Obama privilégie le redressement de l’économie à une aventure en Syrie.

Samedi 12 octobre 2013 // Le Monde

John McCain a beau brailler, effectuer de multiples voyages à l’étranger, pour obtenir des appuis l’aidant à faire pencher la balance de l’intervention de son côté, Barack Obama n’est pas Georges W. Bush, l’homme qui tirait plus vite que son ombre, et allait jusqu’à inventer des armes de destruction massive, en Irak, via son secrétaire d’Etat, Colin Powell, là où il y en avait pas. Au moment où l’économie des Etats-Unis donne des signes de redressement, à trois ans du départ d’Obama de la Maison-Blanche, c’est-à-dire, de la plus belle des manières, ce n’est certainement pas à ce moment que les Etats-Unis lanceront une aventureuse et ruineuse guerre ni en Syrie et encore moins en Iran. Ni nulle part. Les quelque frappes de l’aviation américaine prévues pour « punir » le président syrien, Bachar el Assad, seront plutôt destinées à ne pas faire perdre totalement la face à Obama.

Les Etats-Unis, vont plutôt, accentuer une guerre souterraine avec leurs alliés, qu’ils peuvent piétiner à souhait sans qu’ils crient trop fort. C’est ainsi qu’ils ont refusé de rendre l’or que l’Allemagne a mis à l’abri dans la Réserve fédérale des Etats-Unis et empêchent même les envoyés spéciaux allemands de visiter seulement les coffres forts de la Banque centrale US afin de confirmer l’existence de cet or.

C’est une chose très grave qui rend l’attitude des Américains très suspecte. La méfiance par rapport au dollar pourrait s’intensifier après que la Bundesbank allemande ait demandé le rapatriement de son or entreposé dans la Réserve fédérale des Etats-Unis, mais que Washington ait refusé de le faire avant 2020. Cette information est de l’agence russe, RT, sur son site internet et elle n’est pas de l’intox : « L’Allemagne, qui y a entreposé près de la moitié de ses réserves en or, a de bonnes raisons de s’inquiéter. En général, les institutions financières des Etats-unis sont connues pour vendre ce qui n’existe pas réellement », écrit notre consœur RT. Et de citer l’exemple de 2012, lorsque la banque, Goldman Sachs, vendait des certificats d’or en assurant qu’ils étaient garantis par l’or authentique de ses coffres. Cependant, comme cela s’est vu après, il n’y avait pas d’or dans ses coffres, et la banque travaillait sur base d’un système fractionnaire, en supposant que peu de dépositaires exigeraient de récupérer leur or. La chose est perçue avec gravité en Allemagne au point où le fondateur et président de l’Association allemande de métaux précieux, Peter Boehringer, considère que ce refus des Etats-Unis est un mauvais signe.

Nous avons exercé beaucoup de pression sur la Bundesbank, nous lui avons envoyé énormément de questions, ainsi que d’autres entités. Nous voulons savoir pourquoi elle n’agit pas en tant qu’audit approprié, pourquoi ils ne font pas pression sur la banque centrale de son partenaire, tout particulièrement sur la Réserve fédérale, pour qu’elle soit un audit adéquat. Pourquoi n’est-il pas possible de rapatrier cet or ? Il y a donc énormément de questions sans réponses », affirme-t-il. Avant de conclure dépité : « Les Etats-Unis et la Réserve fédérale financent, actuellement, entre 60 et 80% de la dette fédérale récemment publiée, en bons du Trésor. Et son achat libre est une mauvaise nouvelle pour la dette des Etats-Unis. Cela met en évidence que quelque chose va mal pour la qualité du dollar des Etats-Unis comme monnaie de réserve. La Chine et l’Inde vont probablement consommer 2.300 tonnes d’or conjointement cette année, ce qui équivaut presque à 100% de la production mondiale ».

Il faut préciser que la Réserve fédérale des Etats-Unis est une des organisations les plus secrètes au monde. Depuis bien des années, elle entrepose de grandes quantités d’or de différents pays. Si auparavant, elle était considérée comme l’endroit le plus sûr pour les réserves de beaucoup de pays, maintenant, la situation a changé puisque l’or qui y est entreposé s’épuise, ou fait de sa vente, son cautionnement ou son utilisation comme garantie financière.

En janvier dernier, la Bunndesbank allemande avait informé de sa décision de rapatrier 674 tonnes des réserves officielles d’or déposées à l’étranger d’ici 2020. Jusqu’au 31 décembre 2012, la banque allemande conservait 31% de son or sur le sol allemand. Avec cette mesure, elle estime que cette quantité s’élèverait à 50% avant`le,31 décembre 2020.

« Les réserves d’or d’une banque centrale créent de la confiance ». L’Allemagne possède la seconde plus grande réserve d’or au monde : 3.396 tonnes. Au cours des prochaines huit années, 674 tonnes vont être rapatriées depuis New York et Paris, avec pour objectif que 50% de cet or soit entreposé sur le sol allemand. 13% des réserves d’or allemandes sont entreposées à Londres et y resteront entreposées. Les réserves d’or déposées à New York devraient passer de 45% à 37%. Les 374 tonnes actuellement entreposées à la Banque de France à Paris retourneront sur le sol allemand très prochainement.

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