Motion de la politique générale, 39 Congrès de la nouvelle Action Française !

Vendredi 15 mai 2015 // La France

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Comme en 2014, des élections locales ont été marquées par la défaite du Parti socialiste. François Hollande, chef de parti agissant comme un Premier ministre, est directement frappé par les échecs de son camp. Les dirigeants du pays s’en tiennent cependant à la ligne fixée par Berlin, Francfort et Bruxelles. Le gouvernement en est réduit à attendre les effets positifs des baisses de l’euro, du cours du pétrole et des taux d’intérêts, des retombées du plan Juncker et des assouplissements monétaires de la BCE - tous évènements sur lesquels il n’a aucune prise.

Ultime argument de la gauche, la dénonciation du Front national n’empêche pas la progression électorale de ce parti nationaliste et xénophobe qui cultive divers thèmes de rupture économique. L’élection de Marine Le Pen en 2017 serait cependant une promesse illusoire car elle ne pourrait pas disposer, si elle maintient sa ligne actuelle, de la majorité parlementaire et du gouvernement qui lui permettraient de réaliser son programme.

Quelle que soit l’issue de la bataille présidentielle déjà engagée, la France risque de se trouver dans une impasse politique, aggravée par la perte de légitimité des dirigeants actuels et par le discrédit des chefs de la droite classique.

La Nouvelle Action royaliste estime que :

Les cadeaux au patronat sont inefficaces et coûteux : ce n’est pas l’offre qui crée l’emploi, mais l’activité suscitée par la demande des ménages et par les investissements publics et privés. La « politique de l’offre » est facteur de récession économique, de régression sociale et de dissociation dans la nation. La conférence de décembre 2015 sur le climat, par laquelle le gouvernement voudrait restaurer son image, a été mal préparée par l’Appel de Manille qui ne contient ni la promesse ni la demande d’un engagement résolu des Etats dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Le gouvernement grec constitué après les élections du 25 janvier donne un exemple de la résistance que peuvent opposer aux diktats de Berlin et Bruxelles des dirigeants politiques qui pourtant cultivent les illusions de l’européisme de gauche. Une grande puissance comme la France pourrait quant à elle prendre les décisions - à commencer par une sortie de l’euro concertée avec les États de l’Europe du Sud - qui permettraient une redéfinition et une réorganisation de l’ensemble de l’Europe. Quant à l’économie nationale, la nécessité de la nationalisation du crédit et des secteurs clés de l’économie s’impose, de même que la mise en oeuvre d’une planification incitative et indicative.

La Nouvelle Action royaliste rappelle que la politique étrangère de la France ne saurait être fondée sur des préceptes moraux - qui couvrent souvent des arrangements hypocrites - ou sur un tropisme atlantiste mais sur l’intérêt national mesuré selon un projet à long terme et en fonction des rapports de force du moment. Face aux offensives djihadistes qui se développent sur plusieurs fronts, le rôle subversif de l’Arabie saoudite et du Qatar doit être dénoncé ; la coopération avec l’Iran est nécessaire au Proche-Orient et l’alliance avec la Russie, confrontée aux djihadistes du Nord-Caucase, s’impose d’autant plus que la France devra préparer avec elle le projet de confédération européenne qui sortira notre continent de ses divisions et de ses conflits. La sortie de l’Otan et la lutte en vue de la dislocation de ce bras armé des États-Unis figurent parmi les conditions primordiales d’une libération de l’Europe de la tutelle américaine.

Face à l’islamisme et aux communautarismes, la Nouvelle Action royaliste est soucieuse de participer au débat sur les conditions de l’unité nationale. Elle rappelle que la République se définit comme souci primordial du bien public : elle est l’idéal du régime politique, non le régime lui- même. Les principes de notre existence collective ne sont pas des valeurs erratiques : ils sont fixés dans notre Bloc de constitutionnalité. La laïcité obéit à une logique d’inclusion des religions, elle règle l’exercice public des cultes et s’impose aux seuls agents publics. Le comportement des citoyens et les habitudes culturelles relèvent quant à eux des lois sur l’ordre public. Enfin, la Nouvelle Action royaliste réaffirme que l’unité nationale est compromise quand les dirigeants du pays altèrent la mémoire nationale par ignorance ou idéologie ; elle demande que l’enseignement de l’histoire soit revu en profondeur.

La Nouvelle Action royaliste a toujours respecté la liberté de conscience de ses adhérents. Elle s’interdit toute intervention dans le domaine théologique et tout jugement sur les messages religieux. Elle défend l’autonomie du pouvoir politique et combat les partis et mouvements religieux qui voudraient imposer à 1’Etat et à la société française leurs propres pratiques et doctrines.

Motion

L’enseignement de l’Histoire.

L’enseignement de l’histoire a longtemps permis à la République de donner aux citoyens un cadre commun de références historiques et idéologiques. Pendant près d’un siècle, la méthode d’enseignement, héritée de la IIIe République et de ses hussards noirs, a façonné les esprits en créant un véritable roman national qui, s’il n’était pas exempt de parti-pris, avait le mérite de donner à chacun les éléments lui permettant de juger de la situation qui prévalait à son époque et d’accomplir, en toute connaissance de cause, ses devoirs de citoyen.

Aujourd’hui, nous ne pouvons que constater que cette entreprise de création d’un cadre commun de connaissances a disparu et que les effets de cette disparition se font sentir intellectuellement mais aussi politiquement et socialement.

