Non à l’homosexualité.

Mercredi 26 février 2014 // Le Monde

Samedi 25 janvier, le siège abidjanais d’Alternative Côte d’ivoire, organisation qui milite pour les droits des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et intersexuées (LGBTI) vivant avec le VIH, a été saccagé, par une foule en colère d’environ 200 personnes. Des ordinateurs ont été volés et l’agent de sécurité a été si violemment passé à tabac, qu’il a dû être hospitalisé.

Mi janvier, une foule en colère avait lancé des cailloux et des détritus contre le siège d’Alternative Côte d’ivoire, et les murs du bâtiment ont été recouverts de graffitis sur lesquels, étaient inscrits les mots « Non aux pédés ». Le 20 janvier, le domicile du responsable d’Alternative Côte d’ivoire, a été pris pour cible, dans son quartier d’Angré, à Abidjan. De nombreuses personnes travaillant au sein de cette organisation se cachent, actuellement, par peur des représailles.

En Côte d’Ivoire, comme ailleurs, en Afrique, on demande aux pouvoirs publics de défendre des personnes qui pratiquent l’homosexualité, aujourd’hui, vertement, encouragée par des chancelleries occidentales, parce qu’il s’agirait de préserver les droits de l’homme. En Afrique - et on refuse de l’admettre dans les pays occidentaux l’homosexualité n’est pas acceptée ni même tolérée. Pire, elle est considérée comme un acte contre-nature. Face à ce que certains en Afrique considèrent comme la dépravation des moeurs, les citoyens, eux-mêmes, prennent, de plus en plus, la défense de leurs valeurs, constatant que leurs dirigeants, sous la menace des bailleurs de fonds occidentaux, peuvent faillir devant leur règle de vie. Voilà pourquoi, en Côte d’Ivoire, Amnesty International a décidé de faire entendre sa voix, la petite association Alternative Côte d’ivoire, qui est pourtant une organisation officiellement enregistrée et qui travaille étroitement avec le ministère de la Santé, n’arrivant pas à se faire entendre.

Il faut dire qu’en d’Afrique, c’est choquant de voir, à la télé, deux femmes ou deux hommes se marier ou s’embrasser dans la bouche. Ce sont des pratiques inadmissibles dans la société africaine. On pense même que c’est Sodome et Gomorrhe dans les pays occidentaux où cette pratique est, officiellement, admise et, sévèrement, condamnée en cas de discrimination. En Afrique, par contre, on estime tout simplement que c’est la fin du monde qui approche. Et que de telles pratiques, pour rien au monde, ne devraient avoir droit de cité sur le continent noir. Et comme les dirigeants se montrent complaisants, les citoyens prennent en charge l’autodéfense des dites valeurs africaines, pour qu’elles ne soient pas bafouées.

Le dialogue entre les deux courants, coince. Le compromis est impossible entre une culture qui tolère le mariage entre deux hommes ou entre deux femmes, et une culture qui soutient que le mariage n’est valable que s’il unit deux personnes de sexe différent. Parti sur cette base, ce n’est pas demain la veille que cesseront les cris et pleurs de la minorité (homosexuelle) opprimée en Afrique.

Gays en pleine exhibition, dans une capitale africaine où on pense qu’il s’agit d’un genre maudit qui n’a pas sa place dans la société africaine.

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