OUGANDA.

Le président Museveni signe la loi anti-homosexualité.

Dimanche 16 mars 2014 // L’Afrique


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Le président ougandais, Yoweri Museveni, a signé finalement, une nouvelle loi durcissant, considérablement, la répression contre les homosexuels, en dépit des pressions occidentales.

« Cette loi est populaire à la fois au parlement et auprès de la société ougandaise », a expliqué le porte-parole du gouvernement, Ofumo Opondo. Le président était sous forte pression, dans son pays, pour signer la loi, a-t-il ajouté, sans préciser quand le texte serait promulgué.

Mais face à cette décision, le président américain, Barack Obama, a d’ores et déjà exprimé son inquiétude.

« Le projet de loi anti-homosexualité en Ouganda, une fois promulgué, sera plus qu’un affront et un danger pour la communauté gay d’Ouganda. Ce sera un pas, en arrière, pour tous les Ougandais, et donnera une mauvaise image de l’engagement de l’Ouganda en faveur de la protection des droits de l’homme de son peuple », a-t-il estimé.

Promulguer cette loi compliquera notre relation estimée avec l’Ouganda », a-t-il prévenu.

Les États-Unis ont beau être un allié clé de l’Ouganda, Kampala n’entend, cependant, visiblement, pas se laisser dicter sa conduite.

L’Ouganda est un pays souverain », a poursuivi Ofumo Opondo. « Ce ne sera pas la première fois que des pays étrangers sont en désaccord avec notre politique ». La loi en question, votée à une majorité écrasante, le 20 décembre 2013, par le parlement ougandais, prévoit, notamment, la prison à vie pour les récidivistes. Elle interdit, également, toute « promotion » de l’homosexualité et rend, obligatoire, la dénonciation de quiconque s’affichant, ouvertement, homosexuel(le).

Un article sur la peine de mort a été rejeté, mais la nouvelle législation a été très critiquée par les États-Unis, l’Union européenne ou encore l’ONU. Les représentants de la communauté gay et lesbienne d’Ouganda avaient promis de se battre jusqu’au bout pour contrer l’entrée en vigueur du texte. Lundi 17 février, l’un d’eux, John Abdallah Wambere, a dénoncé une décision « politique » du président, Museveni, à l’approche d’importantes élections, en 2016, et estimé que « la Cour consutionnelle » était, désormais, le seul recours. Déjà ces derniers temps, les représentants de la communauté gay et lesbienne sentaient le climat se détériorer, a-t-il affirmé : « il y a eu davantage d’arrestations ces dernières semaines. Et nous nous attendons à ce que cela empire ».

En janvier, le porte-parole de la présidence ougandaise, Tamale Mirudi, avait expliqué que le président ne promulguerait pas la loi, non pas parce qu’il approuvait l’homosexualité, mais parce que « ces personnes ont le droit d’exister ». Tamale Mirudi avait ajouté que le chef de l’Etat considérait que les gays étaient « malades » mais que la répression n’était pas un remède. Yoweri Museveni avait alors semblé prendre le contre-pied de son homologue nigérian, Goodluck Jonathan, qui n’avait lui pas hésité à promulguer une loi restreignant, fortement, les droits des homosexuels et, également, critiquée par les pays occidentaux.

Mais la semaine dernière, le chef de l’État ougandais a expliqué avoir changé d’avis après consultation d’un groupe de scientifiques mis en place par le ministère de la Santé pour « étudier l’homosexualité et la génétique chez les êtres humains ». « L’équipe de scientifiques a montré que l’homosexualité est un comportement appris, que certaines personnes adoptent, parfois, pour de l’argent, et c’est ce que le président veut empêcher », a ajouté Ofumo Opondo.

L’homophobie est, déjà, très répandue en Ouganda, pays où le christianisme protestant de style américain fait des adeptes. Les hommes et femmes homosexuels y sont, fréquemment, soumis à des menaces ou subissent des violences. En 2011, un militant des droits des homosexuels, en Ouganda, David Kato, avait été poignardé, à mort, à son domicile, après la publication, dans un journal, de noms, photos et adresses d’homosexuels vivant en Ouganda, sous le titre  : « Pendez-les ! ».

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