La Nouvelle Action royaliste constate que :

  • Depuis la réforme Haby de 1976, un phénomène de destructuration touche l’enseignement en général et celui de l’Histoire en particulier ;
  • L’effondrement du discours et de la structuration marxistes de l’Histoire, dans les années quatre-vingt, a accéléré le phénomène ;
  • La volonté de privilégier, pendant trente ans, l’histoire des mentalités et l’histoire quantitative s’est faite aux dépens des autres pans de la discipline ;
  • La politique de sélection des élites par les mathématiques, contre toute espèce d’autre discipline, même de « sciences dures », a pour but de créer des techniciens mais certainement pas des citoyens ;
  • L’utilisation de l’internet par les élèves et les étudiants, sans filtre et sans contrôle, peut favoriser les visions tronquées, ou manipulées, d’événements historiques fondamentaux.

Mais, pire encore, la Nouvelle Action royaliste déplore que :

  • Le pédagogisme provoque la déstructuration dans la transmission des savoirs et participe, dès l’école, à la transformation des futurs citoyens en futurs consommateurs ;
  • L’européisme, devenu une idéologie, tend avant tout à supprimer toute référence à la Nation au profit du grand-tout européen ;
  • Le développement de projets éducatifs décentralisés, notamment départementaux, présente le même risque ;
  • Le fait que la France, qui a disposé pendant des décennies, d’une primauté dans l’historiographie à l’échelle internationale, ait perdu sa place et se trouve aujourd’hui à la traîne, notamment des vastes mouvements historiographiques anglo-saxons. En conséquence, et tenant compte de l’intérêt sans cesse réitéré des Français pour leur histoire, et consciente de la nécessité intellectuelle et politique d’un enseignement de qualité, la NAR propose :
  • De permettre à l’enseignement de l’Histoire de retrouver à la fois ses bases et sa structuration ;
  • Pour ce faire, de permettre le retour à la chronologie qui est porteuse de structuration de la pensée et d’analyse pertinente de notre situation présente par une bonne connaissance de notre passé ;
  • De promouvoir l’étude des sources, sans présupposé idéologique et dans la recherche honnête de l’exactitude des faits ;
  • Enfin, sans tourner le dos à l’histoire quantitative ou à celle des mentalités, de permettre de s’inscrire dans une structuration propre à offrir aux citoyens, actifs ou en devenir, de disposer des éléments nécessaires à leur participation au projet national.

Motion

Planification

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le Gouvernement provisoire crée le Commissariat général au Plan (CGP) dont la mission est de définir les grands axes d’une planification incitative et indicative. Déterminer l’action de l’Etat en matière économique, pallier les déficiences du marché, orienter les investissements vers les secteurs prioritaires afin de moderniser l’agriculture, de rénover et de développer l’industrie, d’assurer le redressement rapide du niveau de vie de la population, tels étaient les principaux objectifs de ce projet. Entre 1946 et 1975, les six premiers Plans contribuent bon an, mal an à la reconstruction du pays, à la refondation de l’économie française, au retour puis au maintien d’une croissance élevée, au développement du commerce extérieur, au progrès social, à l’aménagement du territoire...

À partir du VII° Plan, le mécanisme se grippe sous les effets conjugués du choc pétrolier de 1973, qui scelle la fin d’une énergie bon marché, de la loi Giscard de janvier 1973, qui interdit au Trésor public de financer le déficit budgétaire auprès de. la Banque de France, et de la fin des accords de Bretton Woods, qui assuraient la stabilité monétaire. C’est le début de la démission du politique.

Avec les années 1980, le Plan change de nature et de finalité : il s’agit moins de prévoir que d’entériner des principes de politique économique imposés par les circonstances (lutte contre l’inflation par l’austérité salariale, avec les Ville et IXe Plans), de définir des actions à mettre en oeuvre pour répondre à des impératifs de la Commission européenne (Xe Plan) et d’évaluer l’action des pouvoirs publics. Le XIe Plan (début des années 1990) ne verra jamais le jour et le CGP disparaîtra en 2006, remplacé par le Centre d’analyse stratégique auquel succède le Commissariat général à la stratégie et à la prospective en 2012, devenu, depuis, France Stratégie qui se définit lui-même comme « un organisme de réflexion, d’expertise et de concertation ».

Devant des problématiques politiques, économiques et environnementales nouvelles, dont la gestion est incompatible avec le laisser-aller ultra- libéral, il faut redonner le pouvoir au politique, la parole au peuple, et retrouver le souci de l’intérêt général. Pour cela, la Nouvelle Action royaliste propose de :

  • Renouer avec les fondements de la planification à la française qui faisaient du Plan « le réducteur des incertitudes » (Pierre Massé) et l’inscrire dans les projets de coopération à l’échelle de l’ensemble européen ;
  • Supprimer France Stratégie et recréer un nouveau CGP aux missions centrées sur le passage d’une économie productiviste à une économie plus soucieuse du social et de l’environnement, jetant ainsi les bases d’une planification favorisant :
    • de nouveaux modes de production, de consommation et de distribution ;
    • un rééquilibrage humain économique et social du territoire ;
    • une politique du logement des transports moins émettrice de gaz à effet de serre ;
      la R & D dans le domaine des énergies renouvelables ;
    • l’économie circulaire...
  • Ouvrir le CGP aux corps intermédiaires (organisation syndicales, patronales, associations) afin de favoriser la démocratie participative ;
  • Recréer des entreprises publiques dans des secteurs stratégiques comme l’énergie, les transports, l’eau...
  • Nationaliser le crédit pour favoriser le financement public de la transition écologique, palliant ainsi les insuffisances du privé et l’encourageant à investir dan des secteurs insuffisamment rentables ;
  • Permettre aux collectivités locales et territoriales d’améliorer les préconisations du Plan national dans le respect de la hiérarchie des normes ;
  • Concevoir de nouveaux indicateurs de croissance pou davantage tenir compte du bien être ;
  • Inscrire le Commissariat général au Plan dans la Constitution.

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Royaliste 107

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