Notre Opinion Par François d’Orcival, de l’Institut.

L’affolante retraite du catastrophique gouvernement Hollande.

Dimanche 24 novembre 2013 // La France

Hollande, Ayrault, Moscovici, tous savaient que la limite du supportable était atteinte. Ils ont pourtant continué ; avant de se replier devant l’explosion.

C’était le lendemain de la rentrée du gouvernement, le mardi 20 août, il y a à peine plus de deux mois. Le ministre des Finances, Pierre Moscovici, invité de la matinale de France Inter, déclare : « Je suis très sensible au ras-le-bol fiscal des Français. » Dans le prochain budget, ajoute-t-il, « les économies doivent être prioritaires, les prélèvements doivent être aussi peu importants, aussi faibles que possible ». Pour le confirmer, le 15 septembre, sur TF1, le président de la République enchaîne sur les propos de Moscovici : « En deux ans, dit-il, les Français, entreprises et particuliers, ont eu à supporter 60 milliards d’euros d’impôts supplémentaires », et il conclut : « C’est beaucoup, donc c’est trop. » De l’Élysée à Bercy, le gouvernement est bien sur la même ligne.

Présenté le 25 septembre en Conseil des ministres avant d’être discuté au Parlement, le projet de loi de finances en portera-t-il là marque ? Les hausses de prélèvements « aussi faibles que possible » atteignent 6 milliards de plus ; de nouvelles hausses qui interviennent alors que 1,2 à 1,6 million de contribuables, jusque-là exonérés de l’impôt sur le revenu, doivent le payer (avec la taxe d’habitation) et que sont reçus les avis d’impôt et de taxes foncières pour des impôts votés il y a un an. Quand le premier ministre parle de « pause fiscale » en 2014 (c’est déjà lui qui, en septembre 2012, avait expliqué que neuf Français sur dix ne seraient pas concernés par les hausses d’impôts réservées « aux riches »), -le ministre du Budget, Bernard Cazeneuve, doit corriger : la pause, ce sera pour 2015. Voilà le crédit de l’État fortement entamé dans l’opinion.

Nouvel épisode, l’affaire Léonarda tout juste retombée, lorsque est discutée à l’Assemblée la loi de financement de la Sécurité sociale. Son article 8 prévoit de surtaxer à 15,5 % au titre des prélèvements sociaux les produits d’épargne les plus populaires du bas de laine des Français (assurance vie, plans d’épargne, etc. Cet article vient en discussion le mercredi 23 octobre après-midi. Aux députés UMP présents, Bernard Accoyer et Julien Aubert en tête, qui mettent en garde l’exécutif, parce que trop c’est trop, que l’épargne est le produit d’un travail déjà taxé, que la rétroactivité est un scandale, que l’on devrait redouter la colère des Français, Bernard Cazeneuve réplique, immuable : c’est la faute de la droite. Il fait voter par les socialistes en bloc l’article 8. Le lendemain matin, sur LCI, le président des Jeunes socialistes, Thierry Marchal-Beck, assure : « De toute façon, il y a trop d’épargne dans ce pays. »

C’est en effet ce que comprend l’opinion. Les rapports des préfets, les appels reçus par les élus sont unanimes : après le vent de folie de l’affaire Léonarda se lève une nouvelle tempête, fiscale celle-là : « Ils sont devenus fous. » Ce que Jean-François Copé traduit en une formule (le Figaro du 28 octobre) : « Une fissure gigantesque s’est ouverte dans le consentement à l’impôt. » Bernard Cazeneuve, si sûr de lui jusque-là, a dû renoncer, le samedi 26, penaud, à une partie des taxes de l’article 8. Le lendemain, Moscovici essaie de "rattraper le coup" en expliquant, sur Europe 1 et iTélé : « Le cap, c’est bien de faire en sorte que l’épargne des Français, qui est bonne, demeure protégée et qu’elle soit orientée vers l’investissement... » Qui peut croire que l’épargne est "protégée" ? La confiance se volatilise. Lui-même l’avait affirmé d’ailleurs : au moment où la reprise s’annonce, le problème, c’est la confiance. Cette équipe, sous l’absence d’autorité de son chef, aura tout fait pour la ruiner.

Elle le devra à son parti pris idéologique, un piège dont elle ne saura pas se sortir. Le cas de la taxation des produits d’épargne pour financer nos dépenses sociales en est un bon exemple. Entre 2011 et 2013, le déficit de nos régimes sociaux s’est réduit de 21 à 16,2 milliards, soit de 4,8 milliards. Sur quoi ? La maîtrise des dépenses de pharmacie et la baisse des arrêts maladie. On pouvait continuer. Valeurs actuelles mettait le doigt (notre numéro du 3 octobre) sur l’ampleur de la fraude sociale : entre 15 et 20 milliards. Au lieu de quoi, et pour faire le contraire de la droite sous Sarkozy, la gauche a ajouté des jours de carence pour les arrêts maladie, a fait repartir à la hausse l’aide médicale destinée aux étrangers sans papiers (son coût, 600 millions, représente le montant des recettes attendues de la surtaxation de l’épargne) ; elle s’est privée de la TVA sociale, de l’allongement de la durée du travail et perpétue ainsi la facture sociale la plus élevée d’Europe. À coups d’impôts, de cotisations, de taxes et de surtaxes. Coincée par la révolte, elle a choisi de battre en retraite.

C’est la seule chose qu’elle fasse bien.

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