012 devraient faire oublier les drames traversés par la famille royale, ainsi que dissiper les doutes sur les qualités britanniques de fair-play.

Pour un temps seulement. Le jubilé de la Reine a démontré l’attachement du peuple Britannique à la monarchie et à sa Souveraine. Il ne permet pas de conclure sur son destin après la disparition d’Élisabeth. Elle le sait pertinemment et y travaille. Un projet de réforme scellera l’abandon de la loi salque, les filles seront égales aux garçons dans l’ordre de succession au trône, et permettra à l’héritier d’accéder au trône tout en ayant un conjoint catholique (ce qui est le cas de Charles). La seule limite reste que l’héritier se doit d’appartenir à la religion réformée. Il faudrait que l’Église d’Angleterre ne soit plus église officielle « établie » pour qu’il en aille autrement. Si le monarque n’était plus la tête de l’Église, maintiendrait-on intactes les cérémonies liturgiques de son couronnement en l’abbaye de Westminster, notamment le rite de l’onction qui le constitue à part de toute l’humanité, comme hier le roi de France couronné à Reims ? C’est improbable.

S’ils ne communient plus à la monarchie de droit divin ni à ce qui reste de l’Empire, au Canada, en Australie ou en Nouvelle-Zélande, ou dans le Commonwealth, les Britanniques, repliés sur leurs îles, manifestent toujours leur unité, voire leur sentiment religieux, autour de la flamme olympique qui actuellement parcourt les quatre « nation s » d’Angleterre, du Pays de Galles, d’Ecosse et d’Irlande du Nord, pourtant périodiquement menacées d’éclatement.

Les Français qui étaient si nombreux il y a soixante ans avoir dans la jeune reine Élisabeth un roi de substitution, espoir renouvelé, en mode mineur, avec la princesse Diana. Le prestige sportif d’outre Manche semble intact, presque comme au temps du très royaliste Pierre de Coubertin.

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