Monsieur bricolage.

Boîte à outils.

Jeudi 30 mai 2013 // La France

Non seulement le bilan économique de François Hollande est dramatique. Mais sa manière d’appréhender les défis du moment témoigne de l’abaissement présidentiel.

À l’Élysée, il est toujours de bon ton de faire référence à l’héritage laissé par la droite. Mais au bout d’un an d’exercice du pouvoir, cet argument ne fonctionne plus auprès de l’opinion publique. Il ne peut plus convaincre lorsque, chaque jour, 1300 Français de plus pointent à Pôle emploi. Lorsque la croissance, qui devait atteindre un rythme de 0,8 % cette année, est désormais estimée à 0,1 % par le FMI, arbitre des élégances en la matière. Lorsque le déficit budgétaire sera supérieur, cette année, de 15 milliards d’euros à ce qui avait été promis. Enfin lorsque la dette représente maintenant 70 000 euros par ménage.

Face à ces chiffres catastrophiques et à une société française en situation de burn out, François Hollande a opté pour une "positive attitude" qui n’est pas à la hauteur de la situation. Avec trois éléments de langage. Le premier, c’est la promesse que, d’ici à la fin de l’année, la courbe du chômage va s’inverser. Ce qui parait impossible en l’absence de croissance et de mesures favorables à l’investissement, clé de l’emploi. Le deuxième, c’est l’image désastreuse de la "boîte à outils". Comme si le défi du redressement économique était comparable à une opération de bricolage à la petite semaine. Le troisième argument du locataire de l’Élysée, c’est le respect des engagements européens.

C’est dans ce dernier cadre qu’ont lieu actuellement de difficiles tractations entre Paris et Bruxelles autour du redressement des comptes publics français. Pour cet exercice, les experts de Bercy ont écrit que la France affichera, cette année, une croissance de 0,1 % avant un sursaut à 1,2 % en 2014. Ces chiffres, qui paraissent sortis d’un chapeau, n’ont pas été choisis au hasard. Mais parce qu’ils doivent permettre, en théorie, à la France d’afficher, en 2013, un déficit budgétaire équivalent à 3,7 % de la richesse nationale. Et de 2,9 % l’an prochain.

Le problème de François Hollande, ce n’est pas tant ses ennemis que ses propres amis. Car Didier Migaud, le premier président de la Cour des comptes, n’a pas pris de gants pour dénoncer les prévisions irréalistes du gouvernement. Et comme si cela ne suffisait pas, il a fait savoir que « les développements contenus dans les programmes de stabilité gagneraient à être substantiellement enrichis ». Ce qui signifie que la copie de Bercy et de l’Élysée porte une annotation au stylo rouge du type "devoir bâclé sur le fond et sur la forme".... De fait, en moins d’un an, François Hollande n’est plus pris au sérieux sur le plan économique, ni à droite, ni à gauche, ni par nos partenaires internationaux. 

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