Mariage gay : Pourquoi ils disent non.

Mardi 11 décembre 2012 // La France

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C’est finalement le 7 novembre, et non le 31 octobre, que le Conseil des ministres examinera le projet de loi sur le "mariage" homosexuel. Un texte qui ne devrait pas arriver à l’Assemblée avant la seconde quinzaine de janvier, alors que le gouvernement avait d’abord souhaité qu’il soit débattu le 12 décembre. Reculade ? Officiellement, Jean-Marc Ayrault veut laisser au Parlement le temps d’en mesurer toutes les conséquences : Il s’agit d’une révolution qui concerne toute la société. Dans les faits, ce texte ne satisfait personne. Dans sa rédaction actuelle, le projet de loi veut donner aux homosexuels le "droit" de se marier et d’adopter des enfants. A gauche, certains voudraient aller plus loin, en ouvrant aux lesbiennes l’assistance médicale à la procréation.

D’autres, au contraire, incitent François Hollande à la prudence, comme Bernard Poignant, l’un de ses proches : « Il en va de notre conception de la vie en commun. Au coeur, il y ale droit de l’enfant », souligne-t-il dans Famille chrétienne. C’est aussi ce qu’affirmait Elizabeth Guigou lors des débats sur le Pacs, en 1998 : « Mon refus de l’adoption pour des couples homosexuels est fondé sur l’intérêt de l’enfant, sur son droit à un milieu familial où il puisse structurer son identité et épanouir sa personnalité. » Beaucoup se rappellent aussi la mise en garde de Lionel Jospin en 2004, avant que Noël Mamère ne célèbre à Bègles un "mariage" homosexuel annulé plus tard par la Cour de cassation : « On peut respecter la préférence amoureuse de chacun sans automatiquement institutionnaliser les moeurs ».

 C’est peu dire que l’opposition à ce projet ne cesse de grandir, bien au-delà de l’Église catholique et des cultes protestant, juif et musulman. De nombreux psychanalystes soulignent les dangers qu’il recèle, des juristes, des élus locaux, des parlementaires, dont plusieurs réclament aujourd’hui l’organisation d’un référendum, comme 66 % des Français selon un sondage Ifop-Alliance Vita. Les associations LGBT ne représentant pas l’ensemble de cette communauté, nous avons aussi donné la parole à des personnes homosexuelles, dont beaucoup sont hostiles à ce projet : Xavier Bongibault, président de Plus gay sans mariage, dans notre numéro du 20 septembre, Philippe Arino dans celui-ci.

Cette mobilisation contribue à éclairer les Français sur les enjeux de ce projet. Pour la première fois depuis huit ans, 52 % d’entre eux se prononcent contre l’adoption pour les couples de même sexe, selon un sondage Ifop dévoilé par le Figaro du 11 octobre. Un grand débat national s’impose.

Philippe Arino : Essayiste, enseignant ( Ce qu’est l’homosexualité).

On ferait une erreur en dissertant sur le"mariage homosexuel" sans tenter de savoir ce qu’est l’homo-sexualité. Je fais des conférences pour l’expliquer et rares sont les questions sur le mariage après mon intervention. L’homosexualité, c’est avant tout un désir. Ce désir est une donnée physiologique qui s’impose à l’individu sans qu’il l’ait a priori choisie.

Passager chez beaucoup, il peut se révéler durable chez d’autres, sans abolir pour autant la seule distinction fondatrice de la vie humaine :la différence des sexes. Le monde ne se divise pas, comme on voudrait nous le faire ; croire, entre "les homos" d’un côté et "les hétéros" de l’autre, il ne se partage qu’entre hommes et femmes. Le désir homosexuel est plus sincère que vrai, parce qu’il a fui le réel et son roc : La différence des sexes sans laquelle nous n’existerions pas. Ce n’est pas un désir stable, ni libre. Il apparaît toujours dans des contextes humains où le fantasme et la pulsion ont pris le pas sur la réalité. C’est pourquoi il a du mal à s’incarner paisiblement dans une relation durable. Il ne suffit pas d’accoler le mot "amour" à tout type de relation pour la rendre solide et incontestable. Quand je vois comment les couples homosexuels que je connais ont du mal à durer, et à durer dans la joie, j’ai des raisons de croire que le désir homosexuel est un amour plus limité, moins comblant que le désir entre un homme et une femme.

Ce désir dit un inachèvement. Freud a décrit l’homosexualité comme un "arrêt dans le développement psycho-sexuel" d’un individu. Ce n’est pas une maladie, ce n’est pas une tare, c’est plutôt une blessure. Beaucoup de personnes homosexuelles décrivent l’homosexualité comme une cicatrice, une fêlure. Et une blessure, ça ne définit pas une personne dans son entier. Que penser maintenant du mariage entre personnes de même sexe ? Là aussi, prenons les choses à l’endroit. Le mariage construit le lien entre nature et désir. Il induit la filiation biologique. Or la structure conjugale homosexuelle ne la permet pas. Quant à la famille homoparentale, il s’agit là aussi d’une fiction. Le couple homosexuel n’est pas procréatif et ne fondera jamais une famille naturelle. De peur de paraître "homophobes", les responsables politiques qui s’opposent à ce projet n’osent pas rappeler cette réalité. Ils se rabattent sur la conséquence de cette loi, l’adoption. Ce n’est pas un mauvais argument en soi mais c’est une réponse par défaut. Ils ne parlent pas des limites du couple homosexuel, du caractère non procréatif de la conjugalité homosexuelle, de la nature du désir homosexuel. Une loi ne changerait rien à ces réalités !

L’autorisation à "se marier" n’apportera pas plus d’amour dans les couples homosexuels qu’avant En revanche, les vrais drames, les vraies blessures, nous les verrons socialement sur la durée. Une société qui déforme certaines réalités humaines, comme la famille, l’amour, l’arrivée au monde, à travers des lois inutiles, inadaptées et non conformes au réel, s’apprête à accueillir les yeux fermés des formes inédites de névroses et de violences. Ceux qui sont censés bénéficier de cette loi — les personnes homosexuelles et les enfants - en seront d’ailleurs les premières victimes. L’enfant n’est pas reconnu en tant que personne mais réclamé en tant que droit. Et l’on enrôle les homosexuels dans une course aux droits dont ils ne veulent pas pour promouvoir une idéologie libertaire dangereuse : affranchir l’humanité de ses limites corporelles, des limites de l’engendrement relève de l’utopie. Seul le réel apaise et pacifie.

Philippe Arino vient de pubMer ! Homosexualité en vérité (Frédéric Aimard Éditeur).

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