Notre monarchie élective.

Mardi 22 mai 2012, par Bertrand RENOUVIN // La France

Drapeau de FranceAu soir du 6 mai, nous sommes sortis de l’autocratie pour revenir au régime politique républicain que les Français ont choisi en 1962 la monarchie élective, démocratique et parlementaire telle que l’organise notre Constitution. Nous avons très souvent souligné les avantages et les inconvénients de ce régime politique et la somme de nos articles sur le sujet ferait un gros volume. Au fil des présidences, nous avons pu observer que la fonction arbitrale a toujours été exercée dans l’ambiguïté par les meilleurs de nos présidents et c’est pourquoi nous militons pour que le choix de la monarchie royale, qui réaliserait effectivement l’article 5 de la Constitution, soit un jour présenté aux Français. Entre autres avantages, les conflits entre le président et le Premier ministre disparaîtraient et le Gouvernement comme le Parlement retrouveraient la plénitude de leur rôle.

Notre projet royaliste ne nous empêche pas de défendre et de promouvoir la Ve République pour ce qu’elle a de meilleur, dans la fidélité à la pensée du général de Gaulle. Si le président de la République se hausse à la dimension symbolique de sa fonction — celle du président de tous les Français, garant de l’unité nationale et représentant de la France à l’étranger et s’il exerce son pouvoir dans les limites assignées par la Constitution, il peut être utile et même salutaire pour la nation. Tel est le voeu que nous formons pour François Hollande : en ce temps de crise, qu’il exerce sa présidence pour le salut de la patrie.

Nous sommes dans le moment où le nouveau président entre dans sa fonction. Il peut, il doit en être transformé et nous ne serions pas royalistes si nous ne comprenions pas ce changement d’état, si nous ne souhaitions pas que le chef de parti, que nous avons souvent contesté, devienne le serviteur de toute la nation. Ses engagements passés font partie de son expérience mais il va désormais porter une charge et affronter des épreuves qui sont d’un ordre différent.

Il est très probable que le nouveau président de la République veillera au respect de la Constitution, constamment violée par son prédécesseur. Le fonctionnement régulier des pouvoirs publics devrait désormais être assuré. La continuité de l’État n’est pas selon nous une exigence relevant de la seule technique juridique : comme Charles de Gaulle, comme François Mitterrand, François Hollande doit concevoir l’État selon l’histoire millénaire de la France, qu’il lui faut assumer tout entière afin d’en prolonger le mouvement. Des actes de haute portée symbolique devront concrétiser cette prise de conscience historique essentielle au moment où beaucoup de Français ne discernent plus le sens de l’aventure collective.

De droite ou de gauche, bien des Français se retrouveront autour de François Hollande s’il est intraitable dans la défense de la patrie. La Constitution dit que le président de la République est « le garant de l’indépendance nationale ». C’est là un devoir d’état, une charge essentielle. Le tropisme atlantiste, les rêveries européistes et l’idéologie du marché mondialisé ont été si prégnants que l’indépendance nationale a été considérée comme un souci désuet, remplacé par un discours xénophobe. L’élection de François Hollande mettra fin à la xénophobie d’État et sa volonté de réconcilier les Français après les blessures de la campagne électorale n’est pas douteuse. Cela ne suffira pas. Il faut que le nouveau président et le nouveau gouvernement montrent qu’ils sont décidés à défendre l’indépendance nationale de manière concrète.

Sans négliger les élections législatives, nous concentrerons notre attention sur le comportement et sur les décisions du président de la République lors du sommet de l’Otan à Chicago et pendant sa négociation avec le gouvernement allemand. On ne garantit pas l’indépendance nationale en se soumettant aux Américains. On ne garantit pas l’indépendance nationale en acceptant les règles imposées par Berlin. La France millénaire n’est pas une « France éternelle » comme on l’entend dire ces jours-ci. C’est une nation menacée. Elle peut retrouver son rang dans le monde et son rôle majeur en Europe si elle fait valoir sa puissance nucléaire, mobilise son économie et rassemble les forces patriotiques aujourd’hui dispersées et désorientées.

Répondre à cet article