Meurtre de Marignane : "Vous êtes un héros national !"

Samedi 28 septembre 2013 // La France

Les témoignages de sympathie venus de toute la France affluent à la mairie de Marignane depuis le meurtre du retraité abattu en tentant d’interpeller des braqueurs. Ce drame est devenu le symbole du ras-le-bol contre la violence et le laxisme.

Le calme semble revenu à Marignane. Mais la plaie ouverte par le meurtre de Jacques Blondel, le 22 août, n’est pas près de se refermer. Dans cette ville de 35 000 âmes située à une vingtaine de kilomètres de Marseille, le calvaire de ce "retraité courage" de 61 ans continue d’occuper toutes les discussions. « Les habitants ont été formidables, témoigne le maire (divers droite) Éric Le Disses. La marche blanche qui a rassemblé 3 000 personnes a été exemplaire de dignité. » Pour tout le monde, dit-il, Jacques Blondel a eu une « conduite héroïque ». Ce sexagénaire n’a en effet pas hésité à se lancer à la poursuite des deux braqueurs qui venaient de dévaliser un bureau de tabac du centre-ville. Frais retraité d’Air France, il rentrait de la plage avec sa femme et leur petite-fille de 15 mois. Apercevant le scooter des braqueurs, il les coince avec sa Clio, avant de les asperger avec une bombe lacrymogène. D’après l’enquête, il parviendra à les désarmer. Mais le fusil de chasse est repris par les malfaiteurs. Un coup part. Mortel.

"Jacques Blondel a refusé de subir. Seuls les hommes qui agissent sont libres."

Circonstance aggravante, donnant à ce tragique fait divers une valeur de symbole, Marouen R., le tireur présumé (son complice est toujours en fuite) avait déjà été condamné à trois reprises par le tribunal pour enfants. À 18 ans, un casier déjà bien chargé. Et un potentiel danger pour la société, nié par le projet de loi Taubira. Mais aussi, dans les faits, par Manuel Valls, qui n’a même pas daigné envoyer l’un de ses représentants à l’enterrement de la victime...

Il n’y a donc pas qu’à Marignane mais dans la France entière, que la mort de ce paisible retraité a frappé le esprits. Depuis le drame, des centaine de témoignages de solidarité, que l’on a pu consulter, sont parvenues à la mairie. E-mails, courriers messages téléphoniques... beaucoup je saluent, d’abord, le « courage » de ce homme ordinaire auteur d’un acte qu ne l’est pas.

Virginie s’adresse à la veuve de Jacques Blondel : « J’aimerais vous dire que vous partagiez la vie d’une très belle âme. » Un autre : « Comme tous, j’exprime, mon admiration pour l’homme authentique, épris de justice qu’il a été et pour son courage qui lui a coûté la vie. »

Parmi les hommages les plus émouvants, celui d’une fille de victime : « Ce que Monsieur Blondel a fait, il l’a fait par refus de subir, par sentiment du devoir, pour le
ras-le-bol de beaucoup de subir et de se taire. Seuls les hommes qui agissent son libres. » Bernard, un nordiste, ajoute « Je suis du Nord pour mon lieu de résidence, mais bien que parlant pointu j’ai le coeur qui saigne au Sud ». Nombreux sont ceux à réclamer une décoration, un nom de rue  : « M. Blondel, vous êtes un héros national », écrivent nombre d’internautes.

Autant de messages spontanés de solidarité qui sont le témoignage grandeur nature d’une France malade de la violence. Et où pointe la colère. Ainsi de Thérèse : « La délinquance en constante augmentation demande à être combattue pied à pied. » Même propos chez cette habitante de Lorraine : « Il devient intolérable, à Marignane comme dans le reste de la France, que les citoyens soient à la merci de ces assassins. Quand cela va-t-il s’arrêter ? » Un Perpignanais, encore - « Je souhaite que cet acte ne reste pas un fait divers [...] Je me pose beaucoup de questions sur les futures réactions citoyennes tant les Français semblent avoir peur pour leur sécurité ».

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